Sandy Mitchell

Ciaphas Cain

Tome 03 :

La Main du Traître

Roman, science-fiction / space-opera / guerre
Publié en VF le 04/03/2010 (Bibliothèque interdite)
Publié en VO en 2005 (« The Traitor’s Hand »)

Le commissaire Ciaphas Cain, Héros de l’Imperium, est précédé dans toute la galaxie par sa réputation de courage et son charisme. Si le respect qu’il inspire rend sa vie plus facile, l’image que ses supérieurs ont de lui a une nette tendance à le conduire droit au cœur de l’action, alors qu’il n’aspire qu’à la tranquillité… et à rester en vie. En route pour protéger la planète Adumbria, menacée par une flotte d’invasion du Chaos, Cain rencontre un ancien camarade de la Schola Progenium. Tandis que les renforts promis par la Marine Impériale tardent à arriver, et que les manigances des hérétiques infiltrés ramènent à la surface de cuisants souvenirs, la pire des menaces pourrait bien venir de là où on ne l’attend pas.

Dans ce tome 3 Archives Cain intitulé La Main du Traître, on prend les mêmes et on recommence pour le plus grand plaisir de nous autres easy readers ! Le 597e Valhalla continue d’écrire son histoire : après avoir combattu les Orks sur le monde de Kastafore, le régiment participe à une avant-garde sur la planète Adumbria menacée par une flottille du Chaos… pour s’apercevoir que les forces de la ruine sont déjà à l’œuvre sur place !
Planète qui d’ailleurs présente la particularité d’avoir une face toujours éclairée donc inhabitable car brûlée, et une face toujours dans l’obscurité donc inhabitable car gelée. La civilisation se rassemble donc sur l’anneau de crépuscule perpétuel qui sépare les deux faces de la planète. Bien évidemment ce sont les soldats de Valhalla du commissaire Ciaphas qui vont se charger des opérations sur la face glaciale, et les soldats Tallarn du commissaire Tomas Beije qui vont se charger des opérations sur la face torride, tandis que le Seigneur Général Zyvan se charge de la défense de la capitale planétaire, de son astroport et de sa flottille marchande.

Le roman est aussi rythmé et rempli que les précédents : entre briefings et debriefings, on alterne phases de guerre (qui ressemblent peu ou prou à celle des Fantômes de Gaunt de Dan Abnett) et phases d’enquête (qui ressemble peu ou prou à celle d’Einsenhorn de Dan Abnett)… et dans une ambiance cape & laser de bon aloi, on finit par apprendre que la Garde Impériale et les Forces de Défenses Planétaires se retrouvent piégés dans un règlement de comptes entre factions chaotiques, et qu’elles sont prise en tenaille entre le marteau des guerriers de Khorne, et l’enclume des cultistes de Slaanesh :
ATTENTION SPOILERS
– les adorateurs de Slaanesh veulent invoquer un démon pour faire passer toute la planète dans le Warp
– les adorateurs de Khorne veulent empêcher leurs rivaux de réussir, quitte à tout détruire pour y parvenir !
FIN SPOILERS

Le roman est construit comme les précédents : nous lisons mémoires pleins de malice de Ciaphas Cain, commentées par l’inquisitrice Amberley Vail qui joint entre chaque chapitre des témoignages permettant au lecteur d’avoir une vue d’ensemble du conflit. Témoignages évidemment remplis d’héroïsme pompier (je suppose que l’auteur ne s’est pas donné de la peine pour rien, et qu’on reverra un jour ou l’autre dans la saga tous ces vaillants commandants de vaisseaux spatiaux).

« En avant les gars, vous voulez vivre éternellement ? »
Le sous-off responsable de l’escouade devait prendre des trucs, pensais-je. Personne ne parlait comme ça, à part dans les pires romans de guerre.

On retrouve également la propension de notre commissaire aussi chanceux que malchanceux à se retrouver au centre en plein de cœur de l’action alors qu’il cherche à la fuir, et à se mettre en première ligne pour ne pas déroger à sa réputation sinon sa légende (non sans prendre le soin de se laisser devancer par quelques clampions qui et se placer entre lui et les ennuis à venir). D’un côté on nous offre de chouette scène d’action (l’atterrissage planétaire sous le feu de l’ennemi, les assauts sur le dôme d’habitation hivernal et le lupanar de Madame Sejwek, la double tentative d’assassinat sur la personne du Seigneur Général digne d’un épisode de 24h Chrono, ou la bataille de la drague), d’un autre côté on retrouve de désormais habituel comique de répétition avec les répliques sur l’odeur corporelle de Jurgen, toujours équipé de ses thermos de thé et de café et d’une ou deux armes lourdes, ou sur la témérité de Jenit Sulla, le tout enrobé de camaraderies de moins en moins calculée avec les membres du 597e Valhalla qui vont de la colonelle Régina Kasteen au troufion Vorhees (qui comme son nom l’indique adore jouer avec les armes blanches)… On retrouvera le même comique de répétition dans les combats contres les boss de fin de niveau : Ciaphas Cain joue la montre à l’aide de ses talents de bretteur et de sa fidèle épée-tronçonneuse en attendant que les renforts lancent quelques tirs bien placés (le Space Marine renégat, le Berserker de Khorne et le Démon du Warp que Ciaphas Cain déjà déjà pour l’avoir déjà croisé alorrs qu’il était encore humain)…

La nouveauté tient ici au numéro de duettiste qu’il développe avec son collègue bigot Tomas Beije qui essaye de le faire passer en cour martiale tout au long de cet épisode. Nous assistons à une véritable succession de joutes verbales, pleins de bon mots biens sentis et de véritables piques bien acérées…
Mais de fil de leurs confrontations, les soldats tallarns sont subjugués par le charisme artificiel et calculé de A à Z de notre antihéros bien badass comme il faut, et ils tombent dans le premier degré en prenant pour argent comptant les paroles de celui qu’ils finissent par considéré comme un saint homme et en prophète de l’Empereur-Dieu (ce qui terrifie l’exégète Amberley Vail qui ne connaît que trop bien les nombreux péchés du bonhomme).

 

 

Bref de la littérature franchisée bien troussée, qui ici prend la forme d’un petit roman dense et rythmé qui mélange habilement action et humour. C’est même presque dommage que l’ensemble n’ait pas eu davantage d’ambitions littéraires, car une prose une peu plus travaillée aurait apporté une jolie plus value à l’ensemble et j’aurais pris encore plus de plaisir à ce premier opus.
La série toujours en cours compte à ce jour 10 tomes. J’ai un peu peur que la formule ne s’essouffle à moins d’y insuffler une dose de « vachement bien » (Steven Brust copyright), et il faut espace leur lecture pour garder intact l’efficacité du comique de répétition…

PS : Dans l’intégrale, le roman est introduit par la nouvelle intitulée La Tentation de Cain… Sur la planète de Slawkenberg les forces du chaos s’affrontent autant entre elles qu’elles n’affrontent les troupes de la Garde impériales. Durant une accalmie Cain réalise une patrouille de routine qui tourne mal, et doit trouver refuge dans le pensionnat de jeunes fille dirigé par Emeli Duboir (et oui, même dans un nouvelle l’auteur ne peut pas s’empêcher de faire des clins d’œil puisqu’il remanie le pitch de Les Proies (1971), un film de Don Siegel avec Clint Eastwood et Geraldine Page)… Il est ensuite à un cheveu de passer du côté obscur, avant d’ordonner un pilonnage d’urgence de la zone pour stopper l’invocation d’un démon !

note : 7,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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