Jean-David Morvan (scénario)
Elia Bonetti (dessin)

Androïdes, tome 7 :

La Dernière Ange

Bande dessinée, science-fiction / dystopie
Publiée le 22 janvier 2020 chez Soleil

Une androïde chargée de donner l’extrême-onction informatique aux victimes d’attaques aliens va se rendre compte, en recoupant les souvenirs des défunts, que les explications officielles de ces attaques sont mensongères.Les femmes androïdes de modèle Dernier Ange, chargées de collecter la mémoire des soldats morts au combat, retournent, une fois leur mission accomplie, à leur rack pour vider cette mémoire et se faire rebooter pour le prochain champ de bataille. L’une d’entre elles semble, contre toute attente, appréhender le processus mais c’est techniquement impossible. Les androïdes n’ont pas de sentiments.

Jean-David Morvan je te hais : dans ce tome 7 d’Androïdes intitulé La Dernière Ange tu nous offres l’espoir pendant 50 pages pour mieux le détruire en moins de 3 pages… Tu es le pire des macronistes (ou le meilleur des anti-macronistes ?).

Mine de rien le scénariste reprend pas mal d’éléments de son Hercule sauce NSO (et pour ne rien gâcher le tout est encore une fois joliment mis en scène, ici par la dessinatrice Elia Bonetti et le coloriste Elmer Santos). Les 3176 planètes du Colonyverse sont attaquées par les mystérieux aliens qu’on a nommé Insankatilers qui ne laissent aucun survivant et que donc personne n’a jamais vu. Les « anges » sont des androïdes chargées de récupérer les données des disques durs cérébraux que chaque citoyen a pour obligation de se faire implanter à la naissance, pour récupérer des informations à les transmettre à l’État-major avant qu’on efface leur mémoire pour les réinitialiser (des fois que des informations fuitent et que des gens se mettre à faire fonctionner leurs petites cellules grises). Le gouvernement incompétent ne fait aucune déclaration, et les journalopes des merdias ne font aucune investigation : dès les premières pages on comprend que ça pue (sauf Anne Sinclair qui continue de faire confiance au pouvoir). Tout est racontée par une ange buggée dont la mémoire ne veut pas s’effacer, et à force de côtoyer les souvenirs des victimes elle finit par accéder à l’humanité, et quand on est humain on finit par se poser des question devant la souffrance gratuite et l’injustice calculée. Mais à qui se fier quand le système est pourri et que la corruption comme toujours vient d’en haut ? Tout bascule quand elle découvre un jour elle découvre un survivant et le poursuit : celle qui est poursuivie c’est elle en fait, il n’y a pas un mais des survivants et leur leader n’est pas humain… On nous aurait menti à l’insu de notre plein gré et celui qui dit la vérité doit être exécuté ? Allons donc explorer à risques et périls la ZONE SPOILERS !

Chaque personne qui éprouve des sentiments et vit des traumatismes développe sa propre personnalité.

Comme dans Matrix on est dans un éternel recommencement, puisque la narratrice est un cas ni unique ni isolée car 0,02 % des milliers et des milliers d’anges du Colonyverse sont buggées. Donc un système a été mis en place pour corriger les bugs du système et le Morpheus de la narratrice en faisait partie avant de bugger lui aussi. Il a déjà tout découvert et veut révéler la sinistre vérité au reste de l’humanité alors que lui-même n’est pas humain. Je ne sais pas à quel point on s’inspire d’Equilibrium et de V pour Vendetta, mais on développe une belle relation maître / élève et /ou père / fille entre le bourreau repenti du système et la complice ignorante du système qui retourne sa veste parce qu’elle ne peut rester sans rien faire quand on tue massivement des innocents juste pour l’argent.

Ah oui les aliens n’ont jamais existé. C’est juste l’armée privée du gouvernement qui génocide des planètes entières pour faire du retour sur investissement facile et rapide tout en terrorisant les mécontents avec la fable de l’invasion étrangère (parce que élites préfèrent la fin du monde à la fin du capitalisme, il faut bien trouver de plus en plus de pognon dans un univers de plus en plus pauvre)… Puisque que tout le monde possède un disque dur cérébral, c’est simple comme bonjour de hacker leurs cinq sens pour leur faire croire n’importe quoi, et puisque c’est les autorités qui récupère les données personne ne peut s’apercevoir de la grossière supercherie. La Terre ? 1% d’uberrichs qui pètes dans la soie, et bouffent des omelettes au caviar et s’extasie devant le nombre de zéro de leurs comptes en banque avec 20% de complices pour faire tourner la boutique, et 70 % de SDF blacklistés des gated cities par la biométrie, la reconnaissance faciale, et la géolocalisation des disques durs cérébraux. On a une armée privée pour surveiller les mécontents, et une police et une justice robotique pour surveiller l’armée privée. Nous sommes dans ce qui est un dystopie pour les être humains et un utopie pour ceux qui ne le sont pas comme tous ces sociopathes / psychopathes prêts à tout et au reste pour exercer le pouvoir et pour exploiter et se moquer de ceux qui subissent le pouvoir (bref les reagano-thatchéro-macronistes).

La narratrice androïde a trouvé une juste cause et est prête à sacrifier son existence pour que la vérité et la justice finissent enfin par triompher. Mais ces compagnons d’armes ne veulent pas qu’elle disparaisse même pour une juste cause : l’une et les autres forment désormais une famille et… Ils crèvent salement parce le reagano-thathéro-macronisme en a décidé ainsi, et la narratrice rejoint le camp d’extermination déguisé en camp de concentration que lui a si bien décrit son mentor bourreau repenti à la fois kapo et sonderkommando… Elle est bien la « Dernière Ange »  (ou pas ? Ce n’est pas comme si Éric Corbeyran nous avait fait le même coup dans la série Elfes) : mais quel Monde De Merde !!!

 

Je me suis toujours demandé pourquoi la culture populaire avait produit autant d’œuvres dystopiques dans la années 1970 et autant d’œuvres nihilistes au début des années 1980. Grâce à Jean-David Morvan j’ai désormais réponses à toutes mes questions. Les artistes on vu émerger et triompher sans ne rien pouvoir faire un nouveau type de totalitarisme qui considère qu’il est plus facile de fabriquer que de réparer, y compris dans les domaines sociaux et humains. Qu’on l’appelle hyper-capitalisme, ultra-libéralisme, reaganisme, thatchérisme ou macronisme, c’est toujours la même chose : il faut s’adapter au Nouvel Ordre Mondial qui veut des homo economicus productifs et rentables pour alimenter la machine à engraisser les gros rentiers. Et si tu n’es pas content, tu n’as qu’à déménager en Corée du Nord… Et puis de quoi tu te plains espèce de gaucho antifa, tu vis mieux aujourd’hui qu’au Moyen-Âge et tu vis mieux chez toi qu’au fin fond de la brousse quelque part en Afrique alors ferme ta gueule et bosse pour t’acheter un costard et faire partie des gens qui comptent, mieux encore bosse 10 heures par jours 7 jours sur 7 jusqu’à ta mort pour ne rien coûter à la nation car hors de question de demander le moindre denier à ceux qui ne savent plus quoi faire de leur blé. On ira bien se loler sur vos tombes de gens qui ne sont rien ! (sic Jupiter Ier / Napoléon IV / Emmanuel Macron) Ouais, et bien qu’on place déjà tous les suprématistes dérangés pensant cela (« la société se divise entre ceux qui sont bien nés forcément utiles car supérieurs et ceux qui appartiennent à la populace forcément inutile car inférieures ») en Hôpital Psychiatrique et cela sera déjà un bon début pour repartir sur des bases saines !!!

note : 8/10

Alfaric

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