Thomas-Burnett Swann

Le Cycle du Latium, tome 3 :

La Dame des abeilles

Roman, fantasy / mythologie
Publié en VF en janvier 2006 chez Les Moutons électriques
Publié en VO en 1976 (« Lady of the Bees »)

Connaissez-vous vraiment l’histoire de Rome ? Remus le sage, Romulus le conquérant : enfants, ils ont failli mourir, condamnés par le vieux roi d’Albe la Longue. Le temps a passé, et les deux jeunes gens entendent mettre à bas la tyrannie régnante. Alliés aux dryades et aux faunes, ils marchent donc sur la cité…

Les 3 romans du Cycle du Latium sortent du même moule que La Trilogie du Minotaure : dans un Âge d’Or champêtre dont s’inspire les pastorales galantes du XVIIIe siècle, allégorie bien évidente de l’enfance, on suit un personnage clé qui va faire la découverte de l’amour et de la sexualité en même que heurs et malheurs de la vraie vue avant qu’un agent du destin se charge d’être l’instigateur du drame qui va mettre fin cet l’Âge d’or donc à l’innocence du personnage principal.

 

Dans La Dame des abeilles, 3e dans l’ordre chronologique, mais 2e dans l’ordre de rédaction, l’Âge d’Or, déjà bien entamé, c’est les collines du Latium et ses cabanes de bergers révoltés à moins que cela ne soit dans la pacifique civilisation étrusque joliment mis en valeur par des descriptions courtes certes mais très évocatrices. Nous suivons la quête de vengeance du dur Romulus et du doux Remus contre Amulius le tyran d’Albe la Longue Amulius qui écrase son peuple d’impôts iniques à l’aide de mercenaires brutasses.

Ce Robin des Bois antique sert de toile de fond à la description des premiers émois de Pivert, alias Remus, qui ne rêve que de cohabitation entre hommes, plantes et animaux avant de découvrir l’Amour. C’est à travers les POV à la 1ère personne du jeune faune Sylvan, suspect de crypto homosexualité dans son amour pour Remus, et de la veille dryade Mellone désormais âgé de 417 ans, accusée de crypto lesbianisme pour être restée sans homme depuis la mort d’Ascagne. Autant le POV de Sylvan est frais et humoristique, autant celui de Mellone est assez brumeux… Beaucoup d’allégories sexuelles là encore ne serait-ce que dans le parallèle entre les deux vieilles louves Luperca et Mellone, ou les sombres pensées du concupiscent Celer ou les discours de Romulus qui se résument souvent à « où sont les femmes ? ».
Mellone va aider le doux rêveur Remus à devenir homme et ses abeilles et ses loups vont aider Romulus à renverser le tyran, mais le fourbe Celer en recherchant à satisfaire ses sombres désirs va se faire l’instigateur de la confrontation entres les 2 frères jumeaux…

L’amour est de silences autant que de paroles.

Sympathique mais pas indispensable. Amateur d’action ou d’intrigues, passez votre chemin, nous ici dans de la fantasy poétique tissée par un amateur de culture classique. Dans cette optique c’est assez réussi mais peu abouti car malheureusement l’histoire, pour ne pas dire l’Histoire, finit avoir d’avoir vraiment commencé…

Les livres sont très courts : on est plus proche de la novela que du roman. Du coup je m’étonne que Les Moutons électriques puis Points aient décidé de les sortir séparément au lieu de réalisé un tir groupé avec un intégrale comme le firent Le Belial et Folio SF pour La Trilogie du Minotaure, surtout vu l’étroitesse du lectorat potentiel en France…

note : 6/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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