Howard Chaykin (scénario)
Mike Mignola (dessin)
d’après Fritz Leiber

Le Cycle des Épées, tome 2 :

La Boucle est bouclée

Comics, fantasy / sword & sorcery
Publié en VF en mars 1991 chez Zenda
Publié en VO en janvier 1991 chez  Epic Comics (« The Circle Curse / The Howling Tower »)

Par-delà les abîmes du temps et les dimensions inconnues rêve le monde antique de Nehwon, avec ses tours, ses crânes et ses joyaux, ses cavaliers, ses sortilèges et ses épées. C’est là que, loin au sud, aux bouches sableuses du fleuve Hlal, entre la Mer Intérieure et le Grand Marais Salé, se dresse la métropole de Lankhmar, aux murs massifs, aux rues sinueuses, pleine de voleurs, de prêtres tondus, de magiciens maigres et de marchands bouffis. La Cité de la Toge Noire était un lieu de rencontre approprié pour Fafhrd et le Souricier Gris, ces deux crapules fantasques. A travers le brouillard, à la lueur des torches lointaines, ils se jetèrent un regard de défi. Fafhrd, un barbare des Déserts Froids, on le voyait bien. Le Souricier, plus mystérieux, mais qui faisait penser à des espaces brûlés de soleil. Deux fragments d’un même héros. Leur amitié serait plus longue que mille quêtes. Mais ils ne le savaient pas encore.

Ce tome 2 souffle le chaud et le froid :

* On adapte La Malédiction Circulaire, où Fafhrd et le Souricier plus que jamais en deuil quittent Lankhmar pour disent-ils ne plus jamais y revenir… Ils parcourent le monde entier pour oublier, d’où les rencontres avec Sheelba au Visage Aveugle et Ningauble aux Sept Yeux parodies de mentors magiciens d’inspiration plus au moins lovecraftienne, et ils finissent par en faire le tour pour revenir à leur point de départ toujours en deuil et toujours en colère et en guerre contre la terre entière… C’est une transition nécessaire certes, mais cela ne raconte rien : c’est le gros défaut de cette adaptation en comics, à savoir que ce n’est pas les meilleurs récits de la saga d’origine qu’on met en scène…

– Vous avez appris ce que cette terre avait à vous enseigner. Vous êtes diplômés du monde de Nehwon. Il ne vous reste qu’à suivre les cours complémentaires de Lankhmar, la plus grande université de la vie civilisée en ce monde.

* On adapte La Tour qui Hurle, détournement du Chien des Baskerville de Sir Arthur Conan Doyle… Au bout du monde, Fafhrd et le Souricier Gris perdent leur guide avant de se perdre de vue l’un et l’autre : pour tout le reste je suis obligé de passer en ZONE SPOILERS !
Dans la Tour qui Hurle, le Souricier Gris découvre leur guide mort et Fafhrd mourant. La faute au dernier habitant des lieux, un pervers narcissique devenu serial killer quand il s’est mis à tuer un à un tous les membres de sa communauté pour prouver sa supériorité. Aucune de ses victimes n’a vu le coup venir, mais leurs chiens ont tout de suite deviner à l’odeur qui était leur assassin… Pour s’en débarrasser, il les a laissé crever de faim mais chaque nuit leurs fantômes se mettent en chasse avec dans leurs sillage les fantômes de tous ceux qu’ils a tués. Pour survivre l’hominus crevaricus doit leur fournir régulièrement des boucs-émissaires, mais le Sourcier Gris ne mange pas de ce pain-là ! Il rejoint de son propre gré son âme sœur pour combattre à ses côtés dans la lande grise, concept repris tel quel par David Gemmell dans ses ouvrages, en laissant le crevard à l’horrible sort au sort qu’il a bien mérité ! Vive la justice immanente !!!

 

Décidément Mike Mignola a la SFFF dans le sang : après avoir adapté Michael Moorcock il adapte Fritz Leiber son âme sœur avec son style si particulier encore en gestation, et ensuite il développera son propre univers avec Hellboy avant de se lancer dans tel ou tel projet toujours en rapport avec les genres de l’imaginaire (Dracula, The Witcher, et tutti quanti).
Le scénariste Howard Chaykin assure la transition entre l’auteur et le dessinateur dont le style si particulier est encore en gestation, en jouant pour le meilleur comme pour le pire la carte de la théâtralité. Après, et c’est les goûts et les couleurs de chacun, j’ai trouvé que si Al Williamson faisait le taf au niveau de l’encrage, Sherilyn van Valkenburgh nous offrait une colorisation assez terne… Les albums publiés par Zenda étant devenus des objets de collection qu’on ne trouve que chez les bouquinistes les plus aguerris, amis lecteurs et amies lectrices il faudra se replier sur l’intégrale publiée par Delcourt. (Après c’est dommage que l’adaptation en comics soit passé à côté de la plupart des meilleurs récits de la saga d’origine…)

note : 6/10

Alfaric

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