Tsukasa Hojo

White Sand, tome 1

Comics, fantasy / science-fiction / Planet Opera Publié en VF le 16 avril 2019 chez Graph Zeppelin Publié en VO le 28 juin 2016 (« White Sand  I»)

Un garçon d’à peine seize ans rejoint l’école militaire pour devenir un aussi bon pilote de chasse que son aîné. Mais nous sommes en 1943 au Japon et, au grand désespoir de son frère, l’adolescent reçoit l’ordre d’intégrer une unité kamikaze… Quelques jours avant la fin des hostilités, un groupe d’enfants s’échappe du centre où ils ont été placés, loin de Tokyo, pour leur éviter les bombardements. Au beau milieu des champs de bataille, leur chemin croise celui d’un prisonnier américain évadé… 1935. Un joueur de base-ball membre l’équipe nationale japonaise en tournée aux États-Unis rêve d’une carrière professionnelle sur le continent américain. Malheureusement, le conflit approche à grands pas… Trois moments où le destin se noue, trois histoires simples et touchantes de vies emportées dans le maelström de la Seconde guerre mondiale. Des instants de grâce au milieu de la fureur des combats, quand toute fraternisation semble impossible.

L’auteur a toujours excellé dans les récits courts (héritage Buichi Terasawa), mais ici force de constater qu’ils sont trop court vu la gravité du sujet traité. Avec ce recueil le mangaka au grand cœur Tsukasa Hojo s’attaque aux pires heures vécues pas son pays, celui du Japon Impérial totalitaire dont la xénophobie, le racisme et le suprématisme n’ont jamais vraiment quitté les pensées de ses élites autoproclamées qui aimeraient bien intégrer cette saloperie de ploutocratie mondialisée qui de plus en plus souvent ne pense guère mieux…

Aux Confins du ciel… Dans la tourmente de la guerre
Nous sommes au Japon durant la WWII et Junpei Shirakawa a toujours rêvé de piloter un avion, son grand frère engagé dans l’aviation de l’armée japonaise étant le meilleur exemple qu’il puisse suivre. Il croit son heure enfin venu quand lui aussi est recruté dans les forces aériennes japonaise, mais il ne sait pas que c’est à cause des pertes gigantesques subies aux Îles Midway et aux Îles Salomon. Il parvient à gravir tous les échelons, malgré les quolibets des crevards qui n’ont rien d’autre à foutre que s’en prendre à plus faible qui soit (les exemples ne manquent pas IRL, et j’ai des noms, des noms et encore des noms à proposer à la vindicte public), car tout le monde pense que son père gravement malade est un simulateur antipatriotique (ça me fait penser à la chasse aux faux malades alors que François Fillon alors Premier Ministre était en arrêt maladie pour mal de dos après ses séances d’alpinisme et de sports mécaniques). A cœur vaillant rien n’est impossible, mais Shirakawa apprend que son premier vol sera sans doute le dernier, car il a été intégré avec un escadron de kamikazes… Tout le monde essaye de sauver Junpei de la mort qui lui est promise, et en désespoir de cause c’est son propre frère Shohei qui se propose d’escorter son groupe dans l’espoir de maximiser ses chances de revenir en vie. Et quand les deux frères vont un détour, tout le monde les prend pour déserteur alors qu’ils ne font que leurs adieux à leur père bien-aimé…
ATTENTION COUP DE GUEULE ! Ces salopards impérialistes et suprématistes de yankees ont mis à contributions les journalopes des médias prestitués pour expliquer que balancer la bombe atomique sur la population japonaise c’était pour une juste cause car ces salauds de faces de citrons ne se seraient jamais rendus avec leurs kamikazes fanatiques… En fait c’est exactement l’inverse, car les kamikazes ont été institués car ces salopards impérialistes et suprématistes de yankees avaient refusé absolument toutes leurs conditions de reddition, ne leur laissant comme échappatoire que la victoire ou la mort (la mort étant bien sûr de préférence pour ces salopards d’impérialistes et de suprématistes de yankees). On comprend mieux pourquoi les États-Unis d’Amérique refusent la Cour pénale internationale et font tout pour la torpiller, car ils ne savent que trop bien que dans un monde bien fait ils en seraient sans doute les premiers clients (sans oublier qu’ils ont permis aux pires criminels contre l’humanité de s’en sortir comme si de rien n’était moyennant finances) !

– C’est bien triste que des gens qui ne se connaissent même pas se haïssent au point de s’entre-tuer ! Lors d’une guerre, on oublie trop souvent que l’autre, en face, est aussi un être fait de sang et de larmes… Tant que les hommes ne feront pas d’effort pour essayer de mieux se comprendre, il y aura toujours des conflits !

La Mélodie de Jenny
Narnia au Japon ? Et ben non car la réalité est toujours plus dégueulasse que la fiction donc préparez vos mouchoirs à l’avance pour cette version japonaise d’Après la guerre de Jean-Loup Hubert ou de La Guerre des Lulus de Régis Hautière… Je ne fais aucune différence entre les enfants de Londres déplacés dans les campagnes anglaises pour cause de bombardements intensifs et les enfants de Tokyo déplacés dans les campagnes japonaises pour cause de bombardements intensifs. A l’école communale Matsugaoka pour les enfants déplacés comme dans le reste du pays, les pauvres gosses sont exploités par des Thénardiers bourgeois de la pire espèce avec d’autant plus de facilités que le courrier est censuré et que les fugueurs sont incarcérés pour antipatriotisme
Takashi, Kazuko et Udo Shoichi n’en peuvent plus et s’enfuient retrouver leurs familles : ils savent d’où viennent et où ils vont, mais en tant que citadins la cavale en pleine campagne met leurs capacités de survie à rude épreuve… La solution pourrait venir de David Borgman, musicien vivant depuis 10 ans au Japon qui s’est évadé d’un camp de concentration pour lui aussi retrouver sa famille, mais les enfants parviendront-ils à dépasser la haine des monstres aux yeux clairs qu’on leur a inculqué à l’école ? La musique adoucissant les mœurs David finit par se faire accepter et le petit groupe finit pas avancer, mais arrivés à destination c’est le drame
ATTENTION SPOILERS car on assiste à la destruction de leur ville par les B-29 américains à grands coups de bombes incendiaires (pourtant interdites par la Convention de Genève)… Dave se fait lyncher par une foule en colère alors qu’il n’est pour rien dans leur malheur, Takashi perd sa famille et ses amis et ne sera plus jamais le même. Au fond de la Boîte de Pandore reste-il l’Espoir ? Je vous découvrir les dernière pages du drame… FIN SPOILIERS  et qu’aillent au diable ceux qui divisent pour régner et transformer les hommes qui sont tous frères en ennemis qui sont en tous en guerre (notamment avec cette saloperie de compétitivité mortifère qui tire vers le bas l’humanité toute entière)

American Dream
Un récit à peine moins tragique que les précédents qui se déroule juste avant la WWII. Johnny est un ancien espoir du base-ball dont les rêves se sojnt brisés avec une mauvaise blessure, il est devenu recruteur pour les Los Angeles Padres. Il croit sa dernière chance venue avec Murakawa le lanceur de l’équipe japonaise venue en tournée aux États-Unis. Mieux, c’est peut-être le moyen de vivre son ancien rêve par procuration. Pour Murakawa qui veut devenir joueur professionnel pour sortir de sa famille de la pauvreté et qui est en admiration devant l’énergie e la vitalité de l’Amérique c’est une occasion inespérée… C’est Sam le journaliste et You l’interprète immigrée de 2e génération qui font le lien entre les deux passionnés de base-ball, et on découvre le racisme et la xénophobie du pays de la liberté : oppression, ségrégation, insultes, menaces, lois d’exception faisant des immigrés non WASP des citoyens de seconde zone… Si Murakawa signe son contrat il ne pourra jamais venir en aide à sa famille, et s’il ne le signe pas Johnny perdra son emploi ! Face à tant d’injustice Sam se désolidarise de l’hystérie de son pays, mais il est déjà trop tard : Murakawa mourra à Leyte, Johnny à Iwo-Jima, et You ne ressortira jamais du camp de concentration dans lequel elle avait été internée…
Vous n’étiez pas au courant ? Durant la WWII le leader du monde libre a déporté au moins 150000 de ses concitoyens dans des camps de concentration pour cause de mauvaise couleur de peau, comme George Takei futur acteur de Star Strek dans le camp de camp de Rohwer, et Pat Morita futur acteur de Karaté Kid dans le camp de Gila River… En 1945 chaque déporté reçu 1 ticket de bus et 25$. En 1988 chaque déporté a reçu les excuses de l’État et un dédommagement de 20000$ (dommage que les morts n’aient plus été là pour se voir rendre justice). En 2017 Donald Trump a déclaré que ces internements préventifs avaient été une bonne chose, et qu’il faudrait faire la même chose pour les Musulmans aujourd’hui… Cela va mal finir, une fois de plus !

note : 9/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

Pin It on Pinterest

Share This