Mari Yamazaki
(scénario & dessin)

Olympia Kyklos, tome 1

Manga, histoire / antiquité 
Publié en VF le 17 mars chez Casterman
Publié en VO à partir de 2018 par la Shueisha dans Grand Jump (« オリンピア・キュクロス »)

Grèce, IVe siècle avant notre ère. Démétrios, malgré ses aptitudes sportives, ne rêve que de vivre de son métier de peintre sur céramique. Et de ravir le cœur de la belle Apollonia, la fille du patriarche… Mais le voici désigné par ses concitoyens pour résoudre le conflit qui les oppose à la cité voisine! Alors qu’il se lamente sur son sort, la foudre frappe, Démétrios est projeté dans le Tokyo de 1964, en plein Jeux Olympiques ! Y trouvera-i-il le moyen de sauver son village ?

Démétrios est un citoyen de la cité de Tritonia au IVe siècle avant Jésus-Christ. Il est peintre dans un atelier de céramique, dessinateur de shojo avant l’heure qui dessine des mondes qui ne verront jamais le jour… Pour ne rien gâcher son seul ami est Ampelius, fiancé à la noble Apollonia dont il secrètement amoureux, et il se console en nageant avec la dauphine qu’il a prénommée « Apollonia ». Mais Démétrios a un don, un corps d’athlète accompli. Il a le physique d’un champion mais pas la mentalité qui va avec, car il exècre viscéralement la compétition « guerre par procuation » depuis que la guerre lui a pris ses parents et l’a rendu orphelin (vous savez, ce truc mortifère que les gouvernements du monde entier infligent à leurs populations parce qu’on leur retirer le droit de balancer des armes de destructions massives sur leurs voisins)… C’est donc à intervalles réguliers que les membres de sa communauté le supplie de les représenter pour les sauver !

Mari Yamazaki qui possède la double casquette de l’Orient et de l’Occident à tout compris : le sport en tant que compétition est une malédiction, avec un gagnant portées aux nues et des perdants voués aux gémonies (mais les gouvernements du monde entier nous disent que c’est très bien ainsi, espérant tous être dans le camp des gagnants bien que leurs peuples risquent tous d’être dans le camp des perdants), mais le sport en tant que spectacle est une bénédiction, car c’est une fête qui rassemble les gens et leur redonne espoir…

La force, l’énergie, appelez ça comme vous voulez, c’est quelque chose qui peut se partager… Et je ne connais pas de plus grande joie.

Elle reprend le truc de Thermae Romae, à savoir qu’à chaque fois que son héros est dans une impasse il est transporté dans le monde moderne qui lui donne les idées pour débloquer la situation dans le monde antique (et je vous laisse le plaisir due découvrir le choc temporel donc culturel). Ici Démétrios est transporté au Japon en 1964, année des Jeux Olympiques de Tokyo qui permirent à tout un peuple d’oublier les horreurs de la WWII, et son guide est le Professeur Iwaya qui ressemble beaucoup trop à Gandhi pour que cela soit fortuit…

ATTENTION SPOILERS Une cité voisine veut annexer Tritonia*, Démétrios remporte une course à l’œuf. Tritonia s’étiole, Démérios organise un portée de flamme et une grande fête populaire. Tritonia s’étiole encore plus, Démétrios organise une course d’endurance pour faire parler de sa cité (parvenant même à transformer des bandits de grand chemin en gardes du corps)… Mais le comité olympique tellement prêt de ses sous qu’il est prêt à pactiser avec le diable (remember les jeux Olympiques de Berlin en 1936), commence à s’intéresser au génie du marketing qui habite la cité de Tritonia. To Be Continued !!! FIN SPOILERS

* Mari Yamazaki est incontestablement une grande humaniste. C’est à se demander si Hitoshi Iwaaki n’est pas derrière elle (Kiseiju / Parasite, mais aussi Eureka et Historia : les vrais savent). Il y a ceux qui veulent juste vivre tranquillement leur vie, et ceux qui veulent dominer et exploiter celle des autres juste pour donner un sens à la leur. Thucydide expliquait tellement bien cela dans la controverse des Méliens dans son Histoire de la Guerre de du Péloponnèse, que Mari Yamazaki se fait une joie de reprendre tout cela presque tel quel… Et quand tu écoutes les élus par effraction LREM, on peut légitimement se dire que rien n’a changé en 2500 ans : putain quel monde de merde !

note : 8+/10

Alfaric

0 commentaires

Laisser un commentaire

Pin It on Pinterest

Share This