Nicolas Jarry (scénario)
Augustin Popescu (dessin)
d’après Jean-Luc Istin

Les Maîtres Inquisiteurs, saison 2

tome 11, Zakariel

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 07 décembre 2018 chez Soleil

5 ans se sont écoulés depuis la bataille d’Ares durant laquelle le juge Adrael a combattu et tué sa propre fille, l’impératrice Assinya. Alors que l’Inquisition se relève à peine du chaos dont elle fut l’investigatrice, Assinya est de retour…
Assinya s’est réincarnée et Adrael ne peut se résoudre à l’abandonner à son sort. L’enfant, qui n’est pas encore consciente de son immense pouvoir, est en grand danger…
Un puissant clan orc veut l’utiliser pour contrôler le fleuve-monde et rétablir sa domination en Oscitan. Mais tous les maîtres inquisiteurs qui ont survécu sont déjà en mission. Adrael demande alors à l’elfe Alwënn de convaincre son ancien compagnon, Zakariel, de reprendre du service afin de porter secours à sa fille.

Ce tome 11 de la chouette série Les Maîtres Inquisiteurs intitulé Zakariel commence par le rêve prémonitoire du Haut Juge Adrael : il y a 5 ans de cela il a tué sa fille Assinya de ses propres mains pour sauver l’Oscitan de sa tyrannie, et hanté par sa mort il est persuadé que cette dernière est revenue sur terre et qu’il peut revenir en arrière pour l’empêcher de passer une nouvelle fois du Côté Obscur de la Force…
Pour d’insondables raisons que la raison ignore je n’ai jamais été très fan des histoires de réincarnation… Peu importe, le Haut Juge Adrael confie à Alwënn sa protégée le soin de convaincre Zakariel son fils adoptif désormais maître inquisiteur défroqué de retrouver le nouveau vaisseau de l’âme de sa fille pour lui et pour le monde (car héritière du super-pouvoir de se transformer en dragon avec toutes ses capacités physiques et magiques). Le récit est assez simple puisqu’il consiste en une traque, et une fois le duo magicien humain / garde du corps elfe réuni on remonte la piste en châtiant razzieurs, esclavagistes et complotistes. On enrichit le récit avec le mage noir Etorn qui veut utiliser Zakariel pour réussir là où il a échoué, et le seigneur de guerre orc Aktor qui veut supplanter le chef de guerre orc Torn Skakar. Pourtant il s’agit d’une bonne BD reposant essentiellement sur le relationship drama entre Alwënn et Zakariel : ils défendent tous les deux la cause de la justice qu’ils aiment tous les deux de tout leur cœur, mais Alwënn privilégie la lettre de la loi tandis que Zakariel privilégie l’esprit de la loi. Le clash donc la séparation était inéluctable, mais Alwënn a attendu des années que Zakariel revienne alors que Zakariel attendu des années qu’Alwënn vienne chercher : nous sommes dans « je t’aime moi non plus » dans toute sa splendeur… Mais on va plus loin encore dans les flashbacks. On n’échappe pas à son passé et on est façonné par ses jeunes années : c’est donc ainsi que Zakariel est devenu ce qu’on a fait de lui et ce qu’il a fait de lui-même, et quoi qu’il fasse il reste peu ou prou cet enfant apeuré devenu sauvage pour échapper au danger et à la dure réalité. Sa mission lui offre une chance de rédemption pour devenir quelqu’un de plus grand et de plus noble : en protégeant sa cible, c’est autant lui-même que celle-ci qu’il sauve des chemins de la perdition…

– Leurs âmes sont remises entre les mains du grand tout… Ainsi elle pourront renaître en paix.
– Pourquoi voudraient-elles revenir ici ? Le néant est préférable.
– Si tu le penses vraiment, alors pourquoi continuer à vivre, Zakariel ?
– Même si nous avons une conscience, nous n’en sommes pas moins des animaux avec un puissant instinct de survie. Mais survivre, ce n’est pas vivre.

Zakariel est à la fois Mowgli et Manimal : la communication animale et le contrôle animal ont souvent été dans les univers super-héroïques de DC Comics et Marvel Comics un super-pouvoir de loser, mais dans un univers médiéval-fantastique donc dans une société préindustrielle c’est un super-pouvoir de winner ! C’est même carrément un pouvoir overcheaté, et comme c’est ce que j’ai toujours pensé mille fois merci à mon frère d’armes Nicolas Jarry !

Pour sauver son cœur et son âme Alwënn la bodygard elfe s’élance au secours de Zakariel au péril de sa vie alors que pour sauver son cœur et son âme Zakariel le magicien humain s’élance au secours d’Akia au péril de sa vie : peut-on faire plus épique et plus tragique ??? (j’ai déjà dû voir cela quelque part dans les aventure de Wolverine et consorts, mais encore une fois peu importe)

 

Causons graphismes : depuis ses premières production fantasy Augustin Popescu est clairement en progrès (malgré ici quelques cases ratés et une double page qui aurait pu être epicness si elle n’avait pas été atteinte du syndrome typiquement comics de la guerre des clones), toutefois au sein de l’écurie des Éditions Soleil je me demande s’il n’y pas convergence des graphistes… Si on gagne en qualité on perd en originalité et en personnalité, donc il est probable qu’un nouveau standard mainstream soit en train de naître sous nos yeux…

Causons foreshadowing : si le tome final de cette saison 2 placé sous les signes du twist, du cliffhanger et du crossover est aussi bon que le tome final de la saison 1 cela va être une tuerie… Mais qui sera donc le chef d’orchestre de ce season final entre Istin le prolifique plotmaster ou Cordurié qui a signé un très bon tome 7 et un bon tome 8 ?

PS: après le tome 3 nous revenons sur les terres du Nappan qui reviennent à la vie grâce à au miracle accompli par le Maître Inquisteur Nikolaï grâce à un combo Genkidama + Rozan Shō Ryū Ha (have you ever feel your cosmo ?), et que cela fait du bien de voir évoluer orcs, nains et humains dans un environnement qui se torche le cul avec clichés tolkieniens !

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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