Garth Ennis (scénario)
Steve Epting (dessin)

Sara

Comics, histoire / WWII
Publié en VF le 02 décembre 2020 chez Panini Comics
Publié en VO en 2018 chez TKO Studios (« Sara »)

Nous sommes en Russie pendant l’interminable hiver 1942, et nous suivons le sniper soviétique Sara, tandis qu’elle résiste aux envahisseurs nazis avec ses camarades. Les femmes du campement sont isolées dans un baraquement à part et l’unité repousse vaillamment l’ennemi, mais pour combien de temps ?​

C’est toujours frustrant de savoir qu’on a entre les mains une belle et de ne pas arriver à renter dedans. Sara est une mini-série en 6 épisodes publiée en 20188 aux studios TKO, avec au scénario l’inénarrable esthète de l’ultraviolence Garth Ennis et au dessin l’impeccable Steve Epting dont j’ai toujours aimé le travail. L’auteur nord-irlandais est étonnamment sobre même si on retrouve sa misanthropie nihiliste, et l’auteur américain est ici particulièrement à l’aise avec un récit sérieux et stylé (sans doute parce qu’il a toujours opté pour le réalisme graphique contrairement à la majorité de ses collègues qui ont toujours opté pour le cartoonisme graphique).

Donc nous sommes sur le Front Est durant la WWII et la Wehrmacht taille des croupières à l’Armée Rouge décapitée par son guide suprême Joseph Staline. Leningrad vit un siège cauchemardesque et nous suivons les heurs et malheurs des soldats soviétiques qui essayent de sauver la ville. Enfin plus précisément on suit les heurs et malheurs d’une troupe de tireuses d’élite menée par la blonde Irina mais dont le membre le plus efficace est la brune Sara surnommé « Lady Death » en raison de son terrifiant tableau de chasse (309 nazis dézingués)… Leur officière politique Raisa utilise leurs faits d’armes comme armes de propagande, et ils finissent par irriter le haut-commandement allemand qui envoie un « spécialiste » éliminer nos héroïnes soviétique…​

La guerre est un enchaînement d’horreurs. En élever une au-dessus des autres, c’est absurde.

Garth Ennis s’inspire librement des exploits de Lioudmila Pavlitchenko durant la Bataille de Leningrad. Il est très fier de son poulain, mais il aurait pu se renseigner sur le film de Jean qui lui s’inspirait librement des exploits de Vassili Zaïtsev durant la Bataille de Stalingrad. Parce qu’on ne va pas se mentir le déroulement du récit et les thèmes évoqués par le récit sont les mêmes ! Mais ici l’humanisme de l’auteur français est remplacé par le nihilisme habituel de l’auteur nord-irlandais…
Donc les réflexions collectives des tireurs d’élite s’entrecroisent avec les réflexions personnelles de Sara. Évidemment la guerre est au cœur de tous ses réflexions, sauf que Sara froide et taciturne hait la terre entière. Elle hait les Nazis qu’elle ne voit pas comme des êtres humains, elle hait les communistes qui ont fait d’elle ce qu’elle est devenue, et elle se fait elle-même pour s’être transformée en machine à tuer et pour ne pas avoir su sauver les sien… Elle alors chercher un issue de secours, et sauver ses camarades du « spécialistes » ennemi devient sa seule raison de vivre ! (et ça aurait bien mieux marcher si les personnages avait été caractérisés au lieu d’être seulement nommer, car à part Irina qui confesse tout le monde pour ramener tout le monde à bon port, Vera la brutasse, et Lydi la timorée c’est assez pauvre en personnalité)

Les changements apportés par Garth Ennis sont discutables. Pourquoi l’étudiante en Histoire est-elle devenue une étudiante en Art ? Pourquoi avoir massacré la famille de Sara alors que la famille de Lioudmila n’a pas eu à subir le martyr des innocents ? Pourquoi avoir transformer en névrosée suicidaire une femme joviale qui a défendu l’égalité entre hommes et femmes avec Eleanor Roosevelt après la WWII ? Et surtout pourquoi penser que les lecteurs / lectrices du monde entier sont aussi teubés que les Yankees ???
ATTENTION SPOILERS Oui parce qu’on tease à mort à grands renforts de flashbacks, pour arriver à la révélation que les communistes sont méchants et que Joseph Staline est très très méchant… Et en plus de manière tellement capillotractée que cela en devient suspect. Alors oui Koba le Boucher Rouge a été autant psychopathe que paranoïaque, autant sadique que cruel. Mais après avoir décapiter sa propre armée à la veille de la Grande Guerre Patriotique, il n’avait rien de plus con à faire que de parachuter des soldats soviétiques déguisés en soldats nazis pour aller tester la loyauté de ses sujets en rasant tous les villages ne leur tirant pas dessus à vue ? (je ne sais pas si c’est vrai ou non, mais c’est totalement débile) FIN SPOILERS

note : 8-/10

Alfaric

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