Sylvain Cordurié (scénario)
Andrea Cuneo (dessin)
d’après Jean-Luc Istin

Les Maîtres Inquisiteurs, saison 2

tome 7, Orlias

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 27 septembre 2017 chez Soleil

(ATTENTION SPOILERS saison 1) La victoire contre l’impératrice a coûté la vie à de nombreux Maîtres Inquisiteurs. L’Ordre est affaibli. Une nouvelle ère débute pour l’Inquisition… Depuis la trahison d’Assynia, l’Ordre ne peut faire respecter la loi en Oscitan. Le juge Adrael envoie Orlias dans le désert d’Opkasis, à la forterresse de Yagoss, là où sont isolés des apprentis ayant autrefois provoqué des drames parce qu’ils étaient incapables de contrôler leur pouvoir. Sa mission : leur enseigner à embrasser leur don et faire d’eux une nouvelle génération de Maîtres Inquisiteurs…

Nouvelle saison pour Les Maîtres Inquisiteurs, qui doivent se réinventer pour construire un monde nouveau. Car avec le chaos la magie est revenue plus puissante que jamais, et les magiciens déclinants de la saison 1 sont redevenus les super-héros (ou les supers-vilains) qu’ils avaient naguère été. Mais après les événements tragiques pour ne pas dire cataclysmiques du crossover A la lumière du chaos, l’ordre garant de la paix du monde a vaincu les traîtres qui se cachaient dans leurs rangs certes, mais à quel prix vu qu’il a survécu décimé et désorganisé… Le Juge Adrael leader intérimaire de l’Ordre, donc du Monde Libre, envoie Orlias et son bodyguard elfe Gal’ween dans le désert d’Opkasys recruter les enfants perdus de la forteresse de Yagoss qui ont tous naguère échoués selon les critères de l’ordre ancien… Et il se dévoue tout à la cause de réparer les fêlures de leurs âmes brisées, en les aidant à maîtriser leurs pouvoirs autrefois inquiétants et désormais stupéfiants avec patience et pédagogie… Mais parmi eux se cachent un crevard sociopathe qui, prêt à tout et reste pour devenir le Maître du Monde !!!
Rien à dire sur Sylvain Cordurié qui nous offre scénario, narration et dialogues aux petits oignons, ni sur Andrea Cunéo qui nous offre des graphismes de style comics de belle facture pour ne pas dire de haute qualité. Mais si c’est Gal’ween qui nous raconte l’histoire de ce tome, tout tourne autour d’Orlias qui incarne peut-être les Fantastic Four à lui tout seul, mais qui constitue d’abord et avant tout un formidable émule de Charles Xavier des X-Men !

C’est en excellent enseignant, ferme mais juste, sévère mais bienveillant, qui personnalise et différencie ses action en fonction de chacun pour redonner confiance à des adolescents mutants traumatisés par un pouvoir qui dépasse leur entendement. Du coup on se retrouve au point de croisement des univers de Chris Claremont et des univers d’Agatha Christie avec une enquête en huis-clos où se déchaînent toutes les passions humaines… Les élèves sont prêts à se sacrifier pour leur maître, mais c’est le maître qui se sacrifie pour ses élèves et pour le futur qu’il voit en eux, en se dressant seul et au péril de sa vie contre le crevard qui se croit au-dessus du commun des mortels et qui veut tous les amener et dans les ténèbres de ses ambitions personnelles les lier !
Qui seront donc les héros ou les salauds d’un monde nouveau qu’on risque de revoir dans les tomes suivants ?
Aziel le guérisseur…
Lilo la superwoman…
Iliann le lycanthrope…
Elekhriad le géomancien…
Borkhav l’électrokinésiste…
Tahl le manipulateur d’ombres…
Eliora la télékinésiste de contact…
Rone le manipulateur de lumière…

 

Nul ne se résume à la somme de ses défauts.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets et la convergence est totale entre les récits super-héroïques européens et les récits super-héroïques asiatiques : il n’y a pas de distinction suprématiste entre autoproclamés winners et prétendus losers, mais seulement ceux qui ont trouvé leur voie et la maîtrise de soi et ceux qui n’y sont pas encore parvenus… Mais il y a aussi le « un pour tous » et ceux qui sont prêts à aider leur prochain pour le bien commun, et le « tous pour un » et ceux qui sont prêts exploiter leurs prochains pour leur bien personnel… Peut-être qu’un jour plus proche que lointain les Yankees abandonneront l’idéologie mortifère du darwinisme social, mais c’est pas gagné hein ! (et peut-être qu’un jour les autorités publiques s’occuperont de ce grave problème de santé public qu’est la sociopathie, mais je n’y crois pas non plus parce que c’est dans leurs rangs qu’ils sont les plus nombreux et qu’ils se goinfrent le mieux… ce n’est pas moi qui le dit, mais les études du FBI qu’on a arrêtées parce que certains se sentaient visés !)

PS: désolé pour le porte-monnaie des amateurs des bandes dessinées de l’imaginaire…

note : 8,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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