Nicolas Jarry (scénario)
Jean-Paul Bordier (dessin)

Nains, tome 19 :

Tadgar des Errants

Bande dessinée, fantasy / humour
Publiée le 21 octobre 2020 chez Soleil

Tadgar le futé, Lygdr la ténébreuse, Damn la séductrice, Wal le fou-furieux et Akab le vieux prêtre défroqué ont un point en commun : aucune loi n’est sacrée à leurs yeux. Seule leur importe la liberté, tant qu’elle est assaisonnée d’un bon paquet de talions. Alors, quand cette équipe de hors-la-loi se fait doubler par un nécromancien et se retrouve avec une armée d’orcs, un mage elfe blanc et une cité-état naine aux trousses, ils décident de faire ce que tout nain sensé ferait à leur place : faire cracher leurs dents à tous ces trollars !

Le même jour Istin, Jarry et Peru sortent une nouvelle histoire des Terres d’Arran…
Quand j’ai vu l’illustration de couverture, je me suis dit qu’une fois de plus les dessins de Jean-Paul Bordier n’allaient pas être à la hauteur du récit qui nous était conté (d’autant plus que l’illustration initialement prévu était bien plus classe donc bien plus réussie)… Et bien, monumentale erreur !!! Franchement ici le dessinateur a tout donné, et ses graphismes ont joliment progressé, en étant pour ne rien gâcher tirés vers le haut par la très jolie et très réussie colorisation du dénommé Vincent Powell. Peut-être qu’il a trouvé sa voie, car autant j’étais dubitatif par son travail dans les registres épique et tragique, autant j’ai été séduit par son travail dans le registre humoristique…

On avait compris que cette saison 4 de la série Nains cassait les codes, mais ici conseillé par David Chauvel Senseï c’est après des tomes et des tomes de « serious business » que Nicolas Jarry se lâche en s’adonnant aux joies de la « grosse déconne » !
Alors dans le rôle du leader qui veut toujours avoir le dernier mot nous avons Tadgar menteur et mythomane, dans le rôle du barbare berserk nous avons Walgrim 50% Obélix 50% Force Mustang (baston & burnage, les vrais savent !), dans le rôle de l’elfe nous avons Damn constamment en train de refaire son vernis, dans le rôle de la magicienne nous avons Akab le prêtre défroqué (« une bonne fireball, et on n’en parle plus ! »), et dans le rôle du voleur nous avons Lydr qui ne perd jamais le nord pour que le solde financier de la compagnie ne soit pas dans le rouge… Il manque l’ogre mais on peut s’en passer, et il manque le nain, mais en tant que nains tous les personnages ont reçu une part de son insupportable mais ô combien réjouissant héritage. Les vrais auront compris que nous sommes dans un émule du cultissimement culte Donjon de Naheulbeuk, avec une bande de bras cassés véritables clichés de la Fantasy victimes de la Loi de Murphy !

– Je me demande si c’est bien prudent de faire un feu en plein territoire orc…
– Faut te détendre, Lygdr… A toujours prévoir le pire, tu vas finir par nous porter la poisse !

Tout commence avec un ersatz de mago psycho dénommé Ax’Aaztarom, seigneur et maître d’un Minas Morgul de pacotille (ah, ça commence bien hein !)… La Team Tadgar a été missionnée pour retrouver le crâne de l’alchimiste Kervagoar, en échange de la gemme mémorielle d’Alewylënn que nos bras cassés nains comptent bien revendre au prix fort à l’acariâtre mage de feu elfe blanc Astarën. Sauf que les deux magos ne peuvent pas se sacquer, et que le nécromancien humain en peut pas s’empêcher de tendre un piège à l’élémentaliste elfe… Nos bras cassés nains essuient ensuite les pots cassés et la Loi de Murphy fait qu’il ne cesse de tomber de mal en pis :
ATTENTION SPOILERS Pour échapper à l’élémentaliste elfe, ils se mettent à dos la garde de de la Cité-État d’Eskar, que pour échapper à la garde de la Cité-État d’Eskar ils se mettent à dos les tribus sur le sentier de guerre, que pour échapper aux tribus orcs sur le sentier de la guerre ils se mettent à dos les autorités de la Forteresse-État Krüg-Daraz, et que pour échapper aux Orcs et aux Nains qui se foutent joyeusement sur la gueule sous le regard de Sauron mort et ressuscité ils sont poursuivis par l’élémentaliste elfe qu’ils mettent dans les pattes du nécromancien humain… FIN SPOILERS

Et la fin de l’album n’est même pas la fin de leurs emmerdes ! Pas sûr que si René Goscinny avait collaboré avec Alain Ayroles ou Alexandre Astier je me serais autant amusé : To Be Continued ? (et mention spéciale au Martin Riggs local qui s’empale tout seul comme un con sur l’enseigne de l’auberge de « la hallebarde gourmande »)

note : 8/10

Alfaric

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