Tsutomu Takahashi
(scénario & dessin)

Sidooh, tome 9

(pour public averti)

Manga, histoire / 19e siècle
Publié en VF en décembre 2010 chez Panini
Publié en VO de 2005 à 2010 par la Shûeisha dans le Shuukan Young Jump (« 士道 »)

Partis à la recherche de Motokochi après que ce dernier a déserté le han d’Aïzu, nos héros arrivent à Edo. Lors de la sortie nocturne en compagnie de Jirobei Kimura, Gen fait la connaissance de Shinsaku Takasugi, un révolutionnaire du han de Choshu. Cette rencontre changera-t-elle le cours du destin des frères Yukimura ?

Dans ce tome 9, la nouveau Byakuretaï d’Aïzu débarque à Kyoto, la ville du châtiment divin. La capitale officielle ressemble fort à la Rome du Ier siècle avant J.-C. : les gangs se battent dans chaque rue pour défendre un camp ou un autre, quand ils ne défendent pas leurs propres intérêts ou ceux plus intelligents qui placent leurs pions avant de se vendre au plus offrant.

Nos antihéros accompagnent Maître Hayakawa à la recherche du jeune Motokichi qui a quitté Aïzu. Ils vont croiser la route de Shinsaku Takasugi, révolutionnaire du Han de Choshu sosie de leur défunt mentor, mais aussi ceux qui les ont remplacés dans la secte de Rugi (deux jumeaux taciturnes habillés à l’occidentale et de retour de France).​

– A Paris, j’ai entendu un dicton intéressant.
– Ah oui ?
– Les imbéciles pensent au passé, les sages au présent, et les criminels au futur.
– HA HA HA ! Et nous sommes les sages ou les criminels ? Seul le temps en décidera !

Nos héros constatent que les uns comme les autres ne rigolent pas, et leur nouvelle hiérarchie leur demande d’agir à Kyoto comme unité spéciale de surveillance pour le camp qu’ils ont naguère combattu…

Nous sommes encore au début de la Guerre de Boshin, les guerriers au chômage organisent « l’armée des ronins » et les meilleurs d’entre-deux organisent l’unité d’élite du Shinsen Gumi, basé uniquement sur le mérité sans distinction de classe ou de richesse. Ils vont écrire les dernières heures du shogunat avant d’entrer dans la légende en tentant de fonder une République fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité* : nos antihéros seront-ils avec eux ou contre eux ?

J’adore le style du mangaka. Il alterne impressionnisme et expressionnisme avec une maîtrise du découpage qui force le respect. Il n’a donc aucun besoin de lourds phylactères et d’onomatopées géantes pour nous transmettre toutes les émotions du monde, des plus belles aux plus laides… Que voilà un bel artiste comme on en voit trop peu !

* S’ils l’avaient emporté, le Japon se serait passé d’un régime totalitaire, l’Asie Orientale se serait passée de plusieurs guerres donc de plusieurs de millions de morts… Mais bon tout est bien qui finit bien, puisqu’après les crimes de guerres, les crimes contre l’humanité, et la paupérisation de la moitié de l’Eurasie le capitalisme a triomphé a n’imposé que quelques décennies de misères à ses victimes avant d’imposé la précarité après le mirage économique de la croissance infinie dans un monde fini ! (ironie inside)

note : 8,5/10

Alfaric

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