Frédéric Genêt
D’après Jean-Philippe Jaworski

Gagner la guerre, tome 2 : Le Royaume de Ressine (BD)

Bande dessinée, fantasy
Publiée le 20 septembre 2019 chez Le Lombard

Benvenuto est un tueur à gages, sans doute le meilleur de toute la république de Ciudalia. Il est à présent au service du machiavélique podestat Ducatore. C’est pour le compte de ce dernier que Benvenuto a embarqué avec la flotte ciudalienne. La guerre avec l’empire de Ressine fait rage et Benvenuto doit mettre ses armes au service de la république. A moins qu’il n’ait une autre mission, bien moins avouable…

Le 1er tome était une adaptation de la nouvelle Mauvaise Donne, mais avec ce tome 2 intitulé Le Royaume de Ressine on débute le récit du roman donc on entre dans le vif du sujet. C’est la guerre entre la République de Ciudalia qui incarne l’Italie de la Renaissance (dans ses plus mauvais aspects car le roman d’origine cultive le grimdark martinien) et l’Archipel du Royaume de Messine qui incarne les Arabes / Turcs / Perses (pour les Occidentaux ce sont tous des métèques orientaux donc sont du pareil au même). Benevuto est monté en garde au près du Podestat Ducatore en devenant moins son bras droit que son maître espion, autrement dit l’exécuteur de ses basses œuvres exploitables et sacrifiables à merci. Et l’aristocrate sociopathe (pléonasme ?) est passé du parti de la paix à celui de la guerre juste parce que ça sert bien ses intérêts politiques du moment. En effet il collabore activement avec l’ennemi pour que celui-ci élimine ses rivaux à sa place, ce qui lui permet de récupérer l’argent, la gloire et le pouvoir qu’ils auraient dû recevoir. On sait que Don Ducatore est un monstre prêt à tout et au reste pour écraser le reste du monde et monter quelques marches de plus sur l’escalier du pouvoir pour pouvoir écraser encore plus du monde, ce qu’on ne sait pas encore c’est jusqu’où vont ses ambitions. Connaissant le boulard et l’inhumanité du personnage, on imagine qu’il préfère le monopole à la concurrence et qu’il préfère être « nec plus ultra » que « primus interpares » (quel connard, encore un hominus crevaricus dont le monde entier se serait bien passé !)… Pour notre antihéros au service d’un Lex Luthor vénitien, il faut qu’il n’y ait aucun témoin pour que tout se passe bien, et avec sa poisse légendaire les choses ne peuvent tourner que de mal en pis. To Be Continued !

La guerre nourrit la guerre.

Il y a un Don Machin qui déboule presque à chaque page et je n’ai pas fait d’efforts pour retenir leurs noms et leurs visages puisqu’ils sont tous des victimes potentielles du crevard en chef, mais j’attends toujours plus de Frédéric Gênet sur le charadesign. Toutefois il y a clairement de beaux voire de gros progrès sur les décors et les arrière-plans avec quelques cases vraiment superbes, et pour ne rien gâcher les batailles navales au cœur du récit et qui dégagent beaucoup d’énergie sont très réussies. Hâte de voir s’il va continuer sur cette bonne lancée.

PS : encore une fois ça s’enflamme du côté des prescripteurs d’opinion… Ainsi Ecran Large nous dit que « la plus grande aventure fantasy s’impose en BD » :
– déjà ce n’est pas un récit d’aventure, mais un succession de complots et d’intrigues vus du côté des crevards
– ensuite si Gagner la guerre a sans doute été le plus gros succès français de ses dernières années, il y a quand même un paquet d’œuvres au moins aussi bonne que celle-ci donc on va éviter de dégainer la gatling à superlatifs comme les journalistes et les gens du marketing savent si bien le faire
– « s’impose en BD » : je ne connais pas les chiffres de ventes, d’après ce que j’ai entendu dire ce n’est pas la folie non plus… C’est adapté, c’est de qualité et c’est déjà bien, après on ne va vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué et on va croiser les doigt pour qu’elle aille jusqu’à son terme avec la même bonne volonté manifeste de bien travailler !

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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