Ryo Sumiyoshi
(scénario & dessin)

Centaures, tome 2

Manga, fantasy
Publié en VF le 07 février 2018 chez Glénat
Publié en VO à partir de 2016 dans le magazine Matogrosso (« Jinba / 人馬 »)

Dans le Japon du xve siècle, Matsukaze et Kohibari, deux centaures, se sont évadés d’un haras où les humains les parquaient et les dressaient pour servir de montures de guerre. Une amitié forte se tisse en chemin, malgré leurs caractères opposés. Tous deux apprennent à se connaître – mais l’ennemi est toujours à leurs trousses… Jusqu’où le destin leur permettra-t-il de chevaucher ensemble ?

Ce tome 2 de Centaures ressemble autant à remake fantasy de L’Adieu au roi de John Milius qu’à un condensé de l’oeuvre du maître anglais de l’heroic fantasy David Gemmell… Donc c’est tout naturellement qu’épique, tragique et humanisme se mêlent inextricablement !

Mastsukaze et Kohibari sont sauvés des chasseurs de centaures par les archers de Mikuni, fils orphelin de l’ancien compagnon d’arme de Mastsukaze. Cela permet à Matsukaze de retrouver Gonta mutilé dans son odyssée, qui a perdu l’usage d’un oeil en échappant à ses poursuivants… Village de Peter Pan ou village de Sa Majesté des mouches ? La famille de Matsukaze se retrouve mentor d’une communauté d’orphelins.
On suit Hayame qui découvre que son ambition l’a éloigné de tout ce qu’elle aurait pu aimé…
On suit Mikuni qui ne sait plus gérer la folie qui le ronge chaque jour que les dieux font….
On suit Koumé qui met le grappin sur Kohibari sans que celui-ci ait son mot à dire…
On suit Kohibari obligé de devenir époux, père, modèle, bref adulte…

Reproduire les actes des humains conduit aux mêmes résultats qu’eux : la haine et le ressentiment.

Les centaures auraient pu refaire leur vie loin de la folie des hommes mais la folie des hommes finit par les rattraper, et certains comprennent trop tard que leurs décisions vont ruiner les espoirs d’une civilisation… Peu contre beaucoup, une des plus vieilles et une des plus belles histoires du monde (appelée vil cliché par les commissaires littéraires sans âme et sans cœur qui toisent l’humanité dont ils se sont dissociés du haut de leur tour d’ivoire à la con). Et Matsukaze à un plan, mais pour que certains puissent vivre d’autres doivent mourir, et pour le passage de témoin entre les générations puisse se faire Matsukaze devient Samson face aux Philistins et Kohibari devient Moïse face aux Égyptiens… Je vous invite à prévoir une boîte de Kleenex pour terminer sain et sauf ce tome !

On aurait pu finir ainsi en mode doux-amer, mais visiblement l’auteure a encore des choses à nous raconter : une trentaine d’année plus tard nous allons suivre le destin de Tanikaze, fils de Koumé et de Kohinari, qui souhaite réaliser un pèlerinage sur la terre de ses ancêtres…
Un dernier mot sur les graphismes, qui m’empêchent de lâcher toutes les étoiles : le charadesign surexpressif est très fluctuant même s’il est le reflet des émotions extrêmes des personnages, qui au final impactent l’ensemble des dessins de cette histoire tragique certes mais ô combien magnifique !

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

Pin It on Pinterest

Share This