Luc Ferry (histoire)
Clotide Bruneau (scénario)
Giovanni Lorusso (dessin)
Didier Poli (direction artistique)

La Sagesse des mythes :

L’Odyssée tome 1,

La Colère de Poséidon

Bande dessinée, fantasy / mythologie
Publiée le 13 septembre 2017 chez Glénat

Le voyage d’Ulysse commence… Troie est désormais aux mains des grecs. La guerre aura duré 10 ans… Pour Ulysse, roi d’Ithaque, il est à présent temps de retourner dans son foyer, retrouver sa Pénélope. C’est le début d’un long et périlleux voyage. Un voyage où, à chacune de ses escales, sa force, son ingéniosité et son courage seront sans cesse mis à l’épreuve. Car ainsi en ont décidé les dieux.

Dans ce tome 1 intitulé La Colère de Poséidon, nous sommes en face d’une adaptation classique voire mainstream de l’Odyssée d’Homère : les Cicones, les Lotophages, Polyphème, Éole… Après avoir participé au pillage de Troie Ulysse et ses compagnons veulent rentrer à Ithaque, mais à chaque étape ils font n’importe quoi, et en voulant rattraper le coup Ulysse en fait trop ou trop peu donc à chaque fois il doit se lamenter en comptant les morts…

Les dessins de Giovanni Lorusso assisté aux couleurs de Scarlett Smulkowski sont agréables, et comme d’habitude cette nouvelle adaptation du classique universel d’Homère envoie à la trappe la Télémachie et va sans doute édulcorer le massacre des prétendants où Ulysse est plus salaud que héros… Ce n’est pas vraiment un reproche : il faut bien moderniser un récit antique pour le rendre plus accessible.

– Quel que soit le chemin, quelles que soient les épreuves, croyez-moi ! Nous rentrerons chez nous… Je vous ramènerai à Ithaque !

Les appendices de Luc Ferry sont ici d’autant plus imbuvables que sur 6 pages il parle de L’Iliade durant 5 pages, pour dire ce qu’il avait déjà dit auparavant dans la série ! Alors il compare la remise en ordre d’Ithaque par Ulysse à la remise en ordre de l’Olympe par Zeus, et cela se tient si on considère que le massacre des prétendants est l’équivalent de la titanomachie… Mais il fout en l’air en voulant absolument démontrer que l’Odyssée est l’équivalent antique du Candide de Voltaire : on serait dans le roman d’apprentissage, et à travers les épreuves qu’il traverse Ulysse devait abandonner la mauvaise vie, grosso modo l’hybris, pour épouser la bonne vie, grosso modo « il faut cultiver notre jardin »….

C’est pas con dans la mesure où effectivement Ulysse est bien content de revenir en vie là où tous les héros de Troie ont péri, parce qu’il a bien moins péché par orgueil que ses anciens compagnons d’armes obnubilés par la richesse et la gloire, mais de là à un faire un précurseur du stoïcisme et de la spiritualité laïque parce qu’il aurait appris à philosopher en réfléchissant au véritable sens de la vie c’est n’importe quoi… J’imagine que Luc Ferry n’a pas connaissance de la Télégonie, la suite et fin de L’Odyssée qui invalide de A à Z toutes ses théories bancales et/ou foireuses…

note : 6/10

Alfaric

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