Graham Masterton

Cinquième sorcière (La)

Roman, fantastique / horreur

Publié en mai 2010 en VF

Publié en 2008 en VO (« The 5th Witch »)

Los Angeles est plongé dans une vague de terreur. Une alliance de criminels s’est emparée de la ville. Tous ceux qui s’y opposent connaissent un destin épouvantable dont les causes ne sont pas humaines : accidents étranges, maladies soudaines, morts inexplicables et horribles… Dans ces conditions, nul ne tient tête aux barons du crime, qu’accompagnent quatre femmes mystérieuses, des figures fantomatiques aux pouvoirs démentiels. Seul à s’opposer au cartel maudit, le détective Dan Fisher a rendez-vous, au cœur du cauchemar, avec la cinquième sorcière !

La formule de Graham Masterton m’est désormais bien connue : une entrée en matière tonitruante, un antihéros cynique voire sarcastique peu ou prou l’alter ego de l’auteur écossais, un sidekick ethnique, une partenaire medium, le recours aux mythes et légendes du monde entier, des dialogues bien troussés plein d’humour noir, le mélange cul / gore que l’auteur maîtrise si bien et les clins d’œil croisés à la culture classique et à la culture populaire…

Ce roman partage pas mal de points communs avec Le Diable en gris : le flic désabusé hanté par le fantôme de sa défunte compagne, le caïd ethnique recourant à la magie noire et les autorités complètement dépassées par la situation… Bref, les caïds ethniques Jean Christophe Artisson, dit le Zombie, Orestes Vasquez, dit le Fantôme Blanc, et Vassili Kryslov ont décidé de développer leurs business délictueux en recourant respectivement aux offices occultes de l’envoûteuse haïtienne Michelange Dupriz, de la shamane uitoto Lida Siado et de la sorcière russe Miska Vedma spécialisée dans la magie des miroirs. Elles démultiplient leurs pouvoirs en siphonnant le réservoir sans fin que constitue Rebecca Greensmith (sorcière WASP favorite de Satan depuis l’époque des Pères Fondateurs), et sèment le chaos, la désolation et la terreur au sein des forces du Los Angeles Police Department… Malgré le déni de la réalité de la part des autorités (quand lesdites autorités ne sont pas les complices consentantes des gros bonnets de la pègre…), l’officier Dan Fisher, son co-équipier Ernie Munoz et la wicca Annie Conjure partent en croisade contre les forces du mal !

La magie est le pouvoir, et tu sais ce qu’on dit… Le pouvoir corrompt, et pouvoir absolu corrompt absolument.

Bon, c’était sympa mais c’était loin d’être le meilleur ouvrage de l’auteur car il y a arnaque sur le chiffre cinq tant sur les cinq sorcières que sur le fameux quintex sur lequel tease l’auteur une bonne partie du roman… cela sent quand même un peu le récit écrit en roue libre alors qu’on aurait pu aller au bout des idées suggérées :
ACHTUNG SPOILERS quatre sorcières ethniques (communauté afro-américaine, communauté latino-américaine, communauté est-européenne, auxquelles il aurait fallu rajouté une quatrième communauté genre sud-européenne ou asiatique) chapeautées par une sorcière WASP représentant les élites anglo-saxonnes et collaborant avec les autorités en place pour exploiter les classes moyennes et populaires, combattues par un flic blanc et chrétien, un flic ethnique et une féministe adepte des théories new age… là on aurait été pilepoil dans l’actualité des luttes des classes au sein des Etats-Unis (vous savez le truc qui est censément ne pas exister, mais que les crevards pétés de thunes s’empressent de gagner chaque jour que les dieux font). Et puis cette sataniste WASP censée avoir 5 vies / incarnations, ben là aussi il faut tirer les cheveux en quatre pour arriver au chiffre de cinq ! FIN SPOILERS
Au niveau des bémols aussi, le whodunit sur la véritable identité de Gayle est cousu de fil blanc malgré les fausses-pistes créées par l’auteur pour apporter du suspens…

note : 6/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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