Darius Hinks

La Forteresse Noire

Roman, science-fiction

Publié en décembre 2018 en VF

Publié en 2018 en VO (« Blackstone Fortress »)

Parmi les vastes étendues de la galaxie, certains cherchent le profit où qu’il se trouve : négociateurs, opportunistes et explorateurs, tels sont les Libres Marchands. Forts de l’antique légitimité de lettres de marque validées par l’Empereur en personne, tout à la fois malandrins, entrepreneurs et aventuriers, ils écument la galaxie en quête de fortune et de gloire. Nul n’est plus cupide et assoiffé de renom que Janus Draik. Désavoué par sa riche famille, considéré comme un fils indigne à la morale douteuse et au piètre potentiel, Draik sait qu’il lui faut s’enrichir avant de finir au ruisseau, rejeté de tous. C’est pourquoi, quand il flaire une occasion exceptionnelle avec la Forteresse Noire, artefact xénos gros comme un astéroïde, Draik se précipite. Mais son obsession pour le trésor et les secrets de la Forteresse prend le pas sur toute autre considération, comme sa propre vie et celle de son équipage…

Attiré par l’illustration de couverture avec un Han Solo condottiere, une bonne soeur armée d’un lance-flamme et un mutant psionique aux allures de C-3PO, ainsi que par un pitch aussi simple qu’efficace (une course au trésor dans l’Espâce !), j’ai été douché d’apprendre qu’il s’agissait de la novélisation d’un jeu de plateau, le préquel de Warhammer Quest : Blackstone Fortress. Homme de peu de foi que j’étais, puisque j’ai avalé ce Dungeon Crawler littéraire !
Nous avons d’abord une phase d’exposition qui nous présente la Forteresse Noire, Big Dump Object alien qui prend la forme d’une pyramide de la taille d’une lune rempli d’espèces exotiques et de trésors archéologiques, et Précipice la station orbitale cosmopolite qui gravite autour et dans laquelle se précipitent tous les chasseurs de trésors humains et inhumains du sous-secteur galactique (encadrés par les mystérieux Préfets qui font régner la loi parmi les hors-la-loi, et qui ne veulent pas que le secret de leur poule aux oeufs d’or ne s’ébruitent aux quatre coins de la galaxie)… Puis nous avons une phase de recrutement dans laquelle Janus Draik le Rogue Trader / le Libre Marchand et sa courageuse assistante Isola rassemblent leur fine équipe qui n’est pas sans rappeler le commando des « Douze Salopards » : Grekh un shaman alien anthropophage, Audus une pilote d’élite qui a déserté la garde impériale, le prêtre fou Thaddeus, sa fidèle Sœur Vorne et l’aristocrate astropathe Helmont Corval… Après avoir passé les Crocs du Dragon (remember les rochers mouvants affrontés par Jason et les Argonautes), ils affrontent dans une ambiance très « Cube » les changements de sens de la gravité, les changements de densité de l’air, les marées psychiques où passé, présent et avenir s’entremêlent, mais aussi les drones pyramidaux, les prédateurs urghuls, les ombres tueuses, un Jigsaw elfe noir, et comme dans tout bon récit horrifique qui se respecte une horde zombie et une horreur lovecraftienne ! Et c’est ainsi qu’ils plongent tous au coeur de la folie pour atteindre la mystérieuse Crypte d’Ascuris, poursuivis par la famille Bullosus qui agit moins par avidité ou par vengeance que pour sa survie…

La Forteresse Noire n’était pas une prise pour laquelle se battre, ni un trésor à piller. C’était un tombeau qui vous ouvrait ses portes, un piège destiné à n’attaquer que les plus braves, ou les plus insensés.

Je me suis éclaté en lisant d’une seule traite, avec pour ne rien gâcher le fil directeur / le running gag de l’opposition entre mysticisme et pragmatisme, et je me comprend pourquoi l’autodidate Darius Hinks lauréat d’un Gemmell Awards a su rapidement trouver un lectorat satisfait sinon conquis ! Alors évidemment comme dans toute les Série B, les Sans Noms sans tous appelés à crever rapidement, salement et anonymes pour mieux s’attarder sur Nommés qui doivent affronter un survival endiablé, et à mi-roman un twist de ouf nous fait passer d’une partie assez physique à une partie plus psychologique. Séparés du reste du groupe Janus et Numa doivent chacun faire face aux démons de leur passé, et pour survivre ils doivent se pardonner à eux-mêmes avant de se réconcilier l’un l’autre : je sais que l’auteur s’inspire d’une histoire très connue mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus (un truc tragique entre Barry Lindon et The Mission, ça c’est de l’ambition)… Il y avait matière à moult potentialités qui ne sont pas exploitées au-delà de la trahison qui vient d’où on ne l’attendait, du coup c’est dommage que le reste du relationship drama ne soit pas de ce niveau là, car entre espoir et désespoir tous les personnages doivent affronter leurs peurs et leurs rêves et tous les personnages ont des raisons bien personnelles atteindre la fameuse Crypte d’Ascuris, y compris et surtout la Forteresse Noire elle-même ! Et quand toutes les pièces du puzzle se rassemblent (remember les Boîtes de Lemarchand de Clive Barker) on ouvre les ports de l’enfer pour un final dantesque !!! Après j’ai trouvé le prologue bordélique à souhait avec ce vade-mecum de tous les bouquins de Dan Abnett consacrés la franchise Warhammer 40000, et le pourquoi du comment est inutilement compliqué d’où les interludes capillotractés qui auraient ont failli me faire sortir du truc…

ACHTUNG SPOILERS Que la Forteresse Noir manipule le destin pour éliminer le cancer en son main par le biais d’aliens et d’humains OK, mais si j’ai bien compris ledit cancer c’est Fluxus un démon de nurgle qui un a corrompu un psyker militaire voulant venger un héros militaire d’un commandant génocidaire pour élaborert une pandémie cosmique et qui a choisi le coeur de la Forteresse comme laboratoire… Bordel il n’y avait pas plus simple, car là le whodunit ressemble beaucoup trop à un MacGuffin ! FIN SPOILERS

« Lutter, chercher, trouver et ne jamais céder » ou « Un pour tous, et tous pour un » ? Janus Draik ne réussit pas à trouver le Saint Graal tant convoité mais il s’est enfin retrouvé : s’il veut toujours découvrir les secrets de la Forteresse Noire, ce n’est plus pour les autres mais pour lui-même et la mémoire de son meilleur ami quitte à partir en croisade contre les forces obscures de la crevardise… Ce n’est pas la fin, c’est le commencement !

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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