Thierry Smolderen (scénario)
Enrico Marini (dessin)

Gipsy, tome 3 :

Le Jour du Tsar

Bande dessinée, science-fiction / anticipation
Publiée en novembre 1995 chez Les Humanoïdes Associés

L’une des séries les plus folles de la décennie ! Tout est en démesure : autoroute planétaire, refroidissement de la Terre, sacre d’un jeune tsar russe, résurrection d’une armée de Mongols partis sur les pas de Genghis Khan, multinationale omnipotente qui contrôle le transport terrestre, Coupe du monde de foot, etc. Au milieu de tout cela, Gipsy, un routier (pas toujours) sympa…

Ce tome 3 intitulé Le Jour du Tsar est construit comme une tragédie classique, et avec un Gipsy plus John Rambo que jamais le magnifique Enrico Marini commence à développer le style qui désormais est le sien :
– une unité de temps avec une journée entière
– une unité de lieu avec l’échangeur de Zigantsk
– une unité de d’action avec une nouvelle révolution
Au matin Yvan le Magnifique est couronné Tsar de toutes les Russies, et au soir il fait de la petite tzigane qui se faisait passée pour la cousine du Roi de Roumanie la nouvelle Tsarine de toutes les Russie. Entre le lever et le couche du soleil, plus que les lieutenants des insurgés c’est Tsagoï qui incarne à la fois la Colère du Peuple et le Colère de Dieu. Slomo suppôt du Grand Capital subit son châtiment et Sabrina dupe du Grande Capital est abandonnée à son triste sort.

A ce moment j’étais à fond dedans et tous les espoirs étaient permis :
– on aurait pu avoir un antihéros prolo qui par amour de sa sœur se fait le fer de lance d’un empire aristocrate
– on aurait pu avoir un affrontement au somment entre un d’Artagnan au service de la révolution mondiale et une Milady de Winter au service du Nouvel Ordre Mondial
– on aurait pu avoir un antihéros prolo assisté par un repenti et une victime du Grand Capital qui dans la grande tradition du romain populaire seraient partis entre croisade contre les crevards ici ayant fait main basse sur la Selmer

On ne fait pas les révolutions parce qu’elles sont belles. On les fait parce qu’elles sont justes !

Oui mais non. On choisit une voie banale et décevante avec des Illuminati qui sortent d’on ne sait où avec des discours incohérents et une Sorcière qui change encore d’identité, de mission et d’obédience.
ATTENTION SPOILERS Avec ses amis le Gipsy empêchent un coup d’État contre un État qui vient à peine de naître, mais Yvan apprend la vérité, pète un câble, et balance une grande tirage de tragédie classique avant de se faire buter par un vieux poivrot anonyme. C’est complètement naze : tout ça pour ça ??? J’aimerais croire que les auteurs ont fini leur récit à l’arrache et fait place nette pour faciliter leur changement d’éditeur, mais ça reste naze quand même hein ! FIN SPOILERS

Tandis qu’Oblivia pleure toutes les larmes de son corps, Tsagoï tente de le consoler en reprenant la route de la C3C avec son Étoile du Gitan. Elle ne sait pas encore que son récit des événements intitulé « La Nuit du Tsar » va devenir un best-seller mondial, et il ne sait pas encore que grâce à elle il va entrer dans la légende des siècles au panthéon des plus grands héros populaires. Quand ils se seront à nouveau réunis la ploutocratie et les grandes compagnies se chieront à nouveau dessus, mais ceci est autre histoire !

note : 7/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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