Boichi

Origin, tome 6

Manga, seinen, SF, cyberpunk
Publié en VF le 04 septembre 2019 chez Pika Édition

En combattant les dix Gon humanoïdes, Origin voit son corps se détruire peu à peu. C’est alors qu’apparaît le vrai Gon sous une enveloppe corporelle gigantesque et doté d’une puissance de combat phénoménale. Au bord de l’autodestruction, Origin décide malgré tout de continuer à se battre pour protéger Mai Hirose et entrevoit même le point faible de son ennemi. De leur côté, les humains tentent de s’échapper du Centre par le tunnel central, mais le Gon n° 1 les rattrape…

Dans ce tome 6 Jin c’est à Kyôto que Jin l’androïde et les humains affrontent chacun de leur côté le robot Gon et ses différente clones dans les entrailles du centre de la recherche en intelligence artificielle surnommé l’AI-Stadt. Boichi a su trouver le bon rythme et le bon équilibre, mais l’action, la stratégie et les thématiques survivalistes (l’homme est-il un loup pour loup et est-il prêt à sacrifier ses semblables pour sauver sa peau et seulement sa peau?), l’intéresse moins que l’évolution psychologique de son Pinocchio cyberpunk. On nous l’a toujours montré de l’intérieur, secret et calculateur, cherchant égoïstement à ne pas divulguer son existence et à la protéger de tous ses ennemis potentiels. Ici il agit son altruisme le fait agir de manière de plus en plus illogique et c’est au cœur de la folie qu’il place des vies avant la sienne donc qu’il est prêt à sacrifier son existence pour en protéger d’autres : Jin n’agit plus en machine, mais un être vivant, non par programmation des Lois d’Asimov mais pas son propre choix…

– C’est toi le chef ici ! Tu dois sauver les membres de ton équipe encore en vie !
-T’es débile, ma parole ! Rien à voir avec mon équipe ! On a embauché ces gens aux services généraux parce qu’ils coûtent moins cher que des robots ! Leur métier va disparaître un jour, de toute façon ! Même s’ils s’en sortent aujourd’hui… ils mourront de faim dans quelques années !

Comme dans Gunnm nous sommes dans une course à l’intelligence :
– « Y » la divinité informatique et son vis-à-vis organique considèrent que les intelligences supérieures n’ont pas à interférer avec les intelligences inférieures
– la Team Ken a trouvé ce qu’elle cherchait et en visant à multiplier l’intelligence de ses membres par 5 pour devenir 1000 fois plus intelligents que les humains elle désir contrôler l’humanité
– Jin s’est fait dépasser par ses frères et sœurs robotiques, mais en apprenant sans le savoir l’empathie c’est lui qui est le bonne voie pour un jour devenir aussi proche que possible du Dieu originel des humains

Quand la SF japonaise se veut ambitieuse, elle tombe toujours dans la philosophie, et quand elle tombe dans la philosophie elle se noie dans la métaphysique, et quand elle se noie dans la métaphysique ça finit toujours en eau de boudin (d’ailleurs la rencontre entre Y et son vis-à-vis organique n’est pas très loin de la rencontre de Griffith avec Idea dans le chapitre secret du Berserk de Kentaro Miura). C’est les dernières pages consacrées à ces thèmes qui font un peu baisser l’intérêt tout en posant un foreshadowing qui pourrait s’avérer passionnant : comment Jin va survivre à ses rivaux pour devenir un Jésus Christ robotique ? Boichi se fait plaisir en donnant à « Y » l’apparence d’une héroïne de manga des années 1980, c’est-à-dire trop sexy pour être honnête avec quelques accessoires de mode tendancieux (pour ne pas dire prostipute)…

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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