Jean-Luc Istin (scénario)
Erwan Seure-Le Bihan (dessin)

I.S.S. Snipers, tome 1

Reid Eckart

Bande dessinée, science-fiction / space opera 
Publiée le 16 juin 2020 chez Soleil

On est au service des pires enfoirés, ceux de la Fédération des Planètes Unies. On est les meilleurs, capables de shooter une mouche au sol depuis un croiseur spatial en orbite. C’est pas rien, hein ! Je suis le I.S.S. Sniper Reid Eckart, on me surnomme Stock parce que je moissonne la mort et fais un stock de cadavres là où je colle mes bottes bien dégueulasses. Comme on arrive, on repart. On enchaîne les missions parce que le vent de révolte sur des planètes aussi éloignées, ça souffle plus vite que l’ordre. Ça, c’était avant ! Car depuis qu’on nous a envoyés sur Okeelia, faut bien l’avouer, la donne a changé ! Carrément changé même !

La Terre a colonisé le cosmos, et règne d’un main de fer sur les mondes coloniaux selon les préceptes de l’hypercapitalisme ultralibéral : seul le pognon compte, il pour en profiter il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus…

Les I.S.S. Snipers sont les fers de lance de l’armada terrienne qui existe moins pour protéger l’humanité que pour casser la gueule aux contestataires trop zélés… Et parmi eux Reid Eckart est dans le meilleur des chiens de garde et de guerre du système. Sauf qu’on demande à lui et ses hommes de remettre dans le rang les indépendantistes de la planète Okeelia du système Elyos pour augmenter la production de koropnite, une ressource rare servant à la fois de carburant et de drogue (remember l’épice qui était l’allégorie du pétrole dans Dune). Et sauf qu’ils découvrent sur place qu’il n’y a pas de rebelles, mais juste des indigènes aliens qui n’ont rien demandé à personne mais qu’ils doivent éliminer jusqu’au dernier pour que les élites autoproclamées de la ploutocratie mondialisée n’aient pas de royalties à leur reverser. Les 300 soldats de Reid Eckart décident de désobéir, de déserter, et de rejouer la plus vieille et la plus belle histoire de l’humanité : celle de peu contre beaucoup ! (d’ailleurs ils ont des réminiscences d’un histoire spartiate bien connue)

Reid Eckart sait que le Commandant Boston doit faire un exemple en les massacrant pour ne pas créer un précédent. Il sait que la légion noire commandée par ce qu’il reste de son frère constituera la première vague. Il sait que même s’ils survivent aux premiers assauts, toute l’armada terrienne va leur tomber dessus à bras raccourcis. Il sait qu’il ne peut compter sur personne car les médias prostitués du pouvoir tairont les événements pour lécher le cul des puissants. Et il sait qu’il y a un traître dans leurs rangs, et qu’il frappera au pire moment. Mais Reid Eckart en a rien à faire, parce qu’il a un plan. Ce n’est pas la fin, c’est le commencement ! NO PASARAN !!!

– Aucune attaque aérienne possible ! A cause de la couverture nuageuse, on ne peut pas nous sniper de l’espace. Et il n’y a qu’un accès possible : à pieds, à travers ces corridors. Sauf qu’il y a beaucoup de corridors !
– Eh bien, on va en boucher certains pour savoir par où l’ennemi passera inévitablement.
– Et là, ils auront beau être des milliers, on pourra les niquer. Ça me rappelle une vieille histoire de Spartiates, ça.
– Ouais, Sparte… Sparte ! C’est nous !!!!

C’était bien, voire très bien. Mais j’ai peur que cela soit surtout du fait des graphismes très réussis d’Erwan Seure-Le Bihan, vieux compère celtique de Jean-Luc Istin que j’avais découvert sur le chouette tome 5 de la série Oracle. Parce que je vais être obligé de mettre en avant les limitations récurrentes de Jean-Luc Istin le showrunner de chez Soleil

Déjà une critique externe qui n’engage que moi : on pioche de nouveau dans les ingrédients du film Avatar, la série Conquêtes fait cela depuis 2 saisons déjà, et plusieurs tomes de la série Androïdes on également repris la même formule. Pourquoi pas, mais ici on commence par la fin donc bon courage pour les 4 tomes qui sont déjà annoncés !

Ensuite Jean-Luc Istin continue d’être très bavard. Il nous livre tous les états d’âmes de son narrateur avec 12 à 15 phylactères par planches (et pas mal d’entre eux sont bien chargés en texte hein). Le scénariste est un bon manieur de mot, mais en recourant à l’argot troupier ça marche moins bien qu’à l’accoutumée…

Enfin j’avais déjà signalé la propension de l’auteur à s’éparpiller inutilement. Un fois de plus tout est repiqué d’ailleurs, et à force d’explorer la frontière entre hommage et plagiat on risque de sauter le requin pour tomber dans le gloubi-boulga. Attention Jean-Luc, on commence comme cela et on finit comme Kevin J. Anderson !
Déjà le héros ressemble à Judge Dredd et son antagoniste au Général Grievous. Je passe sur Avatar et 300 auxquels on rend clairement hommage, mais ensuite on a le koropnite c’est l’épice de Frank Herbert, et son effet est le flashback de Dan Simmons. Il faut ajouter des analepses faisant des clins d’œil à Starship Troopers et La Stratégie Ender. Et je ne parle même pas des mille et un trucs empruntés à Star Wars et Warhammer 40000 (ça et quelques planches à la Frank Frazetta)… Je me demande même si le dénouement n’est pas celui du Firefly de Joss Whedon, à moins que je n’ai pas déjà pas vu la même chose quelque part dans les grands space operas de Yoshiki Tanaka !

note : 7,5/10

Alfaric

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