Tristan Roulot (scénario)
Mateo Guerrero (dessin)

Rhum Héritage, tome 1 :

1690 – 1699, Eau de vie, eau de mort

Bande dessinée, histoire / XVIIe siècle 
Publiée le 29 mai 2019 chez Hachette Comics / Robinson Millennials

Nous sommes en 1690. Pour le Roi Soleil, le sucre est une denrée précieuse. Il faut intensifier le commerce triangulaire, et encourager plus de travailleurs à aller aux îles. C’est dans ce contexte que débarquent en Martinique Jean Rouen, fils d’un drapier normand, et le Père Labat pour y vivre la grande aventure du Rhum…

On avait déjà des Bds sur la bière et des Bds sur le vin, alors pourquoi pas des Bds sur le rhum ?

Pour sauver son père emprisonné pour dettes à cause des turpitudes des puissants ayant refusé de payer leurs factures à temps (choisissez au hasard l’homme politique du moment bon donneur de leçons mais ayant des problèmes avec la justice ou avec le fisc), Jean Rouen n’a pour seule solution que de s’engager comme ouvrier agricole dans les Antilles dans l’espoir de devenir propriétaire à son tour à la fin de sa période d’engagement. Ce qu’il ne sait pas c’est que les conditions de vie sont telles que l’espérance de vie se réduit à quelques années transformant ses espoirs en gageures, mais qu’en plus il se retrouve sous les ordres de Philippe d’Audouin de Foucault de la Rochefleurie, la pire ordure qui soit, raciste et suprématiste, radin et sadique, adepte du darwinisme social à outrance, bref un sociopathe de la pire espèce comme les élites autoproclamées en compte tellement (ce n’est pas moi qui le dit, mais les très sérieuses études du FBI)…

Il tient le coup en se liant d’amitié avec le Père Labat, l’esclave Silas et en tombant amoureux d’Iya la soeur de ce dernier qui partage déjà la couche de son maître. Poussés à bout par la cruauté de leur inhumain Directeur des Ressources Humaines (que soit maudit jusqu’à la 13e génération l’inventeur de ce titre hautement haïssable), Silas entraîne Jean dans son sillage pour rejoindre les esclaves marrons. Mais ces derniers ont disparu et Jean tombe gravement malade : Silas le Noir ne veut aps abandonner Jean le Blanc qui a cru en lui, et il le ramène à leur plantation au péril de sa vie…

– Un amant vaut mieux qu’un mari. Un mari te bat quand il a bu. Un amant t’offre des cadeaux.

ATTENTION ZONE SPOILERS Philippe d’Audouin mourant est harcelé par le Père Labat qui le supplie de faire de Jean Rouen son héritier. Il est persuadé qu’il est son assassin, mais il a plus peur de l’enfer que de la vérité et se laisse amadouer. D’un côté on a le fils de verrier et le bouilleur de cru sauvé de la fièvre jaune par le grog qui collaborent pour transformer le sucre de canne en alcool viable, d’un autre côté on a l’esclave Iya qui semble diriger les débats (aucun remord sur le calvaire et la mort de son frère, chasseuse de serpent c’est un serpent qui provoque la mort de Philippe d’Audouin, et elle mène par le bout du nez / le bout de la queue un maître après l’autre puisque qu’après avoir été affranchie elle interdit à Jean Rouen de faire de même avec les autres esclaves). On semble faire fortune avec le rhum, mais comme d’habitude les vieux rentiers de la vieille france adressent leurs doléances au souverain en place : To Be Continued ! FIN ZONE SPOILERS

J’ai été attiré par cette BD plus par les graphismes de Mateo Guerrero qui m’a enchanté avec son peplum Gloria Victis, mais au final bien que classique le scénario de Tristan Roulot bien documenté et bien exécuté n’est pas en reste (bien qu’il faille encore en exploiter toutes les potentialités). Après le processus éditorial me gêne un peu : si j’ai bien compris si la série se casse la gueule cela serait de la faute des éditions RobinSon, mais si la série marche cela serait grâce aux éditions Glénat qui en récupérerait les droits… Ah les vicissitudes du capitalisme libéral : face je gagne, pile tu perds !

note : 7+/10

Alfaric

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