Tommy Ohtsuka

Hawkwood, tome 1

Manga historique
Publié le 2 mars 2016 chez Bamboo édition

 

XIVe siècle, royaume de France, province de Normandie. La petite ville de Carentan est sous la menace de l’ennemi. Devant ses murs se presse l’armée régulière anglaise, lancée à la conquête de la France. À sa tête, le prince Édouard, fils légitime du roi d’Angleterre. Pour se sortir d’une situation a priori désespérée, les assiégés font appel à la «compagnie des corbeaux blancs» de John Hawkwood, un officier audacieux dont les stratégies outrepassent les règles de la chevalerie. Le mercenaire de légende affronte le Prince Noir… quelle sera l’issue du combat ?

Après Sir Arthur Conan Doyle, Marion Polk Angellotti, Hubert Cole et Gordon Dickson (excusez du peu !), le mangaka Tommy Ohtsuka se propose à son tour de s’attaquer à la geste de John Hawkwood / Jean Haccoude / Giovanni Acuto (1320-1394), premier véritable condottiere qui fit sa réputation durant la Guerre de Cent Ans avant d’aller sévir en Italie au plus grand désespoir de ses habitants qui inventèrent pour lui le proverbe « Inglese italianato è un diavolo Incarnato »… Tout un programme ! ^^
Avant d’entrer dans le vif du sujet, quelques mots sur Tommy Ohtsuka qui avec son compère Yoshihiro Komada a fait les beaux de la version japonaise de Dragon Magazine qui a largement contribué à la SFFF japonaise dans les années 1990 (« Slayers », « Lost Universe », « Saber Marionnette », « Orphen » & cie), avant d’intégrer l’écurie Marvel Comics…

Ce tome 1 présente tous les aspects d’un épisode pilote !
Dans un premier temps, nous suivons la team Hawkwood au service de Messire Bastien en guerre avec son oncle Messire Lionel dans une querelle de succession féodale… L’auteur insiste bien sur les courtisans de Messire Lionel qui attendent de tirer profit de l’après-guerre, sur les conseillers de Messire Bastien qui attendent le meilleur moment pour se rallier au camp adverse et donc conserver leurs biens et leurs privilèges dans l’après-guerre, et les profiteurs de guerre qui espère eux que le conflit s’éternise pour gagner un maximum de pognon… Je le dis et je le répète, dans la culture populaire il y a un avant et après crise des subprimes : désormais il n’y a plus personne pour croire en les élites qui nous dirigent, et du coup ça forcément très mal finir à un moment ou à un autre !
Dans un deuxième temps, nous suivons la team Hawkwood au service de Messire Calvin de Carentan qui a un plan pour vaincre sans combat certes mais surtout pour ne pas se retrouver le dindon de la farce entre l’invasion anglaise, qui vient de débuter à Saint-Vaast-la-Hougue, et la sempiternelle incurie du gouvernement français (refrain désormais que trop bien connu)… Ce qui nous permet de faire connaissance avec l’ambitieux roi Edouard III, le diabolique Prince Noir et ses compagnons d’armes Thomas Beauchamp, 11e Comte de Warwick, Thomas Holland, 1er comte de Kent, et le capitaine mercenaire gascon Jean de Grailly, tous appelés à un grand avenir dans le conflit à venir !

– Je te trouve sévère envers tes pairs, Grailly… Les Français sont si amorphes que ça ?
– Attention, mettre les Gascons dans le même panier serait une grave erreur… Chez nous, même les paysans ont une flamme dans le regard !

Mine de rien ça ressemble pas mal à un mélange entre L’Âge d’Or de « Berserk », (qui s’est inspiré de la Guerre de Cent Ans donc c’est de très bonne guerre ^^) et « Les Chroniques d’Arslan », avec le roi Edouard III et le Prince Noir qui feraient ici office de détournements du roi Andragoras et du prince Arslan… Mais d’un autre côté j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de similitudes sur le fond comme sur la forme avec « Renégat », la saga fantasy de Miles Cameron spécialiste de la guerre au Moyen-Âge et de l’escrime médiévale, ce qui est plutôt flatteur pour cette série manga.
Le charadesign et pas mal de situations dégagent un air de déjà vu et une anime attitude bien prononcée, et c’est un peu normal vu que l’auteur a participé à pas mal de succès et s’inspire de pas mal de succès en manga comme en animes. Ce n’est pas vraiment une lacune, le principal défaut restant que le dessinateur a pris de vilaines habitudes avec ses nombreuses piges dans le monde des comics : peu de détails et peu d’arrière-plans pour privilégier d’abord et avant tout les gros plans (grosses ficelles pour dessiner plus et plus vite pour moins cher…) Et c’est bien dommage, car le découpage dégage pas mal de dynamisme !
Au final une série manga très sympathique qui fait plus que correctement son taf, et qu’il ne faut surtout pas comparer avec la série BD « Le Trône d’argile » pour rester sur une bonne impression. Je suis curieux de savoir jusqu’où va aller l’auteur dans cette nouvelle voie…

note : 7/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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