Nicolas Jarry (scénario)
Paolo Deplano (dessin)
d’après Jean-Luc Istin

Les Maîtres Inquisiteurs, saison 1

tome 2, Sasmaël

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 03 juin 2015 chez Soleil

Au nord de l’Ardaigne, dans la cité de Destrion, un fou-furieux a massacré tous les occupants d’un palais appartenant à la puissante famille de Tyr. Le forcené a finalement été arrêté par le maître des lieux, le prince Bran de Tyr, mais ce dernier a également succombé à ses blessures. Pour le Maître inquisiteur Sasmaël, il pourrait s’agir dune enquête parmi tant d’autres qui ont émaillées sa longue vie… pourtant ce n’est pas le cas ! L’assassin n’est autre que son ancien mentor, le vénérable et très intègre Maître inquisiteur Fendraël. Pour Sasmaël le temps est compté sil veut innocenter son vieux compagnon et ainsi sauver l’avenir politique de l’Inquisition. Lors de l’autopsie, il découvre que Fendraël a été drogué, que son esprit a été corrompu. Avec laide de son elfe Lotweën il remontera la piste des véritables coupables jusqu’à Vieilles-Forges, une cité industrielle au coeur d’un trafic d’armes avec les clans Mannlander du Sud du Gottland. Une guerre semble se préparer… Et l’Ordre des Maîtres inquisiteurs pourrait bien être impliqué…

Avec Oliver Peru remplacé par Nicolas Jarry, c’est un habitué de la maison Soleil qui succède à un autre habitué de la maison Soleil… Et seuls qui connaissent bien ce dernier reconnaîtront facilement ses diatribes habituelles contre les force occultes de la crevardise ! (auxquelles je souscris, cela va sans dire)
Comme annoncé dans la dernière page du tome 1, la série continue avec l’enquête du mage justicier Sasmaël, qui peut faire pleuvoir la foudre sur ses adversaires (du moins tant que son corps et son cœur supporte la douleur… Tiens, on dirait Adolf Reinhardt du manga Terra Formars). Dans son travail, il est assisté de la belle mais mortelle elfe Lotweën, qui lui porte de tendres sentiments auxquels il se refuse à répondre. Bon, à chaque tome on associe un Maître Inquisiteur et son auxiliaire elfique, mais du coup ça amoindrit un peu la belle histoire d’amitié développée dans le tome 1 entre Obeyron et I’Jaren…
Tous les deux on la rude tâche d’enquêter à Destrion sur le massacre proférer par l’un des leurs sur un prince de la Maison Tyr. L’autopsie montre que Fendraël, l’ancien maître de Sasmaël, a été transformé en machine à tuer par l’absinthe pourpre, une drogue alchimique rarissime qui permet de modeler la chair et la psyché comme de l’argile. Rapidement, ils poursuivent leurs investigations dans la cité forge de Noire-Fumée, une enclave naine en territoire ardaigne qui semble être la plaque tournante d’un trafic d’armes d’envergure mondiale…
ATTENTION SPOILERS avant de tomber dans un traquenard de derrière les fagots. C’est alors que Djoëndal, le compagnon elfique de Fendraël, se porte à leur rescousse. Mais soumis au sombre pouvoir de l’absinthe pourpre, ce dernier a été transformé en créature monstrueuse avide de chaire fraîche qui réapparaît à chaque pleine lune (remember la créature du film Relic de Peter Hyams réalisé en 1997)… FIN SPOILERS

Tant que l’on croit que l’on peut rendre le monde meilleur, plus sûr, alors notre action a du sens. Mais quand on a vécu assez longtemps pour comprendre que tout cela n’est qu’une vaste fumisterie, un écran de fumée pour cacher la misère et le sang, que reste-t-il sinon la sinistre certitude que l’on marche inexorablement vers le chaos, la ruine et le feu ? Nous ne sommes pas là pour vaincre l’obscur. On ne peut vaincre ce qui est en chacun d’entre nous.

Rivalité ou collaboration entre les Maîtres Inquisiteurs et la Confrérie Solaire (allégorie de la Franc-maçonnerie, de la Scientologie ou du Temple Solaire ? la question est posée !), trafic en tous genres entre les maisons Tyr et Ashinn, mystérieux comploteurs experts en alchimie et en sorcellerie… C’est un tourbillon d’intrigues !

Les dessins de l’italien Paolo Del Plano sont plaisant dans le mélange des genres bandes dessinées / comics si cher aux éditions Soleil. On peut faire les liens avec d’autres dessinateurs italiens des écuries Soleil et Delcourt, donc il existe bel et bien une école italienne en ce domaine. Mais le niveau moyen de la bande dessinée a sacrément augmenté ses dernières années, donc je suis un peu resté sur ma fin : palette d’expressions pas assez diversifiée, découpage un peu trop classique et surtout sans prise de risque, travail sur les couleurs en deçà de leurs capacité de Digikore studios… Plein de petits trucs qui m’ont empêché de m’enthousiasmer. Pire, j’ai même un peu peur que le classicisme du truc ne penche en faveur d’un vieillissement prématuré des graphismes… Alors qu’on nous annonce l’enquête de Nikolaï en tome 3, la dernière page annonce l’enquête d’Aronn…

note : 7/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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