Kenta Shinohara
(scénario & dessin)

Astra – Lost in Space, tome 5

Manga, science-fiction / space-opera / utopie
Publié en VF le 20  novembre 2019 chez Nobi Nobi !
Publié en VO entre mai 2016 et décembre 2017 par la Shueisha dans le Shônen Jump+ (« Kanata no Astra »)

Alors que les dix camarades se dirigent vers la cinquième et dernière étape de leur périple, Zack parvient à localiser leur planète mère. Cependant, les réjouissances sont vite interrompues par la confusion de Polina : elle découvre avec surprise que les lycéens ne viendraient pas de la Terre, mais de la planète Astra ! De nombreuses questions sont alors soulevées : pourquoi l’équipage B5 n’a-t-il jamais entendu parler de la Terre ? Pour quelle mission Polina était-elle à bord de l’Ark 6 ?
Les dix coéquipiers vont peu à peu dénouer les nombreux mystères autour de leurs origines et de l’Histoire de l’humanité tout entière…

Dans ce tome 5 vole en éclat « le meilleur des mondes »… Pour les 9 naufragés de l’espace l’humanité s’est unifiée pour faire table rase des erreurs du passé après la WWIII de 1962, pour Polina l’exploratrice russe sortie de cryogénisation c’est en 2057 que l’humanité a œuvré ensemble pour trouver une terre promise et pour échapper au super-astéroïde programmé pour ramener éternellement l’humanité à l’âge glaciaire… Pour les adolescents qui viennent déjà de découvrir que leurs familles monoparentales dysfonctionnelles n’étaient qu’un paravent pour cacher l’horrible vérité sur leur identité c’est un choc de plus ! Mais la survie passe avant tout : ils font escale sur l’exoplanète Galen où minéraux, végétaux et animaux sont luminescents. Pour le traître c’est la dernière chance d’accomplir sa mission.

Mais après avoir raté ses meurtres et son suicide à cause de l’héroïsme de Kanata qui n’hésite pas à se sacrifier pour ne perdre personne (avec un moment tragicness to the max rendant hommage dans une double page à la jaquette de Dead Space la référence du space horror vidéoludique), il est obligé de raconter la vérité après avoir inventé sa vérité. L’énigme Seira est résolue, mais surtout on apprend que les élites autoproclamées ont menti du tout ou tout à l’humanité toute entière en réécrivant le passé (l’inégalité étant la mère de toutes les injustices, au contraire de toutes les idéologies libérales et libertariennes persuadées qu’elle est la mère de tous les bénéfices). Pour la bonne cause ou pour la mauvaise cause ? Les naufragés de l’espace reviennent sains et saufs pour donner à tous les humains le soin d’en juger !

Nous devons voir le monde de nos propres yeux… Réfléchir par nous même… Douter… C’est la seule façon de devenir soi-même.

En 280 pages l’auteur prend tout son temps, et ce avec des graphismes classiques mais soignés et efficaces, pour finaliser l’évolution de ses personnages qui à force de courage et de persévérance réussissent à faire évoluer leur univers. L’important n’est pas d’où on vient et qui on est, mais ce qu’on fait et où on veut aller. On n’a aucune prise sur la passé mais on peut construire l’avenir, et comme le disait un vieux sage terrien nommé Winston Churchill « plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur » . C’est donc tout naturellement que chacun des membres de l’Astra poursuit sa voie jusqu’à accomplir son rêve ! (oui bon, on ce serait passé de quelques résurgences sexistes propre au genre shonen, mais au final c’est avec optimisme et bonne humeur qu’on va bien vers l’infini et au-delà !)

Les mots de fin de l’auteur sont plutôt émouvants. Après son gentil Sket Dance il a voulu se lancer un défi. Et force est de constater qu’il a su transformer un récit d’aventure dans l’espace en odyssée humaine impliquant l’humanité toute entière avec des thèmes éthiques non seulement universels mais aussi d’un brûlante actualité. Longtemps je me suis demandé pourquoi il avait ajouté Polina l’exploratrice russe à ses 9 naufragés, mais c’est finalement d’une logique imparable : qui mieux qu’elle, ressortissante du pays qui a survécu à la manipulation du passé et de la réalité par l’apprenti maître du monde Joseph Staline, pouvait comprendre leurs dilemmes en découvrant que leur passé et leur réalité étaient factices ?

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

Pin It on Pinterest

Share This