Luca Blengino (scénario)
Antonio Sarchione (dessin)

Reines de sang :

Les Trois Julia

Tome 1, La Princesse de la poussière

(pour public averti)

 

Bande dessinée, histoire / antiquité
Publiée le 26 septembre 2018 chez Delcourt

218 après J.-C. Après avoir comploté pour faire assassiner Caracalla, l’ancien préfet Macrin, devenu empereur de Rome, fait exiler en Syrie Julia Maesa, la tante du souverain déchu. De là, cette dernière commence à comploter pour reprendre la place qu’elle estime être la sienne. L’outil principal de sa vengeance : son neveu Varius Avitus Bassianus, adepte du culte de la Pierre noire, qu’elle entend bien faire sacrer Empereur de Rome.

Après une série consacrée à la Divine Cléopâtre, la très italienne collection Les Reines de Sang revient à l’Antiquité !

Avril 217 après Jésus Christ : déjà traumatisée par l’assassinat de son fils Géta, l’impératrice mère Julia Domna apprend la mort de son fils Caracalla des mains d’un assassin envoyé par le préfet du prétoire Macrin… N’ayant plus rien à perdre on ne sait si elle se suicida ou si elle mourut en essayant d’extraire la tumeur qui empoisonnait son sein gauche… La dynastie sévérienne semble s’éteindre, mais si la branche paternelle africaine rend les armes la branche maternelle syrienne ne se laisse pas faire ! Julia Maesa sœur de Julia Domna est bannie de Rome et sommée de retourner chez elle en Syrie, mais à Rome le nouvel empereur n’y est pas encore donc le temps peut jouer pour elle et son clan. Ses neveux sont morts sans héritiers ?

Qu’importe elle en fabrique en la personne de son petit-fils, destinée à la prêtrise de la météorite adorée comme un dieu qui alimente le culte le plus puissante d’orient… La gens Julia d’Emèse joue son va-tout sur une rumeur, et c’est la course contre la montre entre les candidats au trône : c’est à qui ralliera le plus de monde à sa cause, et Macrin lui aussi en quête de légitimité et qui lui aussi rêve de dynastie a déjà beaucoup dépensé pour obtenir une paix défavorable avec les Parthes. Après le temps, c’est la richesse qui joue pour Julia Maesa et son clan… Mais si Varius Avitus Bassianus est prêt à la grandeur pour devenir Marcus Aurelius Antoninus, c’est un mystique et non un politique et l’Histoire se souviendra de lui sous le surnom d’Héliogabal !

Les temps changent et chaque changement amène son lot de malheurs mais aussi nombre d’opportunités.

La première planche blockbustérienne nous montre le crash d’une météorite dans le désert syrien : pendant une génération les femmes du clan d’Emèse, Julia Maesa, Julia Soaemias et Julia Mamaea, règnent d’une main de fer sur l’empire romain à travers les jeunes hommes de leur clan à savoir Héliogabale et Sévère Alexandre avant d’être à leur tout balayées par les vents du changement…

On sent tout de suite et de bout en bout la passion ! Bon scénariste et bon dialoguiste Luca Blengino s’éclate à restituer le game of thrones romain vu et fait par les femmes, en nous plongeant dans une époque moins connue et moins usitée que celles de la révolution césarienne ou celle de la restauration augustéenne : tous les coups sont permis, et il faut vaincre ou périr car malheur au vaincu.

Antonio Sarchione n’est pas un top dessinateur mais lui aussi m’a semblé passionné pour réaliser un travail soigné à défaut d’être d’une qualité irréprochable, et pour ne rien gâcher qui dit bande dessinée italienne dit érotisme de bon aloi (héritage Milo Manara). C’est peut-être les couleurs de Gaétan Georges qui ne sont pas au diapason car les aplats numérique font trop artificiels pour un bon vieux peplum des familles…

To Be Continued certes, mais on sait par avance comment tout cela finira : dans le sang et les larmes, avec un dynastie sévérienne emportée par le monstre qu’elle a créée avant 70 ans d’anarchie militaire… Pour y mettre fin, il faudra les réformes dioclétiennes et la conversion à la religion chrétienne de l’empire romain sous Constantin !

note : 7,5/10

Alfaric

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