Bill Willingham (scénario)
Mark Buckingham (dessin)

Fables, tome 2 :

La Ferme des animaux

Comics, Fantastique / Urban Fantasy
Publié en VF  en septembre 2004 chez Semic
Publié en VO le 01 août 2003 chez Vertigo (« Fables: Animal Farm »)

Depuis qu’ils ont été chassés de leurs Royaumes par l’Adversaire, les Fables non humains vivent à la Ferme. Dans cette vaste propriété du nord de l’État de New York, ils sont à l’abri des regards inquisiteurs des Communs. Mais après des siècles d’isolement, les Fables de la Ferme sont au bord de la révolte, encouragés par les discours enflammés de Boucle d’Or et des Trois Petits Cochons, Et quand Blanche Neige et Rose Rouge découvrent leur projet de libération des Royaumes, les responsables de la Ferme sont prêts à tout pour réduire les deux femmes au silence !

Dans ce deuxième arc / tome paru en 2003, intitulé La Ferme des animaux, et rassemblant les épisodes 6 à 10, suite aux événements de Légendes en exil Jack et Rouge ont été condamnés à des travaux d’intérêts généraux. Mais Blanche veut se réconcilier avec Rouge et décide de l’emmener avec elle en tournée d’inspection à Fablefarm, lieu du nord de l’État de New York où on été rassemblée toutes les Fables qui par leur apparence feraient immédiatement capoter la Masquerade. On y retrouve donc tous les animaux parlants, les créatures fantastiques, les géants, les dragons et tutti quanti… Sauf qu’il y a quelque chose de pourri à Fablefarm et que les deux sœurs débarquent en pleine lutte des classes, les Fables défavorisées rurales réclamant les mêmes droits que les Fables aisées urbaines. Quand Colin le cochon est assassiné et sa tête mise sur un pique, c’est de début du Grand Soir !

Rouge rejoint les insurgés (comme alliée ou comme taupe ?), tandis que Blanche essaye de rallier les loyalistes à sa cause… Guidés par Renart et traqué par Shere Khan et Bagheera, elle doit délivrer Weyland Smith (ah je crois que l’auteur a réalisé une faute d’orthographe), l’ancien directeur de Fablefarm, enlevé, séquestré et obligé de fabriquer des armes pour les révolutionnaires, réveiller les géants et les dragons pour mettre fin à l’insurrection, mais surtout sauver sa propre peau !
ATTENTION SPOILERS Et quand elle semble enfin l’avoir emporté, elle se fait sniper en pleine tête par le tête pensante des révolutionnaire. Les renforts Charmant, Barbe-Bleue et Boy Blue font alors le ménage dans la violence : au final quelle différence entre le révolutionnaire Dun décapitant Colin le loyaliste, et Jack Ketch le loyaliste décapitant Dun le révolutionnaire ? La survivante pleure toute les larmes de son corps, alors que Rouge se réconcilie avec Blanche qui dirige Fabletown en prenant la tête de Fablefarm… FIN SPOILERS

– Ils ont tout le confort, ces cochons. On dirait de vraies personnes.
– Nous sommes de vraies personnes.

Un bon tome, dense, rythmé, plein de rebondissements et de thèmes intéressants. En plus c’est truffé de références littéraires, et en bon dialoguiste Bill Willingham se régale et nous régale. Aux dessins Lan Medina est remplacé par Mark Buckingham et on perd au change car c’est moins précis et moins détaillé (mais comme on dessine davantage des animaux que des humains, l’orientation cartoonesque n’est pas déplaisante), à l’encrage Steve Leialoha œuvre désormais en solo et aux couleurs Sherilyn Van Valkenburgh est remplacée par Daniel Vozzo et on gagne au change… Toujours est-il que j’ai eu la désagréable impression que les graphismes perdaient en qualité dans les derniers chapitre…

Au vu du titre Bill Willingham se fait plaisir en détournant le classique de George Orwell, mais l’auteur voulait critiquer Robespierre et la révolution française alors qu les lecteurs ont vu eux une critique de Staline et de la révolution russe. On a décidé de faire de la grande méchante Boucle d’Or : pourquoi pas, ai-je envie de dire, mais pourquoi avoir insisté sur le fait qu’en plus d’être dictatoriale et terroriste elle soit nymphomane et zoophile… Les socialistes sont méchants parce qu’ils sont pervers, bouh le communisme c’est mal pour ne pas dire le Mal Absolu ! Si on aborde tous les sujets délicats avec des sabots aussi gros, je ne m’étonne pas de la shitstorm que l’auteur a fini par se prendre dans la gueule !!!

note : 8/10

Alfaric

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