Kôhei Horikoshi

My Hero Academia, tome 5 : Shoto Todoroki : les origines

Manga, super-héros
Publié le 9 septembre 2016 aux Éditions Ki-oon

Et c’est parti pour la troisième épreuve du championnat ! Les 16 élèves encore en lice vont s’affronter lors d’un tournoi sans merci… Confronté à un alter de contrôle mental, Deku parvient à gagner son premier duel en activant le One for All dans deux de ses doigts avant d’envoyer son adversaire hors du ring !

Mais le prochain match s’annonce ardu, car son opposant n’est autre que Shoto, et le jeune garçon est bien décidé à l’emporter. De son côté, Ochaco s’apprête à se mesurer à Katsuki… Le combat promet d’être explosif !

Waouh, le nouveau « Naruto » suit les traces de « One-Punch Man » ! Que du bonheur pour petits et grands de 7 à 77 ans !!!
Je suis allé à reculons vers cette nouvelle série du Weekly Shonen Jump, qui a fait un peu n’importe quoi avec les shonens à rallonge des années 2000 qui ont fini en eau de boudin (ça plus des illustrations de couverture assez mainstream et un titre que je trouve assez mal choisi pour ne pas dire assez mauvais)… J’ai vraiment bien fait de passer outre mes réticences même si on reconnaît assez vite les héritiers de Naruto, Sasuke, Sakura et Gaara, Kakashi et Jiraya, parce que mine de rien niveau relationship drama on est plus proche d' »Haikyu !! » et de « Silver Spoon » que des shoneries habituelles !

Les liens du sang ne te définissent pas ! Tu peux devenir celui que tu souhaites !

Dans l’univers de « My Hero Academia », les superpouvoirs ont fait irruption dans la réalité donc dans la banalité (comme dans quantité de séries super-héroïques, mais quand c’est aussi cool et fun qu’ici on ne peut que kiffer sa race ^^) : 80% de la population mondiale deviennent des supers, alors que les 20% restants restent cantonné au rang de normaux… le nombre de crimes a explosé, et pendant que les politiciens se regardaient le nombril (pléonasme ^^) de courageux citoyens ont pris les choses en main en s’inspirant des super-héros de comics américains ! Sous la pression de la population, ils ont obtenus le statut le statut de fonctionnaires et dans un monde nouveau régis par de nouvelles règles ils sont devenus les principaux gardiens de la paix…
Nous suivons dans cet univers les aventures d’Izuku Midoriya, un adolescent fan de superhéros privé de superpouvoirs à l’inverse de l’immense majorité des élèves de son collège qui prennent un malin plaisir à le bolosser voire à harceler et à le maltraiter… On aurait pu avoir la version shonen de l’excellent comic « Kick-Ass », mais le hasard choisi par le mangaka Kohei Horokoshi veut que le boloss au grand coeur fanboy d’All Might, le plus grand héros de tous les temps, devienne l’ami, l’élève et l’héritier d’All Might. du coup, derrière le school life barrré on reprend toutes les thématiques de « Spiderman » (à grands pouvoirs, grande responsabilité, « Batman » (la lutte contre le crime, le devoir d’exemplarité, l’acharnement à défendre les valeurs incarnées…), « Superman » (l’homme d’acier symbole de paix), mais aussi « Captain America » (le faible qui devient fort pour défendre les faibles contre les forts), « Avengers », et « X-Men » ! Allez hop, passons tous en mode super-geek… ^^
All Might est très bien ^^ : derrière la caricature de super-héros yankee tout en muscles et en sourires ultrabright, il y a un homme blessé dans son âme et dans chair, rattrapé par le temps qui passe et désespérément à la recherche d’un héritier capable d’assurer l’équilibre du monde. Mais derrière les archétypes du super-héro lumineux ou du super-héros sombre, il y a un homme hanté par le poids de ses responsabilités qui puise dans ses dernières forces pour incarner aux yeux du monde les valeurs qu’il a toujours défendues et pour retarder la terrible déchéance qu’il sait désormais de plus en plus proche : telle une étoile filante il s’enfonce dans les ténèbres pour briller de mille feux avant son inéluctable fin…
La relation entre le maître et l’élève est très bien ^^ : on est en dans la quête du Héros aux mille et un visages, la plus vieille et la plus belle histoire du monde qui raconte comment tout homme peut devenir plus grand et plus noble (je sais que ce mythe fondateur de l’humanité insupporte les commissaires littéraires, mais il faudra qu’un jour ces derniers se rendent compte qu’eux aussi il font partie de l’humanité). Entre « Karaté Kid » et classiques super-héroïques, on est dans du très bon shonen !
La rivalité entre Izuku et Katsuki est très bien ^^ : au-delà de l’opposition scolaire entre le fresh air vantard et le boloss trouillard, c’est d’abord et surtout l’opposition entre un surdoué, inébranlable mais égotique, et un bosseur, hésitant mais altruiste… C’est l’opposition de l’inné et de l’acquis, de ceux qui héritent de tout et de ce ceux qui doivent tout gagner à force de volonté ! le relationship drama entretenu entre les deux personnages est joliment troussé, le connard égocentrique devant se remettre en cause quand il se fait coiffer au poteau par celui qu’il a toujours haï et méprisé…
Et au final on a une génération de super-héros bénévoles qui reprennent tous les discours humanistes du shonen nekketsu vintage, dont la devise du leader est « un pour tous » / au service de tous, et une génération super-vilains accros au pouvoir et au pognon qui reprennent tous les discours égoïstes et suprématistes des business schools anglo-saxonnes, dont la devise du leader est « tous pour un » / tous à mon service ! Les séquelles de la crise des subprimes sont décidément encore plus profondes que je ne le croyais… Monde de Merde ?
Izuku parviendra-t-il à devenir le nouveau symbole de paix ? Izuku parviendra-t-il à réunir autour de lui la Justice League des temps nouveaux ? Katsuki Bakugô parviendra-t-il à atteindre les sommets sans succomber au Côté Obscur de la Force ? Shôto Todoroki parviendra-t-il à accomplir sa vengeance contre son père sans devenir ce qu’il a voulu faire de lui (cad l’instrument de ses ambitions malsaines) ? Tenya Iida parviendra-t-il à devenir assez fort pour défendre à son tour la cause de son frère et l’honneur de sa famille ? Ochako Uraraka parviendra-t-elle venir en aide à ses parents victimes de la crise économique ?…

Ce tome 5, intitulé « Shoto Todoroki : les origines », voit se conclure le tournoi de shonen démarré dans le tome 3… le mangaka a tout compris : son tournoi est court comme ceux de « Dragon Ball », et pas interminables comme ceux des tâcherons sans imagination (celui de « Yu Yu Hakusho » qui faisait 6 tomes était déjà un peu trop long, alors ceux qui délayent la sauce sur 10, 15, 20 tomes et plus c’est carrément saoulant !).
Parmi les élèves de la Seconde A Katsuki, Ochaco, Izuku, Shoto, Eijiro, Tenya, Fumikage font partie du tableau final, et c’est le duel entre Izuku l’héritier d’All Might le n°1 des super-héros n°1 et Shoto l’héritier d’Endeavor le n°2 des super-héros qui se taille la part du lion… Méprisé par son père qui ne voit en lui que l’instrument de ses ambitions personnelles pour ne pas dire narcissiques, mutilé par sa mère qui a sombré dans sa folie suite au harcèlement de son géniteur violent et méprisant qui ne voyait en elle qu’une poulinière, Shoto a un long chemin à parcourir pour se reconstruire… C’est là qu’intervient Izuku moins motivé par la victoire sur son adversaire que par la victoire de son adversaire sur lui-même !
Je vous laisse la surprise du dénouement du combat et du tournoi, mais les personnages rassemblent plus que jamais à ceux de Masashi Kishimoto le mentor de Kohei Horikishi, donc cela fait plaisir de voir évoluer les successeurs de Naruto, Sasuke, Sakura, Gaara et cie… (Mais là où le maître alourdissait parfois son propos en piochant dans le pathos de « Saint Seiya » et d' »Hokuto no Ken », l’auteur sait rester plus léger donc plus frais ^^)

Ce sont des heures sombres qui attendent Izuku et ses compagnons : le maître et l’élève siths continuent de comploter dans l’ombre, Shoto tente de renouer avec sa mère risque de s’attirer le courroux de son père, notre héros est hanté par de mystérieux fantômes (anciens possesseurs du One For All, ou anciennes victimes des possesseurs du All For One ?), et Stain le tueur de héros débarque en ville en faisant du grand frère de Tenya sa première victime… (est-ce un détournement de Stan Lee le créateur de héros ? non parce qu’il recours quand même à tous les gimmicks des personnages Marvel ^^)

Encore une fois, l’auteur passe systématiquement en mode serious business quand le propos se veut épique, donc il nous offre des pages voire des doubles pages qui pètent une classe de ouf ! Plus Ultra ou Nec Plus Ultra ??? Dans tous les cas Justice Forever !!! to be continued…

note : 8,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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