Jean-Pierre Pécau (scénario)
Benoît Dellac (dessin)

Sonora, tome 1 : La Vengeance

Bande dessinée, histoire / western
Publiée en le 07 juin 2017 chez Delcourt

1851. Maximilien Bonnot débarque, avec d’autres aventuriers attirés par la fièvre du métal jaune, à San Juan del Sur, port de la côte pacifique, dernière étape avant San Francisco. Voilà 3 ans que la ruée vers les champs aurifères a commencé, mais Max lui ne cherche pas d’or. Héros torturé par son passé, et notamment par ce qu’il a vécu pendant la Révolution de 1848, il n’a plus qu’un seul but : se venger.

La Révolution de 1848 comme la Révolution de 1789 a été confisquée par les « créateurs de richesses » et les « premiers de cordée », et bourgeois et ploutocrates ayant appris de leurs erreurs ils ont lâché les démocrates sur les royalistes avant de lâcher les royalistes sur les démocrates puis de bannir tout le monde hors de France… C’est ainsi qu’anciens opposants se retrouvent au Far West, et qu’un temps San Francisco et la Californie furent plus françaises qu’autre chose (l’Amérique aurait pu être française au lieu d’être anglaise : l’humanité y aurait-elle perdu au change ?).

Dans ce tome 1 justement intitulé La Vengeance nous suivons la quête de vengeance de Maximilien Bonnot qui pourchasse ceux qui malgré les ordres donnés ont froidement exécutés tous ses camarades de barricades, les seuls amis qu’il ait jamais eus dans sa vie. Après avoir assassiné Petit Gervais on ne sait où et le Sergent Barbet au Nicaragua, c’est dans une Californie en pleine ruée vers l’or qu’il continue sa recherche du Caporal Fauchevent. Maximilien et Tortillard qu’en chemin il a récupéré et pris sous son aile, démocrates convaincus, se mettent ainsi au service du Général de Freney royaliste convainquant en pleine guerre de gangs et en pleine guerre de territoire (ces salopards de Yankees ayant toujours le dernier mot pour récupérer l’argent là où il peut être exploité). On mélange personnages réels et personnages fictifs, et Maximilien est persuadé que la vénéneuse Lola Montez qui est au courant de tout a réponses à toutes ses questions… To Be Continued !

– C’est ça, votre conception de la justice ?
– Souvenez-vous qu’elle est aveugle, il faut la guider. Ça vous pose un problème ?

Les connaisseurs reconnaîtront un mélange entre Le Dernier Jour de la colère à l’envers et Nevada Smith un film consacré à la vengeance, à sa renonciation donc à la rédemption. Jean-Pierre Pécau est un bon scénariste et un bon dialoguiste véritable mine à citations, le polymorphe Benoît Dellac nous offre de beaux dessins bien mis en couleurs par Scarlett Smulkowski (sans oublier les belles couvertures de Nicolas Siner qui ne mentent pas sur la marchandise). Pourtant la série a été bashée de tous les côtés : le cœur à ses raison que la raison ignore ! Personnellement je regrette amèrement que les promesses du tome 1 et les révélations du tome 2 n’aient pas donné suite, l’éditeur ayant décidé d’écourté la série alors que les auteurs avaient encore plein de choses à dire… Est-ce que le public ne suit pas parce que les prescripteurs d’opinion dézinguent, ou est-ce que les prescripteurs d’opinion dézinguent parce que le public ne suit pas ? What is the question !

note : 7,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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