Nikiichi Tobita
(scénario & dessin)

Shinobi Gataki, tome 2

Manga, fantastique / uchronie
Publié en VF le 05 décembre 2019 chez Kurokawa
Publié en VO en 2016 par Shogakukan dans Ura Sunday puis Manga One (« Shinobigataki »)

Toranosuke est un Samouraï dont la famille a été décimée par des Ninjas, qu’il chasse sans répit depuis ce jour. Il rejoint d’autres combattants pour mener à bien une mission : assassiner Nobukage Onaga. Accompagné d’Akari, ce groupe hétéroclite se met ainsi en route, mais tout ne va pas se passer comme prévu… Alors qu’il ne vivait que pour la vengeance, notre Samouraï sent que ses convictions vacillent…

Dans ce tome 2, après un test musclé Manoshita prépare ses « expandables » Kabuto, Tenjin, Ayako, Kinji, Toranosuke et Akari pour assassiner le roi-démon, le roi-ninja Nobukage Onaga. Le plan est de l’isoler de son armée, et que les « expandables » se charges de ses gardes du corps aux pouvoirs surhumains pour que lui-même le prenne la vie quitte à sacrifier sa propre vie. Mais même en ayant prévu un Plan B, rien ne se passe comme prévu. L’opération d’assassinat devient ainsi une opération de sauvetage, et c’est reparti pour une nouvelle opération commando !

Mêmes qualités et mêmes défauts que pour le tome 1 : le mangaka meilleur dessinateur que scénariste raconte le pathos le plus sérieux du le monde avec une mise en scène plus au moins naïve pleine de stéréotypes sur le fond ou sur la forme. On dirait un scénario de jeu vidéo, et j’ai envie de dire pourquoi déguiser Oda Nobunaga en Nobukage Onaga dans un uchronie fantastique pour ressortir dès le tome 2 les Takeda Shingen et Uesugi Kenshin du Sengoku Jidai IRL ?

– Tu vas ruiner ta vie si tu n’as toujours en tête que la vengeance !

Pourtant ce tome 2 est finalement plus réussi donc plus plaisant que le tome 1. Déjà le côté « expandables » mélangeant action et humour est très sympathique. Ensuite l’évolution psychologique de l’antihéros Toranosuke en quête de vengeance est très appréciable. Toranosuke est obnubilé par son ancien ami d’enfance Kazemaru Kusame, et dans sa quête de vengeance il prêt à sacrifier tous ses compagnons d’armes. Le fait qu’Akari mette sa vie avant la sienne le fait douter, et quand il se retrouve mutilé et handicapé il supplie ses compagnons d’armes de l’accepter parmi eux pour accomplir un tâche plus grande et plus noble qu’eux tous réunis.

C’est peu ou prou le cheminement du héros dans le film La Rage du Tigre, 3e épisode de la trilogie wu xia du Sabreur Manchot de Chang Cheh qui inspira fortement George Lucas pour le cheminement de Luke Skywalker dans sa trilogie space-opera Starwars. Nous sommes dans la Quête du Héros aux mille et un visages, et forcément les inquisiteurs culturels et les commissaires littéraires qui ont toujours qualifiée ce mythe universel d’affreux cliché pour les teubés s’étranglent de rage : qu’ils aillent tous au diable, le monde n’a pas besoin d’élitistes à la con et de petits cercles intellos prout prout…

Après je ne sais pas trop où veux aller le mangaka. Kazemaru Kusame n’a pas trahi pour rejoindre les rang du tyran, c’est le tyran qui a trahi son clan pour rejoindre le Côté Obscur amené par Kazemaru Kusame. Mais ce n’est pas super cohérent, car le créateur qui agit avec noblesse obéit aveuglément à sa créature qui agit avec bassesse. Et je ne parle même du super-pouvoir démoniaque / ninja que Kazemaru a partagé avec son ancien ami d’enfance avant de le lui reprendre de force… To Be Continued ?

note : 6,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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