Kurimoto, Kaoru (sénario)
Sawada, Hajime (dessin)

Guin saga, tome 1

Manga, fantasy
Publié le 22 octobre 2009 chez Asuka

Alors qu’ils sont en fuite après la destruction de leur royaume par l’armée de Gohra, le prince Remus et la princesse Linda, derniers héritiers de Paroh, rencontrent dans la forêt un homme étrange, à tête de léopard. Amnésique, celui-ci ne se souvient que de son nom, Guin, et d’un mot, « AURRA ». Il va décider d’aider les deux enfants. Malgré sa puissance et sa maîtrise surnaturelle au combat, ils tombent dans les griffes du comte Vannon, un sorcier cruel et décadent.

Le manga « Guin Saga » est l’adaptation de la saga littéraire du même nom, qui est un monument de la Fantasy mondiale : rien de moins que cela, et rarement un ouvrage aura eu autant d’influence sur le genre en son pays !
Car la Fantasy japonaise se divise en 3 courants :
– le courant Science-Fantasy / Arcanepunk, maintenant largement majoritaire, né avec les JRPG dans les années 1990
– le courant Heroic Fantasy, d’importation américaine, né avec « Les Chroniques de la Guerre de Lodoss » dans les années 1980
– le courant Dark Fantasy, qui est né en avec « Guin Saga » de Kaoru Kurimoto, qui perdure depuis lors et qui a très largement influencé toute la fantasy japonaise
Mais qui est Kaoru Kurimoto ?
Pianiste, claveciniste, jazzwoman, rockeuse, compositrice, dramaturge, journaliste, critique et enfin romancière dans à peu près tous les genres (policier, historique, romance, érotisme, science-fiction, fantastique, fantasy) Kaoru Kurimoto elle a écrit près de 400 romans et les tomes de « Guin Saga » en présente en bon tiers. L’auteure nous a quitté avant l’heure à la suite d’une longue maladie à l’âge de 56 ans… Dans son testament il y avait plusieurs nouveaux épisodes déjà écrits, le synopsis d’autres épisodes encore et la volonté que sa saga lui survive en continuant indéfiniment… (aujourd’hui elle s’approche des 150 tomes avec un univers riche et détaillé donc immense, et des dizaines de personnages intéressants voire fascinants : ah j’entends pester les lecteurs du « Trône de fer » qui attendent toujours la fin du bestseller de GRR Martin ^^)
Mais « Guin Saga » de quoi ça parle ?
Dès le tout début nous sommes plongés directement au coeur de l’action : nous suivons la chute de la cité de Paroh, perle de la steppe, face aux troupes d’invasion de l’Empire Mongaul et la fuite désespérée des jumeaux royaux Linda et Rémus grâce à SPOILER… Dans leur cavale, ils sont sauvés par Guin, un colosse amnésique à la force herculéenne et à la tête de léopard ! le premier arc de la saga est donc d’échapper aux troupes ennemies, trouver des alliés pour rentrer au pays et organiser sa résistance puis sa libération (en entraînant la chute de l’Empire Mongaul au passage)…
Et durant les arcs suivants le suspens est longtemps maintenu sur la réelle identité de Guin qui possède le don des langues et qui sait tout du vaste monde mais rien sur lui-même : cobaye d’un sorcier, mutant en cavale, héros déchu et maudit, dieu descendu parmi les hommes pour changer le monde… La violence dont il fait preuve durant les combats s’oppose au calme et la civilité dont il fait preuve en dehors des combats, et la noblesse de ses sentiments cache une intelligence retorse voire machiavélique : il ne fait pas bon être son ennemi !
Je ne vais pas vous mentir : on sent très rapidement que les principales inspirations de la prolifique auteure sont R.E. Howard, Clark Ashton Smith, et Michael Moorcock. Que c’est bon !!! de la vraie fantasy vintage, celle d’avant la BCF yankee, Donjon & Dragon et les gloubiboulgas vidéoludiques… Et comme l’auteure est fine connaisseuse des auteures SFFF des années 1970, on se surprend à découvrir des alter egos de Fitz Cavalerie et Littlefinger et cie avant même que ceux ne soient créées… (car les mêmes causes produisent les mêmes effets ^^)
Et le manga dans tout cela ?
Il s’agit d’une adaptation fidèle, porté par les dessins splendides d’Hajime Sawada qui malheureusement s’épurent en cours en route et perdent en détails et en soin dans les tomes suivants (et que dire des superbes couvertures de Kato Naoyuki, l’un des meilleurs illustrateurs du Japon !)… le manga seinen dark fantasy lancé à l’apogée des shonens mainstream à rallonge n’a pas vraiment eu sa chance, et n’a guère été soutenu malgré toutes ses qualités en étant arrêté au tome 6 juste avant la bataille entre les troupes mongaules et les barbares sems de Nociphère… Soupirs…

COMTE VANNON : Quel est donc ce singulier colosse ?
GUIN : J’aimerais le savoir moi-même…

Dans ce tome 1, nous sommes transportés de la cité de Paroh à la forêt de Rood à l’autre bout des terres civilisées et nous découvrons à travers les yeux de la courageuse et résolue Linda et du peureux et indécis Rémus un univers dark fantasy où dès que le soleil se couche les créatures de la nuit rôdent en nombre… Heureusement, le puissant mais amnésique Guin les prend sous son aile, eux dont la fuite a prouvé les pouvoirs de la Tour de Cristal dont les secrets sont ardemment convoités par l’Empire Mongaul. Mais la cavale est de courte durée, puisqu’ils sont rattrapés par les soldats de Vannon le Comte Noir, aristocrate atteint d’une forme rare et hautement contagieuse de lèpre, qui les ramènent à la forteresse de Stafolos…
Dans les geôles du château frontalier, Linda fait la connaissance de Suni de Nociphère, la petite indigène de la tribu de Rani, et Rémus fait la connaissance d’Isht van de Valakie, le mercenaire rouge persuadé que le destin l’a choisi pour devenir roi de ses propres mains… Grâce aux bons soins du Comte Vannon, Guin fait lui la connaissance d’un géant de Gabul sur le sable de l’arène, tandis que la double planche finale nous montrent les barbares pictes, euh pardon, les Sems de la sauvage tribu Karoïs prêts à fondre sur la forteresse de Stafolos… To Be Continued…
Nous sommes bel et bien dans un univers de haute aventure ! Oh Yeah !!!
A noter que plusieurs passages semblent sortis directement de la saga culte « Berserk », et c’est normal puisque le mangaka Kentaro Miura est un fanboy absolu de « Guin Saga » ! et tout ce passage a été repris par Konami pour élaborer la franchise vidéoludique « Castlevania » ^^

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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