Gilles Chaillet
(scénario & dessin)

La Dernière Prophétie, tome 3 :

Sous le Signe de Ba’al

 

Bande dessinée, histoire / antiquité
Publiée le 10 novembre 2004 chez Glénat

Flavien a accepté de traverser le monde des morts pour découvrir la vérité sur la dernière des Sept Prophéties. Les Sibyllins lui content l’histoire de l’aérolithe sacré nommé le Ba’al d’Emèse. Cette météorite tombée du ciel fut considérée comme un morceau de Soleil et devint l’égal d’un dieu. Il rayonna d’abord sur toute la Syrie, puis bientôt sur le monde. En son nom, des enfants sont enlevés pour être livrés en sacrifice Ce troisième tome débute lors de l’assaut des prétoriens, quand la IIIème légion perd pied devant Raphaneae où les affrontements entre le terrible Héliogabale et Auguste César ne vont que redoubler de violence et de barbarie…

Un drôle de tome 3 intitulé Sous le Signe de Ba’al, et entièrement dédié comme le tome 2 à un droit de quota de flashbacks consacré à la fin de la Dynastie des Sévères. Cela commence bien avec le coup d’État des Dames d’Emèse contre l’usurpateur Macrin mis en scène par de très chouettes planches doubles…

Ensuite on suit l’ascension du nouveau Néron par les yeux de Caius Sylvius, qui fait face au notable Comazon et à l’eunuque Gannys tout en enquêtant comme Flavien sur une affaire de disparitions d’enfants. Héliogabale cumule toutes les tares du souverain fou (schizophrénie, psychopathie, sociopathie, mégalomanie, paranoïa, fanatisme, immaturité, perversion narcissique et tutti quanti) : c’est bien trop gros pour être vrai même si parfois la réalité dépasse la fiction (c’est marrant j’ai eu l’impression de revoir al-Hakim le calife fou tel qu’il a a dépeint par ses détracteurs)… Car force est de constater que notre seule source Dion Cassius ne s’est pas trop foulée : il reprend toutes les ragots colportés par ses prédécesseurs sur Tibère, Caligula, Claude, Néron, Domitien, Commode, en y ajoutant toutes les frasques sexuelles possibles et imaginables (et il a beaucoup d’imagination en ce domaine ce gai larron). Du coup on se retrouve avec un mélange entre Alix, Quo Vadis, et un porno italien entre le baroque de Fellini et l’intellectualisme de Pasolini…

C’est marrant de voir comment les auteurs italiens du cycle des Reines de Sang consacré au même épisode ont fait des choix très différents car moins italiens que ceux opérés par Gilles Chaillet…

– Rome doit apprendre que rien n’est impossible à César !

Flavien dans le temps présent voit un lien entre lui et Caius Flavius dans le temps passé à travers les enfants disparus. Mais dans le temps passé rien n’est résolu : personne n’a cru à la fausse piste des esclavagistes parthes, donc finalement on ne saura jamais si le pouvoir se servait des enfants comme jouets sexuels lors d’orgies pédophiles ou comme de sacrifices humains lors de cérémonies religieuses. Alors oui Gilles Chaillet veut rendre hommage au Tombeau étrusque de son mentor Jacques Martin, mais il y a un gros os dans un petit potage ! *

J’avoue que l’auteur se fait plaisir et nous fait plaisir avec sa reconstitution de l’Empire Romain sous la Dynastie des Sévère, mais finalement ce n’est qu’une digression dans le récit principal. Pire encore le côté fantastique à la Mario Bava n’est qu’une illusion, et le lien fait entre Héliogabale, Constantin et Théodose n’est en fait que de la propagande dans le game of thrones auquel se livre le camp païen conservateur et le camp chrétien réformateur (en sachant que les persécutions contre les chrétiens étaient largement en dessous des persécutions des chrétiens contre les païens). Flavien doit s’exiler avec l’esclave Marie pour fuir le représailles du nouveau maire du palais Stilico, et comme Pétrarque avant lui son père préfère se suicider que d’attendre les sicaires du palais… To Be Continued ?

* Oui on part du point de vue que les sacrifices humains ont existé dans les viles et fourbes religions orientales forcément fanatiques… Sauf qu’à ce jour il n’en existe aucune preuve archéologique, et que les seuls témoignages littéraires viennent des Juifs en guerre contre les Phéniciens (avec Dieu qui ordonne à Abraham de lui sacrifier son fils Isaac) et des Romains en guerre contre les Carthaginois (avec un Sénat qui ordonne d’enterrer vivant 1 couple de Gaulois et 1 couple de Grecs, avant de célébrer les combats de gladiateurs comme offrandes aux dieux et aux morts pendant des siècles et des siècles). Je l’écris noir sur blanc, et tant pis si ça ennuie notre establishment élitiste de mes couilles : j’en ai ma claque du suprématisme du petit-monde de l’entre-soi d’aujourd’hui qui convoque les mânes du petit monde de l’entre-soi du passé pour justifier leurs préjugés nauséabonds que n’auraient pas renié le national-socialisme d’Adolf Hitler !

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note : 6,5/10

Alfaric

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