Jirô Taniguchi
(scénario & dessin)

Ice Age Chronicle of the Earth, tome 2

Manga, science-fiction / post-apo
Publié en VF le 11 septembre 2015 chez Glénat
Publié en VO en 2002 par Futabasha et Kodansha dans le Morning Afternoon (« Chikyuu Hyoukai Goto Osamu / 地球氷解事紀 »)

Nous sommes dans une nouvelle période glaciaire. Dans ces conditions extrêmes ne survivent que les créatures les plus adaptées. Takeru, responsable d’une mine de charbon est forcé de prendre ses responsabilités et de se lancer dans une expédition périlleuse. La Terre est à l’aube d’un nouveau bouleversement !

Les graphismes sont superbes : Jirô Taniguchi, très inspiré par le perfectionnisme des bandes-dessinées franco-belges d’antan, est clairement l’un des tous meilleurs dans sa partie donc chaque planche voir chaque case est un régal pour les yeux !

Ici il est dans une phase Moebius, et niveau scénario c’est tellement copieux que cela en devient un confus, voire bordélique. L’auteur semble s’être lancé dans un truc trop ambitieux pour lui car on se retrouve avec un mélange d’Hayao Miyazaki, de Katsuhiro Otomo et de Masamune Shirow ! Donc on a une ère glaciaire, un changement climatique cataclysmique, des baleines géantes, des végétaux intelligents, un messie empathe, une prophétie, des machines sauvages, un superordinateur fou (remember Terminator) qui veut remplacer les humains par une nouvelle race de surhommes appelée A.D.O.L.F. et un mystérieux géant bleu venu du fond des âges se déplaçant en aile volante jouant le rôle de deus ex machina (remember Nausicaä)… Cela la part dans tous les sens, et l’inachèvement de l’œuvre laisse en bouche un arrière-goût de bâclage…

– Ce qui fut poussière retournera à la poussière.

Takéru et ses compagnons continuent leur odyssée pour que la mine tarpa obtienne des secours et après avoir traversé l’inlandsis pour rejoindre le village de Jil-Chaak, ils traversent la toundra pour parvenir au dépôt logistique Earliss II. Là-bas, ils découvrent non seulement que l’âge glaciaire se termine à vitesse grand V, mais qu’en plus la flore et la faune mutent à vitesse grand V également. On passe du milieu polaire au milieu tropical en quelques pages à bord du transporteur militaire ZA-672 avant d’entamer un trek dans la jungle avec remontée d’un fleuve qui ressemble furieusement à l’Amazone, avec des plantes carnivores intelligentes qui trient le bon grain de l’ivraie sur la route parsemée d’embûches de l’évolution…
C’est à bord d’un véhicule de prospection abandonné à son sort qu’ils continuent leur voyage avant de subir une violente attaque végétale que Takéru repousse grâce à ses pouvoir psychiques (WTF ?) et l’aide du géant bleu et de son aile volante (WTF ?)
Puis la fonte des glaces accélérée libère d’anciens vestiges et la team Takéru se retrouve dans les ruines de l’ancienne New York, où il font la rencontre de réfugiés d’Abysse dont l’appareil s’est crashé et qui sont tous enfants ou adolescents…

A la capitale Abyss, la population en est réduite à se battre pour sa survie, entre flore vivante, faune hostile, développement de nouvelles épidémies et résurgence d’anciennes maladies. C’est à ce moment que le superordinateur qui gère la cité accède à la conscience et décide comme naguère Skynet de jouer à Dieu version Adolf Hitler ! Donc dans le dernier acte, les machines se révoltent et on suit une opération commando pour détruire le superordinateur fou qui les commandent toutes. Le héros perd ses compagnons, pète les plombs et utilise ses pouvoirs psychiques pour faire tomber la foudre avant de faire intervenir le doigt de Dieu… WTF ?

 

On est dans la fuite en avant, et on laisse à leur sort toutes les personne rencontrées qui ne se joignent pas à la team Takéru. Du coup on oublie le pourquoi du comment et les péripéties s’enchaînent sans véritable enjeu humain alors qu’on s’inspire largement et vraiment finement d’Akira et Nausicaä. Ça et le héros aux mystérieux pouvoirs et aux mystérieuses origines qui a des visions des ères passées où tantôt l’Homme cohabite avec la Nature et où tantôt l’Homme exploite et détruit la Nature… Dessins superbes, univers et thèmes intéressant, mais scénario de moins en moins maîtrisé au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue : c’est bien dommage, car au lieu d’avant une œuvre majeure on a juste un petit diptyque sympa. Mais qu’attendre d’un récit quand 14 années séparent le tome 1 du tome 2 ?

note : 6/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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