Jean-David Morvan (scénario)
Paolo Traisci (dessin)
d’après Jack Vance

La Geste des Princes-Démons, tome 2 :

Malagate le Monstre

Bande dessinée, science-fiction / space opera
Publiée le 23 septembre 2020 chez Glénat

Kirth Gersen a soif de vengeance. Orphelin à l’âge de neuf ans, il décide de se lancer à la poursuite des assassins de ses parents. Cinq Princes-Démons en sont les responsables, ils paieront ce crime de leur sang. Pendant des années, Kirth Gersen a formé son corps et son esprit. Aujourd’hui, Attel Malagate, dit « Le Monstre », est sa première cible. Kirth traversera les galaxies, anéantira les obstacles et s’associera à toute âme bienveillante pour accomplir sa tâche.

Étonnamment ce 2e tome de l’adaptation de La Geste des Princes-Démon de Jack Vance réalisée par Jean-David Morvan et Paolo Traicsco m’a mis au clair sur l’auteur américain originaire San Francisco. Il a toujours développé des histoires intéressantes, en développant des schémas classiques mais efficaces (généralement à la fois pulp et cosy mystery, avec une pointe de campellisme). Ici on est dans un whodunit, et on se moque du whondunit. Comme le disent les auteurs eux-mêmes : « il s’agit d’un roman qui tourne autour d’intrigue dont il est le facteur prédominant. L’auteur fournit des indices au lecteur pour qu’il l’aide à déduire l’identité du coupable avant la révélation de l’issue de la résolution de l’affaire à la fin du livre »…

Mais franchement on ne lâche strictement aucun indice permettant de savoir lequel des trois businessmen de la chambre de commerce est Malagate le Monstre (oui bon, c’est un université hein, mais comme on ne parle jamais d’autre chose que de pognon j’ai agi et réagi en conséquence). Et finalement ce n’est que par pur hasard que le héros Kirth Gersen résout le mystère. Il tombe sur son sbire Scop Suthiro le Sarkoy à l’astroport et il remonte la piste des exécuteurs de ses basses œuvres en espérant que la haine des uns et des autres fassent chuter les uns et les autres comme des dominos.

Les plans les mieux établis ne sont pas nécessairement couronnées de succès.

Donc Kirth Gersen se coupe les cheveux en quatre pour trouver le repaire d’Hildemar Dasce, mettre la main sur lui, et lui faire croire qu’il l’a retrouvé grâce aux confidences de son patron / complice obnubilé par le monde vierge découvert par Lugo Teehalt (bien que ne soit jamais expliqué)… Donc on assiste à une chasse croisée : Kirth Gersen doit démasquer Attel Malagate sans dévoliler son jeu, et et Attel Malagate doit éliminer Kirth Gersen sans dévoiler son identité !

Parlons de l’adaptation. J’ai été emporté par les graphismes entre le Blade Runner de Ridley Scott le Seven de David Fincher. On oublie un peu le worldbuilding avec opposition entre Œkoumène et Au-Delà, et tout le côté réflexion sur la condition humaine issu des travaux Baron Bodissey (Gary Stu de l’auteur). A la place les auteurs développent un côté à la fois sadique et sado-masochiste limite cuir moustache (les deux faces le la même pièce). Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir, mais au c’est compensé par le côté pulpien du héros reaganien (Kirth Gersen) devant sauver une demoiselle en détresse (Pallis Atwrode)… Mais au-delà du scénario et de la narration il y a vraiment un souffle graphique très intéressant, et que je veux revoir ici ou ailleurs !

J’aimerais bien des retours sur des amateurs de Jack Vance ayant lu la saga d’origine, ce qui n’est pas mon cas (parle que je sens bien moult divergences mais je ne saurais les identifier avec certitude)…

note : 8-/10

Alfaric

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