Gess
(scénario & dessin)
d’après R.E. Howard

Conan le Cimmérien, tome 9 : Les Mangeurs d’hommes de Zamboula

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 11 mars 2020 chez Glénat

Carrefour de croyances, de langues et de cultures, la mythique cité marchande de Zamboula est également le théâtre de nombreuses et sombres légendes. Sur place depuis peu, Conan est averti des dangers de la demeure d’Aram Baksh. On raconte que la plupart des étrangers qui y séjournent disparaissent dans des circonstances obscures… cela tombe bien, c’est justement ici que le cimmérien a décidé de passer la nuit ! Mais en levant le voile sur ces mystérieuses affaires d’enlèvements, Conan va découvrir un autre secret, plus terrible encore, lié à l’ensemble de la cité de Zamboula…

On ne va pas se mentir Les Mangeurs d’hommes de Zamboula est un texte alimentaire de l’auteur texan sans lequel l’heroic fantasy n’aurait jamais été ce qu’elle est devenue aujourd’hui, et les amateurs reconnaîtront assez vite les récits qu’il a cannibalisés pour réaliser celui-ci…

Zamboula est un oasis devenue une cité caravanière prospère, qui est passée des mains des Stygiens à celles des Turaniens. Jungir Khan le gouverneur turanien qui vénère Erik règne avec sa maîtresse la belle stygienne Nafertari qui vénère Set, et tous les deux se méfient du Grand Prêtre Totrasmek qui a envoûté les esclaves kushites de la ville que tout le monde craint pour leurs mœurs autant que par leur nombre avec son Culte d’Hanuman.

– Même Jungir Khan et sa maîtresse, Nafertari, craignent et haïssent Totrasmek le Grand Prêtre d’Hanuman. s’il est tué dans son temple en pleine nuit, on ne se fatiguera pas vraiment pour trouver le coupable.
– Qu’en est-il de ses pouvoirs magiques ?
– Tu es un guerrier… Risquer ta vie fait partie de ta profession.

C’est dans ce panier de crabe de débarque Conan, que l’auteur texan a conçu comme un « problem solver », et ce dernier doit d’abord résoudre ses propres problèmes car il se retrouve dans une « Auberge rouge ». Conan découvre les cadavres dans les placards de la cité ATTENTION SPOILERS (les habitants nourrissent leurs esclaves cannibales sur lesquels repose la prospérité de la cité avec les étrangers, les brebis galeuses et les ennemis de l’ordre établi) FIN SPOILERS, mais avec un rebondissement pulpien sans aucune logique il tombe sur la courtisane stygienne Zabibi en tenue d’Eve poursuivie par son amant, un jeune, vaillant et prometteur officier turanien rendu fou par un accident d’aphrodisiaque ATTENTION SPOILERS (tout ce qui va suivre va montrer qu’elle est tout sauf une demoiselle en détresse) FIN SPOILERS. Conan devient alors le « problem solver » du couple : Zabibi promet de se donner à lui s’il sauve son amant et s’il tue leur ennemi, le prêtre sorcier Totrasmek et son acolyte Baal-Pteor autant assassin que magicien…
Voilà notre barbare hors-la-loi pris dans une impitoyable lutte de pouvoir pour le bijou mystique appelé « L’Étoile de Khoraja », mais ce dernier malgré les promesses qu’on lui fait n’oublie pas d’assouvir sa vengeance avant de prendre la poudre d’escampette avec le trésor tant convoité car il ne veut pas qu’untel ou unetelle lui tombe dessus à bras raccourcis !

Bon, que penser de ce tome ? Difficile de faire une bonne adaptation d’un récit pas ouf, et plus encore quand on passe après John Buscema qui est presque plus howardien qu’Howard lui-même ! Gess principalement connu pour la série SF Carmen McCallum signe ici les textes, les dessins et les couleurs donc qui il est le seul maître à bord de l’adaptation. Il est loin de démériter, mais il y a des inégalités. Oui l’essentiel est là : il y a un souffle épique avec un petit côté Métal Hurlant pas déplaisant du tout ! Pas mal de planches sont dynamiques et dégagent quelque chose de vraiment intéressant… Après l’anti-héroïne qui essaye de mener notre barbare par le bout du nez est à poil juste pour le fan-service et force est de constater que la polymorphie graphique de ses traits ne ressemble pas à grand-chose…

Et sur le fond à quoi sert le travail d’adaptation si on reprend les mêmes clichés racistes et sexistes que dans l’œuvre d’origine qui été conçue pour obtenir l’illustration de couverture de Weird Tales avec une danseuse orientale dévêtue se déhanchant pour éviter la morsures de cobras ? (oui parce qu’avec des Noirs anthropophages qualifiés de simiesques qui adorent un Dieu-Signe anthropophage, on est comme dirait la chaîne Arte dans les « visions culturelles datées » à prendre avec des pincettes)

note : 6,5/10

Alfaric

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