Patrick McSpare (scénario)
Roberto Viacava (dessin)

Oracle, saison 2 Tome 09 :

La Louve

Bande dessinée, fantasy / mythologie
Publiée le 21 juin 2017 chez Soleil

Ainsi naît la légende d’une guerrière aussi dangereuse que belle. Son surnom : La Louve.
Fille de reine, Thalystri n’a plus rien, hormis sa haine envers le dieu de la guerre Arès qui aida à exterminer son peuple. En ces temps où Sparte attaque la Messénie, Thalystri entend de nouveau parler d’Arès, exilé sur terre par un tribunal olympien. Le dieu déchu commande une tribu spartiate et continue d’agir comme toujours, massacrant sans pitié. Grâce à son intelligence, son adresse et sa force parfois brutale, Thalystri forme peu à peu une armée qui harcèle les envahisseurs. Et, bien qu’elle soit femme, sa férocité conduit vite des milliers d’hommes rudes à lui faire allégeance.

Ce tome 9 intitulé La Louve, 4e épisode de la saison 2, continue d’explorer les relations tortueuses entre l’humain et le divin… (en sachant que comme toujours ceux que les dieux veulent punir, ils les frappent d’abord de folie)

Thalystri est fille de la reine Samira qui dirige une cité de Cappadoce, et quand les Phrygiens guidés par Arès détruisent le royaume amazone c’est l’ancien mercenaire Marcus amoureux de sa mère qui la sauve du désastre avant de l’élever comme sa propre fille… Quand Marcus est rattrapé tant par le Destin que par la Mort, celle qu’on surnomme la Louve se retrouve seule avec pour seule pour ambition l’accomplissement sa vengeance et le destin est en marche puisqu’elle retrouve la trace de sa Némésis quand les Spartiates guidés par Arès se lancent dans la conquête de la Messénie. Depuis l’histoire d’Edmond Dantès nous savons que celui qui recherche la vengeance doit se préparer à creuser deux tombes, et c’est là qu’on entre dans l’heroic fantasy à la David Gemmell que j’affectionne tout particulièrement. Louve a su apprendre à maîtriser son propre Côté Obscur grâce aux enseignements de son mentor Marcus, et dans sa vendetta contre Arès elle se retrouve à la fois leader de la résistance et mère de substitution de la petite Néreina…

Royaume envahi, roi en fuite, princesse guerrière faisant office d’héroïne badass, rébellion, armée de libération, guerriers professionnels et amateurs devant faire le choix de devenir héros ou salauds, batailles homériques et ruses stratégiques avant de livrer le combat de la dernière chance, et un trio de méchant qui se complète bien (Arès obnubilé par sa propre vengeance se laisse gagner par l’hybris qui scellera sa perte car il finit par commettre le crimes et les injustices dont il a été victime, Deimos un psychopathe de la pire espèce qui assume totalement ses bas instincts, le roi spartiate Alcmène totalement dépassé par la situation qui espère une occasion d’échapper au cycle infernal de la haine)… Finalement on a Thalystri qui est en quête de vengeance contre Arès, qui lui-même est en quête de vengeance contre les Olympiens, qui eux-mêmes soutiennent la quête de Thalystri pour que la quête d’Arès n’aboutissent pas ! Cela marchait très bien dans le tome 8 mais cela marche moins bien dans le tome 9 car l’équilibre auparavant bien travaillé est ici bancal : Arès n’est pas assez caractérisé et ses motivations pas assez montrées… Pourtant c’était l’occasion de développer une figure divine ambiguë : si Arès est le Dieu de la Violence, craint voire haï dans l’ensemble du monde grec, la mythologie nous montre aussi qu’il a été un père aimant et bienveillant envers ses enfants et donc qu’à ce titre il avait autant défauts et de qualités que le commun des mortels…

Je n’ai rien à voir avec ces dieux qui méprisent nos désespoirs.

Graphiquement Roberto Viacava officie seul dans ce tome 9 alors qu’il travaillait en duo dans le tome 8 : je suis obligé de signaler que même si on reste dans les standards de la BD fantasy mainstream à la Soleil, il est meilleur seul qu’en duo… Vu qu’on parle beaucoup d’Amazones dans ce tome, les mêmes causes produisent peut-être les mêmes effets mais j’ai trouvé que Thalystri était le parfait mélange entre Red Sonja et Wonder Woman ! Vu qu’un film consacré à la super-héroïne de chez DC comics est actuellement à l’affiche au cinéma, j’imagine que le doute est permis…

Sinon comme dirait le babeliote Enki, qui dit dessinateur italien dit nichons et fesses : ici ce n’est pas gênant en soi, mais il faudra bien qu’un jour les auteurs admettent qu’une femme n’a pas besoin d’être constamment dénudé pour être désirable, et qu’une guerrière en bikini cela décrédibilise le personnage… Cela qui a gâché mon plaisir c’est les 5 pages consacré au fil directeur dont à Homère et Cydippe : elles ne servent aucunement l’histoire principale, et en plus du gore et de la tragédie gratuite contredisent tout ce qui a été montré dans les tomes précédents ! ATTENTION SPOILERS (Zeus orchestre l’horrible mort de Cydippe alors que dans le tome précédent il couchait encore avec, et on nous avait bien expliqué que sa punition pour avoir affronté les dieux c’était l’immortalité et non la mort… ça n’a aucun ce qui est raconté dans ce tome à son sujet !) FIN SPOILERS

 

PS: à l’image ce que j’avais déjà dit sur les séries Elfes et Nains par exemples, je me demande vraiment si les éditeurs français ne devrait pas imiter la politique transmédia des éditeurs japonais… ce tome comme plein d’autres de la série ferait un très bon roman fantasy, et comme Patrice Lesparre / Patrick McSpare est un bon auteur fantasy il n’y a vraiment pas grand-chose à faire pour sauter le pas !

note : 7+/10

Alfaric

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