Batman, The Dark Prince Charming, tome 1/2

Bande dessinée, policier, superhéros
Publiée le 1er décembre 2017 chez Dargaud

Marini réinterprète Batman pour la première fois en bande dessinée franco-belge. Quel lien secret Batman et le Joker partagent-ils avec une jeune fille mystérieuse ? Kidnappée par le Joker, le Chevalier noir doit plonger dans les profondeurs de Gotham City et s’engager dans une course contre la montre pour la retrouver. Les enjeux sont importants, et pour Batman, c’est personnel !

On connaissait l’aptitude de Marini, dessinateur des plus doués, à croquer des héros en goguette sur les toits et ce, depuis le succès de sa série Scorpion. L’auteur ne déroge en rien à son savoir-faire et que ce soit au gré d’une case engoncée dans sa planche ou sur une double page, le plus ténébreux des super-héros flotte au-dessus des brumes de Gotham, majestueux. En vol, debout sur une gargouille, aux côtés de Gordon et de son éternel projo, aux prises avec Catwoman, les passages obligés de la franchise s’égrènent avec fluidité, non sans chaleur quand la palette fauve du couchant, des éclairages ou des armes à feu, vient égayer la nuit de la cité. Le parti pris de ne pas s’enfoncer dans l’obscurité s’affiche clairement. Marini nous prévient dès son intro : ses persos préférés demeurent les miens – résolument non exégète en la matière – à savoir le Joker, Catwoman, ainsi que la délicieuse et chiantissime Harley Quinn. Quoique Sélina ne se défende pas si mal…

[Batman] Le Joker. Mon pire ennemi. Mon antithèse. On dit que le Diable ne voudrait pas de lui en enfer. On dit parfois la même chose de moi. J’ai tant de fois essayé de l’arracher de ma ville, de Gotham. Mais comme la mauvaise herbe il revient toujours.

Si notre Bruce Wayne international se trouve embarqué dans l’intrigue au nom de sa bonne vieille droiture morale et de son sempiternel sentimentalisme , il apparaît sans ambiguïté que les autres n’agissent que pour se divertir. Et c’est bon ! Joker qui se lance dans une interprétation de singin’ in the rain ? Cultissime. Catwoman jalouse et accro aux bijoux qui brillent de millions de dollars par dizaines ? Alléchante, comme toujours. Harley joue les enfants et ne laisse pas sa batte aux chiens…
Les codes de la série bénéficient du respect de Marini, qui se les approprie et nous délivre ces visages et ces silhouettes habituelles. Le joker, dans ses mimiques, ses délires et ses costumes s’avère tout simplement magnifique.
Beaucoup d’humour également, de clins d’œil et autres traits d’esprit, avec une finesse qui ne peuple pas tous les comics.
Bref, un Batman limite fun et qui fonce dans le tas ! Plus les autres s’amusent et plus il devient colère. On s’éloigne un peu des tortures psychologiques et autres tourments intérieurs qui habitent parfois la série.
Succès indéniable donc, puisque il y a de quoi ravir les amateurs de Batman tout comme les fidèles de Marini.
Deux volumes, là où un seul aurait tout aussi bien fait le taf : business reste business…
Mais quelques éléments et un petit flashback nous laisse augurer d’une suite à dévorer sans retenue.

note : 8/10

Julien Schwab

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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