Olivier Peru (scénario)
Giovanni Lorusso (dessin)

West Legends, tome 1 : Wyatt Earp’s Last Hunt

Bande dessinée, histoire / western / policier
Publiée en le 16 octobre 2019 chez Soleil

Hiver 1890. Des années après la fusillade d’O.K. Corral et la vendetta meurtrière qui l’a rendu célèbre, Wyatt Earp se rend à San Francisco. Bien décidé à y faire enfin fortune grâce à Lucky Cullen, un vieil ami chasseur de primes qui y est devenu riche. Ce dernier l’a invité à le rejoindre pour mener à bien une grosse affaire. En arrivant dans cette ville nouvelle qui ne cesse de produire des millionnaires, Earp déchante rapidement car il apprend que son ami a été assassiné…

Selon les derniers standards, les éditions Soleil lance une nouvelle collection thématique confiée de tomes en tomes à des artistes différents avec pour fil directeur les légendes du Far West qu’elles fassent partie des « heroes » ou des « vilains »…

Ce tome 1 de 64 pages intitulé Wyatt Earp’s Last Hunt est consacré au héros de Tombstone aka le survivant du Massacre d’O.K. Corral. Il est appelé par son ancien compagnon d’armes « Lucky Cullen » installé à San Francisco pour l’assister dans une nouvelle affaire plus compliquée de prévue : cela aurait pourrait être une histoire d’argent, mais il s’agit d’un affaire de meurtre ! Et notre légende vivante arrive sur place pour apprendre que son ancien compagnon d’armes est la dernière victime en date du Jack l’Éventreur californien sur lequel il enquêtait…
Le meilleur chasseur de primes du Far West doit évoluer en milieu urbain en sachant par avance qu’il a plus de chances d’œuvrer comme proie que comme prédateur, et lui qui a toujours combattu la criminalité d’en bas se trouve démuni face la criminalité d’en haut ! Pour que le mal triomphe il suffit juste que les hommes de bien ne fassent rien, et comme les autorités ne font rien l’homme de bien qu’est Wyatt Earp se tourne vers les hors-la-loi qu’il transforme en nouveaux Robin des Bois…

– La Californie n’a rien à voir avec l’Arizona, les dollars y sont plus mortels que le plomb.

Nous sommes donc dans un récit policier très sombre digne du Seven de David Fincher où les fausses pistes et les rebondissement pullulent :
– si on pense qu’il n’y a qu’un coupable c’est qu’il y en a plusieurs, et si on pense qu’il y en a plusieurs n’est qu’il n’y en a qu’un seul, donc sur quel pied danser ?
– les plus suspects sont forcément les moins mauvais, et les moins suspects sont forcément les pires d’entre les pires, mais qui est qui dans un panier de crabes tous plus pourris les uns que les autres ?
Depuis la mort de son frère Olivier Peru livre des récits de plus en plus sombres, et ici c’est violent, malsain et gore (et ceux qui ont lu ses tomes dans la série Orcs & Gobelins savent que les choses ne vont pas s’arranger du tout). Mais heureusement au fond de la Boîte de Pandore il reste encore l’Espoir ! Face à l’Argent Roi et au suprématisme WASP Wyatt Earp peut compter sur la grande alliance des déshérités et des laissés pour compte, ATTENTION SPOILERS car une veuve éplorée mène au combat pauvres, immigrés et Amérindiens contre l’association impie du Grand Capital et de la Bête Immonde !!!  (car au final nous faisons face à un promoteur immobilier véreux qui utilise un monstre pour terroriser la population et faire fortune sur leur dos avec la complicité des élites autoproclamées) FIN SPOILERS

L’auteur retrouve Lorusso aux dessins et Nanjan aux couleurs : les graphismes sont « classiques » par rapport à ce que font les éditions Soleil aujourd’hui, à savoir un découpage classique mais dynamique, mais un parti-pris comics qui fait la part belle aux gros plans par rapports aux arrières-plans. L’ensemble reste tout autant réussi qu’appréciable, mais je ne peux m’empêcher de penser ce que cela aurait donné avec un top dessinateur à forte personnalité… Prochain épisode ? Billy the Kid ! Et ensuite ? Sitting Bull, Buffalo Bill, Butch Cassidy, Wild Bill Hickok…

 

PS: désolé pour le porte-monnaie des amateurs de bande-dessinées…

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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