Luca Blengino (scénario)
Antonio Sarchione (dessin)

Reines de sang :

Les Trois Julia

Tome 2, La Princesse du Soleil Invincible

(pour public averti)

 

Bande dessinée, histoire / antiquité
Publiée le 18 mars 2020 chez Delcourt

219 après J.-C. Après la défaite de Macrin, Héliogabale, nouvel Empereur de Rome, arrive dans la Ville éternelle pour s’installer sur le trône. Acclamé par le peuple, il est le souverain de tous les excès, partageant son temps entre les bacchanales et l’adoration de la pierre noire, symbole du culte d’Émèse. Sa mère, l’intrigante Julia Soemias, va encore plus loin, elle oeuvre secrètement à imposer le culte du dieu solaire à l’empire tout entier…

Dans ce tome 2 intitulé La Princesse du Soleil Invincible, Rome attend son nouvel empereur, et c’est en grande pompe qu’on fête l’arrivée et l’accession à la pourpre impérial de l’enfant prodigue de la Dynastie des Antonins : pour les civils du pains et des jeux, pour les soldats du vin et des putes, et pour les sénateurs et les chevaliers récalcitrant et /ou contestataires des espions pour dénoncer et des assassins pour exécuter.

Le Clan d’Emèse fait une OPA sur l’Empire Romain, et si pendant que Varius Avitus Bassianus et Julia Soæmias Bassiana font la fête H24, c’est la grand-mère Julia Maesa qui se tape tout le boulot. Mais même elle et son vieux compagnon Publius Valerius Comazon ne sont pas à l’abri des caprices et des folies de l’empereur qui se prend pour une impératrice et de la reine-mère persuadée d’avoir engendrée un dieu (comme le prouve le massacre sans aucune raison de leur compère Gannys)…

Car la mère est une nymphomane complètement barré, et le fils la fois travesti et homosexuel est aussi sado-masochiste et gynophobe en plus d’être encore plus cinglé qu’elle : l’un comme l’autre sont constamment dans la folie douce, et traversé par des élans mystiques parfois ils peuvent avoir des crises de folie dure (on tue n’importe qui sans raison et on épargne n’importe qui sans raison non plus). Ce qui les réunit c’est leur vénération de Sol Invictus dont il veut fait le principal dieu de Rome avant d’en faire le seul dieu de Rome, et beaucoup se demandent s’ils ne sont pas aussi fous que ces cinglés de chrétiens !

– Je… Je peux savoir ce que vous faites ?
– On choisit les nouveaux préfets.
– Pourquoi sont-ils nus ?
– Parce qu’on a décidé que le meilleur critère pour leur attribution, c’est la taille de leur sexe.
– Mais c’est n’importe quoi !
– Tu trouves ? Moi j’estime que c’est un paramètre comme les autres… aussi valide que le clientélisme, le népotisme, l’adulation ou la corruption… pas vrai ?

Évidemment intrigues et complots vont bon train, et Julia Maesa et Publius Valerius Comazon se demandent bien s’ils être pour ou contre le coup d’État contre ceux qu’ils son mis sur le trône impérial. Les conservateurs tentent leur chance, mais ils sont dénoncés avant la mise en œuvre de leurs plans et c’est la curée. Nos deux compères se demandent si leur « neutralité » dans l’affaire ne pas se traduire par leur exécution à eux aussi. C’est là que débarque Julia Mamaea !
ATTENTION SPOILERS Qui leur explique que c’est elle qui a fait échouer le coup d’État, pour réussir son d’État à elle : Rome veut un César à la tête de son empire, et elle en propos un : son fils Gessius Bassianus Alexianus, dit Sévère Alexandre, qui a l’avantage de ne pas être complètement cinglé… FIN SPOILERS

Avec toutes ces frasques sexuelles il y a du cul, du cul, et encore du cul. Milo Manara applaudit des deux mains ses collègues italiens (si niveau décors Antonio Sarchione reste bien moins bon que Gilles Chaillet, ça reste quand même pas mal hein). Mais qu’en est-il du fond ? Les auteurs retracent que l’Histoire a retenu, et nous ne connaissons cette période de l’Histoire que par les écrits de Dion Cassius, et c’est un peu comme si on faisait celle de Boris Johnson avec News of the World ou celle d’Emmanuel Macron avec Closer.

note : 7-/10

Alfaric

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