Dubu
(scénario & dessin)
d’après Chugong

Solo Leveling,

tome 1

Manga, fantastique / portal fantasy
Publié en VF le 07 avril 2021 chez KBOOKS (Delcourt / Tonkam)
Publié en VO à partir de mars 2018 chez KakaoPage (« 나 혼자만 레벨업 »)

Lorsque d’étranges portails sont apparus aux quatre coins du monde, l’humanité a dû trouver une parade pour ne pas finir massacrée entre les griffes des monstres qu’ils ont apportés avec eux. Dans le même temps, certaines personnes ont développé des capacités permettant de chasser. Ces combattants intrépides n’hésitent pas à foncer au coeur des donjons pour combattre les créatures qu’ils abritent.

Solo Leveling est au départ un « light novel » sud-coréen, qui a été adapté en « webcartoon ». Les webcartoons c’est des BD / Comics / Manga conçus pour être lus sur smartphone. Comme tous les « turbomédias », je ne vois aucune valeur ajoutée pour ceux qui ne sont pas nés avec un smartphone dans la main. Car l’interactivité existait déjà avant les nouvelles technologie de l’information et de la communication, le gain de place est plus ou moins discutable selon les médias (ne pas se déplacer avec un BD c’est OK, mais un avec manga ou avec un livre de poche franchement c’est OSEF), et n’en déplaisent aux khmers verts qui ne supportent pas les arbres morts, une page papier consomme beaucoup moins de ressources naturelles que son équivalent numérique (et ce quel que soit le nombre de « vus » et / ou de « likes »). Mais force est de constater qu’au Pays du Matin Calme où le wifi à haut débit couvre 98% du territoire, c’est devenu un mode de consommation courant avec au moins 10 millions d’utilisateurs. Comme bien souvent c’était très cool et très fun, puis les cultistes du Veau d’Or se sont aperçus qu’il y avait de fric à se faire, et ils ont mis plein de pubs dedans du coup c’est devenu moins cool et moins fun…

Car ici on a réalisé un transportage d’un webcartoon sur papier, et force est de constater que le boulot est très bien fait : un grand bravo à Kbooks (Delcout / Tonkam) ! Mais du coup comme on connaît le très bon taux de réussite de transportage des titres papier au format turbomédia, je continue de me demander l’intérêt premier d’un mode de consommation qui consomme beaucoup plus de ressources que son prédécesseur à une époque où tous les bobos hipsters se réclament de la doxa décroissante des khmers verts… Évidemment, le forme importe peu par rapport au fond !

Hormis le fait que je sois légèrement plus fort et que je guéris un peu plus rapidement que la normale… c’est un sacrilège de m’appeler chasseurs. Je finis toujours blessé, et je ne compte plus les fois où j’ai frôlé la mort.

Mais qu’en est-il du fond justement ? Et ben il s’est ouvert des failles entres les mondes, et des hordes de monstres jaillissent d’univers de poche pour envahir notre réalité. Comme la nature serait bien faite, dans le même temps apparaissent pour leur mettre la tannée des individus aux pouvoirs spéciaux appelés « chasseurs ». Mais rien d’autre hein, puisque que les dons des chasseurs ne semblent être utiles qu’outre-monde. Parce franchement une guérisseuse capable de faire repousser les membres tranchées ça aurait vachement plus d’intérêt à soigner les gens qu’à faire du farming et du leveling dans une autre dimension…

Donc le but de tous les chasseurs et chasseresses semblent d’aller péter la gueule aux « boss de fin » des « donjons », avant qu’ils aient le temps de rassembler ses troupes pour causer des troupes à l’ordre public. En fait il suffirait de poster des policiers bien équipés ou des militaires bien motivés aux portes entre les mondes pour régler la situation, mais nous sommes dans le genre « isekai ». Et les œuvres isekai, c’est de la Portal Fantasy éco+ destinée à faire du fanservice pour gameurs et gameuses de la Génération Z…

Sung Jinwoo est un chasseur ridiculement faible, à peine plus fort qu’un être humain normal, mais il a de gros problèmes d’argent car à peine sorti de la scolarité obligatoire il doit subvenir aux besoins de sa mère hospitalisée pour une maladie grave et de sa sœur toujours au lycée. Encore une fois je me pose la question : messieurs les auteurs, vous êtes vraiment sûrs à 100% que les services sociaux n’existent pas dans les pays asiatiques (car on a l’impression qu’on est au XIXe siècle voire au Moyen-Âge à ce niveau-là). Donc c’est sans hésitation qu’il rejoint un groupe de chasseurs pour explorer un donjon de niveau D, et c’est parce qu’il est de niveau E que son amie Lee Ju-Hee guérisseuse de niveau B l’accompagne.

Sauf que le donjon en cache un autre, et que le massacre commence quand tout le monde se retrouve confronté à des monstres de niveau S ! Sung Jinwoo qui a toujours misé sur l’intelligence plutôt que sur la force est catapulté meilleur espoir de survie du groupe, mais quand la survie est en jeu il n’y a plus de groupe…

 

Franchement cette première quête était vachement bien, avec ce huis-clos psychologique où les masquent tombent et où c’est chacun pour sa peau. On passe du « dungeon crawler » à l’«escape game », et c’est bien vu et bien exécuté. C’est la suite qui me laisse un peu perplexe : on connaît tous l’histoire du faible qui devient fort, mais résumer le mythe universel du Héros aux mille et un visages à la quête cachée d’un MMORPG je trouve quand même que c’est un peu naze… Mais j’ai bien aimé, j’ai passé un bon moment et je remettrai volontiers le couvert !!!

note : 7+/10

Alfaric

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