Nicolas Mitric (scénario) & Sylvain Guinebaud (dessin)

Sept, saison 2 épisode 5 : Sept Dragons

Bande dessinée, fantasy
Publié le 21 mars 2012 chez Delcourt

Ulydas, jeune roi de la lignée des Drakonspacci, veut racheter son honneur, qu’il ternit jadis en refusant de devenir un tueur de dragons. Il s’est donc juré d’exterminer les sept derniers dragons de ce monde. Seul, il n’a aucune chance, mais à ses côtés voyagent six guerriers aussi déterminés que lui à accomplir cet exploit, pour des raisons disparates… et parfois même inavouables !

Ce 5e tome de la saison 2, intitulé Sept Dragons, est logiquement place sous le signe de l’heroic fantasy…
A la mort de son père le prince Ulydas, jadis banni de la dynastie des Drakonspacci, monte sur le trône de sa famille avec l’intention d’éradiquer les derniers dragons du monde, et il part en quête avec son frère Adamantis, l’Amazone Skanda, le samouraï Xhô et un shaman sans nom, avant d’être rejoint par le reine Freidig et le berserker Thor Wald… C’est ainsi que nous suivons leurs exploits héroïques contre l’Hydre de Lerne, un dragon oriental en flashback, un monstre marin dans une traque océanique qui emprunte au Moby Dick d’Herman Melville, un dragon de glace, un dragon de feu et le Jörmungand !
Mais le twist final retourne toute l’histoire qu’on nous a racontée : comme dans moult tome de La Geste des Chevaliers Dragons nous ne sommes pas dans l’heroic fantasy, mais dans la dark fantasy ! Difficile de parler d’un récit à chute sans parler de la chute donc sans spoiler, mais ceux qui ont déjà rencontré le personnage de Keyser Söze dans Usual Suspects sauront de quoi je parle…
ACHTUNG SPOILERS La magnifique chanson de geste qui scande le tome n’est pas un chant d’espoir qui parle des exploits de la team Ulydas, mais un chant de désespoir qui parle de leurs méfaits. Ulydas a trompé et manipulé son pays, sa famille et ses compagnons des plus viles des manières, et donc tous meurent salement et tragiquement pour qu’il parviennent à accomplir son objectif bassement personnel : le pouvoir éternel ! Donc le héros était le dernier des salauds !!! FIN SPOILERS

– Tu veux dire qu’il a quitté son pays à l’autre bout de la terre juste parce qu’il t’a sauvé la vie ? Ha, Ha, Ha ! Quel imbécile !
– Lorsque tu auras voyagé autant que je l’ai fait, tu comprendras qu’il existe une infinité de façon de considérer ce qui donne valeur à sa vie. Et que ce qui peut t’apparaître à toi comme ridicule est pour certains peuples la plus haute manifestation de l’honneur !

J’ai adoré la déconstruction réalisé par Nicolas Mitric de ce qui n’aurait pu être qu’un Monster Hunter à l’européenne, il prend personnages et lecteurs à contre-pied mais il y a vraiment des trucs qui m’ont fait un peu tiquer quand même donc je je n’ai pas pu lâcher les étoiles :
– le principe de la série c’est de mettre 7 personnages en scène, or ici 2 d’entre eux déboulent à quelques pages de la fin donc trop trad pour être exploités
– la dynamique du groupe est réduite puisque si les dialogues « je t’aime moi non plus » entre Ulydas, Adamantis et Skanda sont bien fichus, le samouraï et le shaman ne décroche pas un mot de tout l’album !
– le 7e dragon est à mi-chemin entre le xénomorphe de Ridley Scott dans Alien et le seigneur démon de de Ridley Scott dans Legend… WTF ???
– pas fan des dessins comics voire cartoonesques de Sylvain Guinebaud, dans cet album joliment assisté aux couleurs de Sébastien Gérard, pourtant capable de belles choses ici comme ailleurs (les décors et les monstres sont très réussis !)… mais Skanda qui a boobs plus gros que la tête, la reine en armure qui ressemble à un playmobil atteint du Syndrome de Marfan ou Adamantis qui change d’âge d’une planche à l’autre ce n’est pas passé avec moi…

note : 6/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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