Samuel R. Delany

Et pour toujours Gomorrhe

Nouvelle, science-fiction

Publié en 1976 en VF

Publié en 1967 en VO (« Aye and Gomorrah »)

La conquête de l’espace exige quelques sacrifices. Afin de se protéger contre les effets nocifs des rayons cosmiques, les spatiaux ont accepté l’androgynie en échange de la possibilité de voyager vers d’autres mondes. Mais personne n’avait prévu qu’ils deviendraient à leur tour l’objet d’une fixation sexuelle de la part des « frelks ».

L’humanité est divisée entre spatiaux asexués génétiquement modifiés pour affronter les radiations émises par les vents cosmiques, et les frelks sexués condamnés au plancher des vaches.
Le narrateur et ses potes Kelly, Bo, Lou et Muse font la java sur Terre, et de bas résille en talons aiguilles il finit par proposer ses services particuliers à une étudiante turque avant de retrouver ses potes au bistrot… L’idée c’est que frelks sexués sont fascinés par les spatiaux asexués, ce qui offre à ces derniers l’occasion de se faire de l’argent de poche en se prostituant. Il y a quelques lignes de dialogues sur le regard de l’autre et le regard sur soi, mais pour absolument tout le reste c’est bavard et abscons, donc un chef-d’oeuvre absolu aux yeux des petits cercles intello prout prout auxquels appartient le traducteur Alain Dorémieux / Dorépire (et il faudra que quelqu’un m’explique quel est l’intérêt de changer d’unité de lieu sans prévenir personne, France, Texas, Turquie… Est-ce un jeu d’écriture postermoderniste typique des auteurs qui se regardent écrire ???). J’imagine qu’il était avant-gardiste de parler de prostitution et de LGBT en 1967, mais le problème de l’avant-gardisme qui verse dans la provocation et dans l’iconoclasme, c’est que sorti de son époque il devient rapidement arrière-gardiste (et je ne suis pas sûr que l’auteur fasse avancer la cause des minorités en mélangeant LGBT, pédophilie et nécrophilie). Un texte aujourd’hui plat, morne, et sans aucun intérêt, à réserver aux historiens de la révolution sexuelle et aux archéologues de la SF… Et qui m’a tellement déçu qu’il m’a donné envie de revoir La Cage aux Folles ^^, sans parler de la nouvelle de Neil Gaiman intitulée Changements qui sur le même thème est plus aboutie et plus accessible en plus d’être mieux écrite et mieux traduite (mais qui est elle est restée sous le radars des petits cercles intello prout prout) !

Nous luttons encore actuellement pour passer de la réaction néo-puritaine à la liberté sexuelle du XXe siècle.

La nouvelle de Samuel R. Delany parue en 1967 a gagné le Prix Nebula et a été nominée au Prix Hugo : l’abus de psychotropes est dangereux pour la santé, et visiblement l’époque ça se défonçait grave de chez grave avec des toxicos portées aux nues pour avoir mis par écrit leurs trips sous acides…

note : 1/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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