Didier Tarquin et Lyse Tarquin
(scénario & dessin)

U.C.C. Dolores, tome 3 :

Cristal Rouge

(pour public averti)

Bande dessinée, science-fiction / space opera
Publiée le 13 janvier 2021 chez Glénat

Après avoir fui en catastrophe Fort Messaoud, l’UCC Dolorès – commandes bloquées – emmène Mony et Kash à travers le désert de Karmanga vers une destination mystérieuse. Échappant de peu à une attaque Rasseth se terminant en brasero de l’espace, le vaisseau hérité du général Mc Monroe finit par se poser dans le cœur labyrinthique d’une lune morte, après avoir passé une porte intrigante gardée par une puissante armée de robots…

Tout ça pour ça ? Je suis déçu par ce tome 3 intitulé Cristal Rouge. Je préviens que je vais cracher du venin et donc qu’avec cette critique je ne vais pas me faire de copains…

Donc tout commence par un flashback de 6 pages plein de sexe et de violence, avec meurtres et mutilations : je n’avais plus vu ça depuis La Caste des Méta-Barons d’Alejandro Jodorowsky et Juan Gimenez, c’est vous dire… Ensuite Kash & Mony coincés dans l’U.C.C Dolores doivent suivre la trajectoire programmée par le scénario du couple Tarquin, et cahier des charges oblige on place une baston spatiale de 8 pages n’amenant strictement rien au récit avant d’arriver à destination.

Donc la planète « Terminus Dernière Chance » est le trou du cul de la galaxie, et outre tous la misère intersidérale montrée de façon particulièrement cru pour ne pas dire sordide on y trouve le repaire du boss de fin. Kash & Mony pénètrent donc dans un monde souterrain enfer pour les résistants prolos aliens, paradis pour les oppresseurs aristos humains. Après quelques péripéties pulpiennes, ils tombent sur les leaders Tuco et Shaël qui expliquent aux lecteurs et aux lectrices tous les mystères lostiens de la trilogie avant la grosse baston finale… Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?!

– Je n’arrive pas à trouver d’antidote…
– J’ai quelques bouteilles qui feront très bien l’affaire. Une dose de pur malt matin, midi et soir. Ça soigne tout le pur malt !

ATTENTION SPOILERS Nous sommes dans une course à l’immortalité entre Mac Monroe et la Révérende-Mère des Nouveaux Pionniers. Sauf que le Glaive de Tassili n’est qu’un cristal radioactif qui rend fou ceux qui l’approchent, et Mac Monroe est devenue une monstruosité techno-organique anthropophage persuadée qu’il est le dieu Tassili et qu’il doit dévorer la déesse Shilla pour accomplir son destin. Dans son délire il suit sa propre prophétie auto-réalisatrice dans laquelle la déesse alien Shilla serait une guerrière aux cheveux roux et aux cheveux verts, et comme par hasard ça tombe sur Jessy Willis dont il a réalisé le clone.

Mais pour endosser le rôle il la renvoie à sa pire ennemie dans l’espoir qu’elle s’endurcisse assez pour être dévorée. Évidemment ça arrange le scénario, puisque que cela permet d’offrir un rôle et une storyline à l’archétype du vieux baroudeur badass mais protecteur, et un moyen aux Nouveaux Pionniers de retrouver la trace de Mac Monroe et du Cristal Rouge pour arriver juste à temps pour la grosse baston finale entre les robots tueurs de Mac Monroe, les guerriers fanatiques de la Révérende-Mère, les résistants rasseths de Tuco et Shaël, et les rednecks de l’espâce de Rico-Chico l’autoproclamé roi des fout-la-merde… Et les visions de Mony qui amenaient un côté thriller et fantastique au récit, c’était juste des bouffées délirantes dues à la fièvre cristalline. FIN SPOILERS

 

Je n’ai rien contre les BD pop-corn, mais dans ce cas il faut miser sur la simplicité et l’efficacité au lieu de se perdre en mystères lostiens qui ne servant à rien fatalement ne débouchent sur rien. Alors certes j’ai lu ce tome et la série sans déplaisir, mais on se retrouve avec un tome 1 qui lance plein de pistes, un tome 2 qui ralentit sans rien résoudre et un tome 3 qui accélère pour tout résoudre au pas de course. Ça me rappelle quand même sacrément le fiasco de la nostalogie Stars Wars sabotée par la Disney Corporation. Et comme dans Star Wars IX on passe du space-opera grand public vintage à la Dark SF pour public averti à la Warhammer 40000 sans prévenir (je vous avais prévenu que la mode du grimdark martinien adoubée par les bobos hipsters allait faire de gros dégâts culturels, et bien nous y voilà !). Les éditions Glénat ont la réputation de laisser libre leurs artistes, donc comment expliquer cela ? Ben comme je l’ai pressenti dès le tome 1, le couple Tarquin fait du Arleston et Arleston a rarement su mener un récit  à son terme correctement. Au final Kash obtient certes sa rédemption, mais on se retrouve avec une trilogie qui ne sert que d’origin story à une Mary Sue et ses nouveaux compagnons sortis de nulle part… Pas chaud pour continuer l’aventure, si celle-ci continue : l’avenir, ce n’est pas faire les mêmes erreurs qu’il y a 25 ans…

note : 6-/10

Alfaric

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