Akiko Higashimura
(scénario & dessin)

Le Tigre des neiges, tome 4

Manga, histoire / XVIème siècle
Publié en VF le 19 septembre 2019 chez Le Lézard Noir
Publié en VO à partir de 2015 chez Shogakukan (« Yukibana no Tora »)

En l’an 16 de l’ère Tenmon (1547), les Nagao sont confrontés à la menace d’une scission au sein de leur clan. D’un côté les vassaux de Harukage, seigneur du clan, et de l’autre les partisans de Kagetora, sa petite soeur… Les ambitions des uns et des autres incitent le frère et la soeur a entrer en conflit, malgré leur attachement mutuel. Kagetora fait confiance a son frère mais celui-ci, craignant pour la sécurité de sa soeur, décide d’organiser une confrontation avec elle en se rendant au château de Tochio avec ses soldats. Parce qu’ils se soucient l’un de l’autre, frère et soeur sont contraints de s’affronter. L’inévitable conflit finit par provoquer une tragédie… alors que tout retour en arrière est désormais impossible, quelle sera l’issue de cette triste lutte de pouvoir ?

Dans ce tome 4 Akiko Higashinura continue de marcher dans les pas de Riyoko Ikeda la mangaka qui a fait entrer le women’s lib dans le monde des shojo avec Lady Oscar / La Rose de Versailles. L’Histoire vue par les femmes et racontée par les femmes est d’autant plus intéressante et instructive que la créatrice commence à s’effacer derrière ses créations…
Le Sengoku Jidai c’est aussi l’époque des renversements : les vassaux renversent les suzerains, les paysans renversent les seigneurs, les fils renversent les pères et ici les frères cadets renversent les frères aînés. La guerre de succession du fief d’Echigo n’est pas terminé, et ne le sera pas tant qu’une main de fer dans une un gant de velours ne le dirigera pas. Le Clan Nagao est donc au toujours au bord de la scission et les mécontents quittent Harukage qu’il traite de femmelette pour rejoindre Kagetora sans savoir que celle-ci est une femme ! L’Histoire nous dit que les deux héritiers étaient en conflit et comment celui-ci s’est finit, mais ne nous dit sur la manière dont l’un a remplacé l’autre : l’auteure qui a décidé que l’un des plus célèbres seigneurs de guerre du Sengoku Jidai était une femme, choisi de mettre en scène sa version de l’Histoire sans contredire les sources historiques muettes sur ces événements. Et nous suivons le récit d’un grand frère prêt à tout pour le destin de sa petite sœur s’accomplisse, et une petite sœur prête à tout pour protéger celui qui a toujours cru en elle, tous les deux entourés de courtisans prêts à tout et au reste uniquement pour faire avancer carrière qui ne cessent de les pousser à s’entre-tuer (dans l’espoir de miser sur le bon cheval et de monter en grade, ou de prendre leur place si l’occasion fait le larron).

– De tout temps, la guerre consiste à se duper les uns les autres !! Quand on veut tromper l’ennemi, on commence par sa famille !! Vous qui êtes une femme, vous y arriverez ?
– Quoi ?
– Car les femmes sont douées pour mentir…

L’auteure ne peut travestir l’Histoire et fatalement Kagetora prend la tête du Clan Nagao, et fait la connaissance du jeune Shiro qui ne sait pas faire grand-chose mais qui pourrait faire un bon kagemusha pour Kagetora, et de sa sœur Mugi qui sait tout faire et qui pourrait faire la meilleure des dames de cour pour Kagetora. Mais tout cela est sans doute prétexte à foreshadowing car à la fin du tome notre garçon manqué redevient femme pour espionner le seigneur adverse Takeda Shingen, que l’Histoire dépeint comme un ours mal léché mais qui ici est dessiné sous les trait d’un bishonen autrement dit d’un beau-gosse… Leur première rencontre est source de malentendus et de quiproquos humoristiques, mais on ne fera pas l’impasse sur les 5 sanglantes batailles de Kawanakajima !

note : 7/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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