Jim Butcher

Les Dossiers Dresden, tome 3 : Tombeau Ouvert

Roman, fantastique / urban fantasy
Publié en VF le 22 novembre 2007 chez Bragelonne
Publié en VO le 01 septembre 2001 (« Grave Peril »)

Harry Dresden a affronté son lot d’horreurs, des vampires surexcités aux garous psychotiques. Mais toutes ces années passées à combattre le surnaturel ne l’ont pas préparé à ça : le monde des esprits est devenu fou. Les fantômes harcèlent Chicago, des spectres torturés, violents et… sanguinaires. Quelqu’un – ou quelque chose les pousse à se réveiller de méchante humeur. Pourquoi ? Et pourquoi la plupart des victimes ont-elles un lien avec Harry ? S’il ne le découvre pas bientôt, il pourrait bien lui aussi passer de l’autre côté.

Pour ce 3e épisode des mésaventures d’Harry Blackstone Copperfield Dresden le magicien détective privé, mes sentiments de lecture ont longtemps été le cul entre deux chaises car il y a plus de pages pour pas forcément mieux (preuve que la formule de la série réclame un format court) : j’ai failli lire la première partie en diagonale malgré l’alternance entre Ghostbusters et Nightmare on Elm Street, mais j’ai aussi bien kiffé la deuxième partie qui transforme Le Bal des Vampires de Roman Polanski en Die Hard de John McTiernan !

Après la séquence pré-générique en deux temps où les forces du bien affrontent au Cook County Hospital un fantôme issu des plus noires heures du passé de la ville de Chicago, l’auteur suit sa formule fétiche à savoir que tout le monde tombe à bras raccourcis sur l’antihéros loser qui essaye de relier entre eux plusieurs événements ayant défrayé les chroniques de la cité du vent pour reconstituer le puzzle qui le mènera au boss de fin (ATTENTION SPOILER une vampire qui est persuadée qu’Harry est responsable de tous ses malheurs sponsorisant un sorcier persuadé qu’Harry est responsable de tous ses malheurs FIN SPOILERS). En gros l’auteur l’envoie là où il il veut le voir sévir, et il s’en prend plein la gueule pour pas un rond ce qui multiplie les situations désespérées et donc les deus ex machina pour s’en tirer. Et dans le genre deus es machina, Lea la bimbo elfique issue de la Cour de l’Hiver qui sert de marraine-fée faustienne à Harry Dresden se pose bien hein ! C’est d’autant plus visible pour un vieux routard qu’on suit les techniques des ateliers d’écriture yankee qui veulent étendre l’univers sans l’approfondir et multiplier les personnages dans les développer, et qu’on pioche largement dans les archétypes / stéréotypes urban fantasy tels qu’ils ont été établis dans les jdrs World of Darkness.

– Bob ! Tu t’es planté ! On est à Féerie !
– Bien sûr, c’est la région la plus vaste de l’Outremonde. On ne peut aller nulle part sans passer par ici.
– Alors dépêche-toi et guide-nous. On ne doit pas traîner ici !
– Crois-moi, je n’en ai aucune envie. Soit on va avoir droit à la version Disney, avec des elfes et des lutins en jupette, et je ne sais pas quoi de mignon tout plein made in Cour d’Été, soit on aura la version de la méchante sorcière de la Cour d’Hiver. Elle est beaucoup plus intéressante mais qu’est-ce qu’elle fait mal !
– Mais la Cour d’Été peut se montrer cruelle, Bob.

Donc les fées, la Seelie, l’Unseelie et l’Outremonde seront véritablement traités plus tard, comme les sommités draconiques, les paladins et les épées de la foi, les cours vampiriques ou la grande guerre entre les magiciens et les créatures de la nuit (d’ailleurs si l’auteur distingue bien les vampires blancs qui se nourrissent d’émotions des vampire rouges qui se nourrissent de sang, on se demandent de quoi se nourrissent les vampires noirs et ce qui les distinguent des précédents !).
Mais je ne boude pas mon plaisir de renouer avec un fort sympathique serial ! Les forces de police ayant été fortement malmenées par les lycanthropes dans l’épisode précédent, dans le relationship drama l’officier Karin Murphy laisse la place à la journaliste Susan Rodriguez qui va partager la poisse légendaire d’Harry Dresden, mais en dehors de Bob et Mister l’essentiel de la coolitude du tome vient du duo formé par ce dernier et le paladin Michael Joseph Patrick Carpenter : imaginez un colosse en jean et chemise de bûcheron avec une cape et une épée à deux mains, et pour ne rien gâcher on reprend les codes de L’Arme Fatale avec Harry dans le rôle de Martins Riggs et Michael dans le rôle de Roger Murtaugh. Quel dommage que l’auteur ne soit pas aussi en forme quand le duo devient trio une fois rejoint par Thomas Reith le dandy vampire de Cour Blanche ! (passer à la moulinette urban fantasy Joe Pesci / Leo Getz, qu’est-ce que cela aurait pu être cool et fun) Bien sûr tout l’agrément que l’on peut tirer du feuilleton vient aussi de la traduction de Grégory Bouet, car si j’imagine bien Jim Butcher fait des vannes sur Urgences et Scooby Doo, je l’imagine mal en faire sur Confessions Intimes et Les Chiffres et les Lettres

 

J’ai comme l’idée que Jim Butcher a voulu traiter l’univers de Mandrake le magicien comme le Spiderman de Marvel, ce qui sur le papier relève de la supracooltitude réconciliant Anciens et Modernes du monde des comics, mais il pioche beaucoup trop ses ingrédients dans les classiques urban fantasy pour aller au bout de sa logique ! ATTENTION SPOILERS (là le méchant qui devient volontairement un fantôme pour sévir en toute impunité, combattu par un gentil qui devient volontairement un fantôme pour le contrer et l’éliminer, c’est quand même le pitch de Fantômes contre Fantômes de Peter Jackson) FIN SPOILERS

note : 6+/10

Alfaric

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