Eiichi Kitano
(scénario & dessin)

L’Oxalis et l’Or, tome 1 

Manga, histoire / XIXe siècle
Publié en VF le 16 septembre 2020 chez Glénat Manga
Publié en VO à partir de 2019 par la Shueisha dans Ultra Jump (« Katabami to Ougon / 片喰と黄金 »)

1848. La découverte de pépites en Californie déclenche un ruée vers l’or. L’année suivante, en 1849, la rumeur se répand dans le monde entier, attirant les aventuriers dans un bourgade encore anonyme… Au même moment, dans une Irlande ravagée par la Grande Famine, Amelia et Conor ont tout perdu. Elle, la maîtresse, et lui, le serviteur, décident de partir vers la Californie, afin de changer leur vie.​

L’Oxalis et l’Or est une série qui démarre janvier 1849 : nous sommes en Irlande, et les Irlandais meurent de froid et de faim par milliers, dizaines de milliers, centaines de milliers… Oui le climat plus froid et plus humide a favorisé une épidémie de mildiou, oui l’épidémie de mildiou a détruit les récoltes de pommes de terre dans un pays où la culture de la pomme de terre avait été rendu obligatoire par les élites autoproclamées anglaises pour des raisons mercantiles que la raison non mercantile ignore. Mais surtout, alors que dans des régions entières des familles entières mouraient de faim, des convois de nourriture irlandaise appartenant aux élites autoproclamées anglaises escortés par l’armée anglaise partaient vers l’Angleterre nourrir les grosses bedaines des élites autoproclamées anglaises. La situation était tellement désastreuse bien avant cette date que le Pape Grégoire XVI et le Sultan Abdülmecit Ier envoyèrent des aides humanitaires pour sauver ce qui pouvait l’être, mais cette pétasse de Reine Victoria n’a pas supporté que des gens puissent faire preuve de plus d’humanité qu’elle donc elle a tout fait pour que cette aide humanitaire n’arrive jamais à destination. D’où des milliers de morts supplémentaires, mais pour les élites autoproclamées anglaises ce n’était pas grave car les Irlandais n’était pas humains puisqu’ils n’étaient pas anglicans et ne parlaient pas anglais… Il faut supprimer les élites autoproclamées de « l’entre qu’eux », sinon nous autres êtres humains on va tous crever comme les Irlandais du milieu du XIXe siècle…

Les enfants sont d’une inconscience vertigineuse ! 

Amélia O’Neal dernière chef de son clan et Conor Bowen dernier serviteur de son clan ont tout perdu, et ils en sont réduits à détrousser des cadavres quand ils tombent sur Irël qui n’est pas mort mais qui aurait aimé l’être… Les premiers veulent rejoindre l’Amérique parce qu’ils veulent encore croire en l’avenir, le second voulait rejoindre l’Amérique parce qu’il a croyait en l’avenir. Mais à la mort de sa fille il a tout perdu et a renoncé à vivre. Sa rencontre avec Conor et Amélia lui donne un raison de s’accrocher, et il va tout faire pour qu’ils obtienne une seconde chance…

ATTENTION SPOILERS Irël se sacrifie pour que ses deux protégés puissent réaliser leurs rêves en Amérique. Pendant le trajet réalisé dans d’ignobles conditions sanitaires, Amélia se lie d’amitié avec le misanthrope Darragh Murray, détrousseur de cadavre et usurpateur d’identité… Amélia pleure toute les larmes de son corps car ce dernier ne survie pas à leur traversée de l’Atlantique, mais récupère son sésame vers Baltimore récupéré sur un cadavre… Mais avant cela, il faut survivre à New York, et après avoir affronté divers escroc WASP le duo maîtresse / serviteur est rapidement confronté au racisme et à la xénophobie du cauchemar américain avec William Cutting dit « Bill le Boucher » ! FIN SPOILERS

Sur la forme j’aurais aimé dire que les graphismes sont réussis, mais avec un charadesign aussi mainstream ce n’est malheureusement pas possible… Sur le fond je ne suis pas loin de penser que le mangaka a raté le coche. On aurait pu avoir Amélia prête à tout et au reste pour devenir riche donc ne plus subir les affres de la pauvreté (qualifiés de privilèges par les inhumains hypercapitalistes ultralibéraux), Connor lié à elle par le tabou du cannibalisme ne sachant plus à quels saints se vouer, et Irël qui entre bon samaritain et bon génie aurait joué les rôles de mentor et de Jiminy Cricket… Oui mais non, on retombe dans le cliché désormais presque éculé du duo maîtresse / serviteur qui force est de constater est plus ou moins réducteur… Je suis critique certes, mais l’ensemble reste pour autant assez pour ne pas dire très intéressant !

note : 7/10

Alfaric

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