Nicolas Jarry (scénario)
Stéphane Créty (dessin)

Orcs & Gobelins, tome 3 :

Gri’im

Bande dessinée, fantasy
Publié le 11 avril 2018 chez Soleil

Il n’y a pas pire ennemi qu’un vieil orc qui a tout perdu. Après trente années d’emprisonnement et de tortures, Gri’im est enfin libre. Autrefois, seigneur de guerre, il n’est plus qu’un vieil Orc brisé, brûlant de se venger. Mais, traqué comme une bête, blessé, il cherche refuge auprès d’une caravane d’humains qui se rend à Aspen. Depuis la guerre des Goules, la cité est censée être déserte, mais un prédateur aussi ancien que redouté, éveillé par la magie de l’elfe bleue Lanawyn, rôde…

Entre survie et horreur, ce tome 3 de la série Orcs et Gobelins s’avère être un mix entre Conan et King Kong : trop cool !!!
Nous découvrons un colosse peau verte vétéran de nombreuses aventures et de nombreuses batailles à la fois en cavale, traqué par chasseurs de primes du Roi de Talhance qui veut sa tête, et en quête de vengeance, pour tuer le sorcier qui les vendu lui et ses compagnons d’armes… En route vers le nord, il rencontre la jeune Syll et la prend en otage pour obliger son père Obern à le recueillir le temps qu’il soigne ses blessures guérissent. Comme le chef de caravane n’a qu’une parole, il se retrouve à accompagner toute une expédition armée jusqu’aux dents en route vers le la Cité d’Aspen, ville fantôme abandonnée par les hommes et par les dieux depuis qu’elle fût la première et tragique victime de la peste zombie et de la guerre contre les goules… Sauf qu’au sein de l’expédition la tension monte inexorablement entre les honnêtes gens qui sont là pour exploiter à nouveau le nombreuses mines de la région et les crevards qui sont là juste pour le pillage ! Alors qu’Obern identifie les restes de la caravane de son frère, on apprend qu’une horreur sans nom s’est abattue sur la région depuis qu’on a découvert une série de tombeaux tout autant cyclopéens qu’antédiluviens… Se met alors en place un bon vieux survival des familles où l’homme s’avère une fois de plus un loup pour l’homme !

Ceux qui survivent ne sont jamais les plus forts ou les plus déterminés… Ce sont ceux qui savent s’adapter, quelle que soit la situation, même si ça contredit leur instinct ou leurs principes.

Alors on retrouve la narration riche en phylactères de Nicolas Jarry, car en plus des dialogues tout est raconté à la première personne par Gri’im qui nous fait partager ses émotions et ses réflexions, et force est de constater qu’il emprunte peu ou prou à Conan version R.E. Howard ou version John Milius ! Et on retrouve les graphismes de Stéphane Créty assisté aux couleurs de J. Nanjan : alors oui tout n’est pas parfait, mais je suis obligé de signaler que depuis qu’il a commencé à travailler sur l’univers des Terres d’Arran il n’a cessé de s’améliorer et que c’est vraiment de mieux en mieux à tous les niveaux (avec quelques planches carrément très réussies) ! Ce qui empêche la fête d’être parfaite, c’est qu’il y a beaucoup de sous-intrigues qui s’entremêlent pour un stand alone de 60 pages, et que les ressemblances visuelles entre plusieurs personnages n’aident pas non plus à s’y retrouver… Alors on a au final :
ATTENTION SPOILERS
– l’histoire de Gri’im qui est ce qu’on a fait de lui… abandonné par sa mère qui voulait se sauver elle et sa soeur, il a été recueilli par un sorcier qui a fait de lui son champion après l’avoir transformé en super-héros à la Wolverine qui guérit de toutes ses blessures dès que tombe la nuit… Puis chef d’armée, on l’a envoyé au casse-pipe avant de l’abandonner à nouveau : seul survivant de tous ceux qui furent envoyés au massacre, il ne vit plus que pour se venger de celui qui l’a façonné à son image !
– on a aussi la relation douce-amère entre Gri’im qui cynique ne croit plus en rien et en personne et l’idéaliste Syll qui a envie de croire en quelque chose de grand et de noble : l’orc qui n’a connu que racisme et suprématisme rencontre une jeune âme qui n’a que faire des barrières entres les espèces, et il ne sait pas trop comment gérer cette situation pleine d’espoir pour lui et toutes les êtres des Terres d’Arran…
– il y a donc toute une partie survival avec des géants simiesques en armure qui traquent tous les membres de l’expédition pour donner libre cours à de sombres appétits anthropophages mais pas que justement…Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Que veulent-ils ? Et peut-être qui les contrôlent, de quelle manière et dans quel but ???
– il y a les tensions entre Karadem le chef mercenaire et son second Torn plus ou moins félon, et Joach le guerrier ne sait pas à quelle faction il doit se rallier (d’autant plus que l’amour de sa vie s’avère être l’épouse d’Obern leur employeur)
– et il y a un whodunit autour de Dame Solei qui cache son âge, son passé et son pedigree…
FIN SPOILERS

Mais au final je n’ai pas boudé mon plaisir et je reverrai les survivants de ce survival avec plaisir : décidément c’est dans une veine très gemmellienne que Nicolas Jarry est devenu une valeur plus que sûre de la French Fantasy !

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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