Olivier Peru (scénario)
Luca Merli (dessin)

West Legends tome 3

Sitting Bull – Home of the Braves

Bande dessinée, histoire / western
Publiée en le 02 septembre 2020 chez Soleil

1870, États-Unis. Depuis la signature du traité de Laramie, aucun homme blanc ne doit fouler le territoire sacré des Black Hills. Pourtant une horde de tueurs viole la frontière interdite. Ils remontent la piste d’un secret capable de détruire les dernières nations indiennes libres. Mais le plus grand des chefs sioux est sur leurs traces. Sitting Bull et ses braves se mettent en chasse.

Avec le temps Olivier Peru semble être devenu quelqu’un « sans dieu à prier, sans idéal », car « rien ne semble avoir de valeur pour lui, pas même sa propre existence », et si « son cœur cache un noirceur qui le ronge de l’intérieur, qui fait de lui le fantôme de sa propre existence », « son regard appelle la mort sans pour autant renoncer à la vie »… Dans ce 3e tome de la collection Western Legends, c’est avec le Sudiste Butterfly Heart, qui a tout perdu en combattant pour les siens, et le Sioux Sitting Bull, qui est prêt à tout perdre en combattant pour les siens, que l’auteur trouve de parfaits avatars à sa colère et à sa tristesse !

Dans les collines noires, reconnus territoires sacrés donc inviolables par les traités passés entre les Américains et les Amérindiens, un commando de visages pâles et un commando de peaux-rouges investiguent sur les agissement d’une mystérieuse troupe qui est là où elle ne devrait pas être… C’est dans la violence la plus terrible que les deux groupes se font décimer, et que le Sudiste Butterfly Heart et le Sioux Sitting Bull doivent coopérer pour survivre à leurs agresseurs. Le visage pâle découvre que la réputation de bravoure du peau-rouge n’est pas usurpée, et le peau-rouge découvre que la réputation de générosité du visage pâle n’est pas usurpée : ils sont plus que des hommes, ils sont des légendes vivantes… Et pour combattre le Grand Capital et la Bête Immonde, ces deux faces de la même médaille suprématiste, il faut rien moins que des légendes : malheur aux peuples qui ont besoin de héros !

La nation de pierre que les Blancs construisent partout est vaste et pleine de merveilles de routes, de cités et de bâtiments magnifiques… Quelle pitié qu’elle soit emplie d’hommes comme ce Jeremiah Marcy. Comment leur monde peut-il enfanter des êtres capables de n’aimer qu’une seule chose au point que tout le reste perde toute valeur ? Est-ce l’argent qui rend les hommes fous ? Qui les pousse à envoyer leurs frères à la mort pour posséder toujours plus de cette chose immatérielle qu’ils appellent la richesse ?

Un beau récit, entre western crépusculaire, survival survolté et buddy movie sombre et violent donc grimdark. Plus les choses changent et plus elles sont les mêmes pour Olivier Peru toujours pris au piège de son bad trip, mais l’auteur renonce ici au « noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir » pour plonger au plus profond des ténèbres de la Boîte de Pandore pour y dénicher l’espoir !

En copiant-collant le Royaume-Uni, les États-Unis d’Amérique se se sont toujours gargarisés d’être le phare de la civilisation, les gendarmes du monde libre, grand défenseurs de la démocratie et autres fadaises du même genre. Comment tu peux oser dire toutes ces conneries en étant historiquement le pays le plus belliciste de l’histoire de l’humanité (et en étant pas loin d’être le pays le plus inégalitaire de l’histoire de l’humanité) ? Cherry on the cake, ils ont comme cadavres dans le placards des génocides en bonnes et dues formes que bien sûr ils réfutent de toutes leurs forces (comme leurs crimes de guerre tous plus scandaleux les uns que les autres : avec des amis comme ça, tu n’as plus besoin d’ennemis). Faire la guerre sale à un adversaire moins nombreux et moins équipé, s’offusquer de leurs réactions après les avoir poussés dans leurs derniers retranchements, les obliger à signer des traités de paix jamais respectés voire toujours bafoués, déporter des peuples entiers dans des déserts arides et ensuite les traiter de fainéants parce qu’ils n’arrivent pas à cultiver des terres incultivables…C’est ainsi que les États-Unis d’Amérique qui se considèrent comme forts voient les relations avec les faibles. Je le dis et le répète les dirigeants européens qui continuent de signer des traités avec eux sans aucune contre-partie sont soient des déficients mentaux à interner soient des connards corrompus à enfermer (et si ça irrite l’anus de certains et de certaines, je les ennuis bien profondément).
Mais plus globalement, il faut s’interroger sur l’existence d’une civilisation qui autorise des crevards prêts à tout et au reste à faire tout et n’importe quoi, y compris l’exploitation et la destruction du monde comme de l’humanité, pour être « l’homme le plus riche du cimetière » au nom de « l’Argent Roi ». Le capitalisme libéral de mes couilles nous mène tout droit à l’apocalypse et le compte à rebours est lancé, mais il faudrait surtout ne rien changer car pas touche à l’argent illimité des rentiers… Oui mais non, croyons en la sainte parole des économistes sociopathes du monde entier qui forcément encartés ont le plus grand mal avec la réalité !

 

Pour terminer quelques mots sur les graphismes de l’italien Luca Merli (car n’oublions pas que l’Italie est une magnifique terre de western !) : les dessins sont vraiment très satisfaisants pour ne pas dire très plaisants ,et il y a dans la colorisation qu’il réalise par lui-même quelque d’intéressant. Ce n’est pas « top, top, top », mais c’est du beau boulot, sans parler d’un super planche qui donne des frissons, mais je vous laisse le plaisir de la découverte…

note : 8+/10

Alfaric

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