Nicolas Petrimaux

Il faut flinguer Ramirez, Acte 1

Bande dessinée, policier
Publié le 30 mai 2018 chez Glénat

Et si derrière la légende du pire assassin mexicain… Se cachait le meilleur expert en aspirateurs de tous les temps ? Falcon City, Arizona. Jacques Ramirez travaille à la Robotop, une entreprise d’électroménager et l’un des fleurons industriels du coin. Employé modèle, il bosse vite, bien, et sait surtout se faire discret. Pour cause : il est muet. Sa vie bascule le jour où deux membres d’un dangereux cartel pensent reconnaître en lui l’homme qui a trahi leur organisation par le passé : Ramirez, le pire assassin que le Mexique ait jamais connu. Aussi étonnant que cela puisse paraître, sous le chapeau du nettoyeur légendaire se cacherait désormais… un expert en aspirateurs hors-pair. Et maintenant que les hommes du cartel l’ont démasqué, ils feront tout, absolument tout… pour flinguer ce fumier !

Ce coup-ci je crois bien que le Ramirez de Nicolas Petrimeaux vient de doubler le Richard Aldana de Balak, Michaël Sanlaville et Bastien Vivès sur l’autoroute de la supracoolitude ! Oh Yeah !
Jacques Ramirez est un employé modèle et muet de Robotop, une multinationale de l’électroménager spécialisée dans le racket de la ménagère de moins de 50 ans, et s’il est l’idole de ses collègues il est le bouc-émissaire de son supérieur hiérarchique, manager imbus de lui-même qui veut tout en ne faisant rien car cela lui prend beaucoup de temps de harceler et de maltraiter tous ceux qu’il juge inférieurs à lui (c’est-à-dire tout le monde sauf lui et le big boss)… Sa vie bascule quand deux mafieux mexicains venus rapporter leur mixer en panne au service SAV de Robotop à Falcon City en Arizona reconnaissent en lui Ramirez la légende urbaine qui naguère a trahi le Cartel de Paso del Rio avant de disparaître avec un gros magot. Et tout s’enchaîne quand le siège social de Robotop explose lors de la présentation du Vacuumizer 2000 ! (entre les malfrats persuadés qu’il s’agit d’un piège de Ramirez et les autorités persuadés qu’il s’agit d’un attentat terroriste, tout le monde a oublié les ravages du management des émules de Jack Neutron qui refuse de réparer les conduites de gaz pour augmenter la marge bénéficiaire et gagner plus de pognon)
Jacques Ramirez est traqué par Hector Rodriguez qui veut récupérer son pognon, par Hector Perez qui veut récupérer son honneur, par le FBI qui l’accuse d’être un terroriste international, et par Eddy Vox caricature d’Horatio Caine qui est persuadé qu’il le est complice des braqueuses en cavale Dakota Smith et Chelsea Tyler (remember Bonnie and Clyde, Black Mama, White Mamma, et Thelma et Louise)… Rapidement on comprend que Jacques Ramimez n’est pas un assassin de légende, mais qu’il n’est pas non plus celui qu’il prétend être : quelle est sa vraie nature avec sa vitrine de trophées, sa collection de serpents en vivarium et la photo d’une blonde fatale sur laquelle il pleure avec tristesse et douleur ? Concluant une course-poursuite de folie, le cliffhanger de fin est une tuerie : vite la suite !

– Pas de panique amigo ! Hector te veut vivant. Ça va juste piquer un peu au niveau des genoux !

Nicolas Petrimaux qui signe le scénario, les dessins, les couleurs et le packaging de ce superbe livre-objet est sans nul doute un enfant des années 1980 et des vidéoclubs, nouvelle révolution culturelle pour les masses stalloniennes ! Tout est fait pour réaliser une histoire survoltée mâtinée de Quentin Tarantino, avec ses gangsters verbeux qui causent comme Michel Audiard entre deux scènes d’ultraviolence… Mais pas que, parce qu’on tire aussi à boulets rouges sur les politiciens tocards, les autorités totalement dépassées, les médias prestitués (remember les Barbie et les Ken infos débitant honteusement de la propagande néocons et ultralibérale), le consumérisme débile, le management de mes couilles, le tout rempli de fausses pubs plus vraies que nature telles qu’on pouvait les voir caricaturées dans le Robocop de Paul Verhoeven…
Si Funky Cops rendait hommage à Starsky et Hutch, entre exploitation et actioner Il faut flinguer Ramirez rend hommage à Miami Vice, L’Arme Fatale, les films de Sly et Schwarzie ou les séries de Stephen J. Cannell (même qu’à un moment un moustachu à chemise hawaïenne en pleine conversation avec un certain Higgins se fait carjacker sa ferrari  testarossa rouge sur une bretelle d’autoroute)… Si les éditions Glénat soutiennent un projet comme celui-là, alors tout espoir n’est pas encore perdu pour notre pays victime à répétition d’élitisme à la con !

note : 9/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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