Denis-Pierre Filippi (scénario)
Marie Favereau (historienne)
Manuel Garcia (dessin)

Ils ont fait l’Histoire,

Gengis Khan

Bande dessinée, histoire / moyen-âge
Publiée le 08 octobre 2014 chez Glénat

Au XIIIe siècle, Gengis Khan et ses hordes de cavaliers mongols ont semé la terreur. De la Chine à l’Europe, en passant par le Moyen-Orient, ils ont mis à genou les plus grandes puissances de l’époque… Mais avant de devenir ce grand conquérant que le monde entier connait, Gengis Khan se faisait appeler Temüdjin. Né au cœur des arides steppes d Asie centrale, c’était le fils d un chef de clan assassiné par les siens. Un jeune garçon en exil, condamné à errer avec sa mère et à lutter pour sa survie. Comment, de cette jeunesse difficile, Temüdjin a-t-il finalement réussi à unir les tribus d un pays déchiré par les guerres intestines et à constituer le plus vaste empire de tous les temps ? Gengis Khan est entré dans l’Histoire comme l’un des plus redoutables maîtres de guerre que la Terre ait porté. Son nom est synonyme de conquêtes sanglantes et de pouvoir absolu, mais peu connaissent sa véritable histoire. Découvrez l’homme qui se cache derrière la légende…

Temüdjin, tel qu’il est dépeint dans L’Histoire secrète des Mongols (une chronique anonyme du XIIIe siècle), semble suivre toutes les étapes de l’universelle quête du héros aux mille et un visages. Quelque part c’est un personnage fantasy qui appartient plus à la Légende qu’à l’Histoire. Il ne lui manque finalement pas grand chose pour être l’équivalent asiatique d’un roi Arthur ! (Excalibur ? Merlin ? Lancelot du Lac ? Morgane ? Mordred ?)
La bande dessinée commence par l’annonce de la mort de Gengis Khan, qui parvient au monastère chinois de T’ien-Ch’ang Kuan. Alors qu’un jeune moine se demande si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle, le vieux patriarche Chang Chun lui conte le destin de celui qui fut Temüdjin, fils de Hö’elun et de Yesügei, du clan des Bordjigins.
On suit ainsi pas à pas les grands moments de la vie de celui qui fut une légende : son enfance difficile, sa captivé chez les Taïchi’ut, son amour indéfectible pour la belle Börte, son étrange amitié pour le fier Djamuqa, son irrésistible ascension et la guerre fratricide qu’il mena contre son ancien anda… jusqu’à sa victoire finale et la proclamation de son titre de Gengis Khan. Bref, comme Sergey Bodrov, les auteurs ont fait le choix de raconter l’histoire de Temüdjin plutôt que celle de Gengis Khan, et c’est très bien ainsi. Ensuite le Loup Bleu mongol passera de l’unification des nomades à la vocation impériale, mais ceci est une autre histoire…

– J’ai du mal à croire qu’un homme se cachait véritablement derrière Gengis Khan. Beaucoup le voient comme un dieu, une légende. J’en viens à douter qu’il était réel.
– Et pourtant, il a bien été un homme avant cela, même un enfant. Et bien des choses auraient pu empêcher cet enfant d’avoir le destin qu’il a connu. Comprendre de qu’il était t’aidera peut-être à cerner ce qu’il est devenu. A l’époque, il n’avait même pas ce titre, même si son père était un noble Bahadur. A l’époque, il s’appelait encore Temüdjin, fils de Hö’elun et de Yesügei, du clan des Bordjigins. Et la vie lui avait accordé un peu d’insouciance.

Bref, un bien beau récit pour celui qui ne le connaît pas déjà, ici servi par du bien bel ouvrage. Les dessins de Manuel Garcia sont plutôt bons, et l’alchimie entre dessins, encrage et colorisation est assez plaisante. La 1ère planche nous montre le convoi funéraire du grand homme vers sa dernière demeure… Et la dernière planche nous montre un loup bleu montant la garde d’une tombe inconnue perdue en haute montagne… Que c’était bien vu et bien fait ! Le charadesign n’est pas très poussé, mais la gravité et la sérénité que dégagent les visages collent bien au ton de la narration. Action et batailles manquent de souffle épique, mais visiblement ce n’était pas le but des auteurs de miser là-dessus. Pour ne rien gâcher, l’historienne Marie Favereau, spécialiste du sujet à l’université d’Oxford, supervise le tout et nous livre un dossier et un making-off passionnant autant pour le grand public que pour l’amateur d’histoire.

J’avais envie de mettre 3 étoiles, parce l’histoire de l’enfant de steppes devenu roi des rois ses propres mains m’avait été mieux contée dans le roman Le Loup bleu de Yasushi Inoué ou dans le film Mongol de Sergey Bodrov, qui tous les deux avait instillé davantage de souffle dans leur récit, mais quand c’est bien fait pourquoi chipoter ? L’histoire est bonne, les graphismes sont bons, le personnage fascinant…

note : 7,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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