Laurent Astier
(scénario & dessin)

La Venin, tome 1 :

Déluge de Feu

Bande dessinée, histoire / western 
Publiée le 09 janvier 2019 chez Rue de Sèvres

Dans le train qui la mène à Silver Creek, petite ville perdue aux confins du Colorado. Emily se souvient du destin tout tracé qu’elle a fui. Elle ne voulait pas devenir comme sa mère, et vendre ses charmes à des hommes de passage dans le quartier chaud de La Nouvelle-Orléans. Mais lorsque celui qui devait vous épouser ne se présente pas à la gare et que vous êtes une jolie jeune femme seule et sans le sou dans une ville minière des Rocheuses. Que vous reste-il comme option ? Le patron du saloon aura bien une petite idée en tête… A moins qu’Emily ne coure après autre chose et que la venue prochaine du gouverneur favori aux élections sénatoriales ne soit pas qu’une simple coïncidence. Car, en cette année 1900 dans l’Ouest encore sauvage, les règlements de comptes sont légion, les fuites et les cavalcades infinies. Sans compter les détectives de I’agence Pinkerton qui vous traquent sans relâche pour pouvoir toucher la prime mise sur votre tête. Survivre dans les montagnes, les déserts ou traverser les territoires indiens semble alors peu de chose, face aux autres dangers qui guettent.

Les éditions Rue de Sèvres ont donné les clés du camion à Laurent Astier pour un western féminin intitulé La Venin, et je sais pas trop quoi en penser car si tous les ingrédients sont bons et le livre-objet soigné j’ai bien peur que la mayonnaise n’ait pas pris pour moi…

On a une introduction hommage / repompage d‘Il était une fois dans l’ouest, puis un passage Deadwood, puis un passage Blueberry (épisode Angel Face), puis un passage Le Soldat Bleu (et / ou La Prisonnière du désert), puis un passage Sierra Torride, puis un passage Butch Cassidy et le Kid… Nous sommes certes dans un pot-pourri, mais les hommages sont tellement appuyés et les apports personnels tellement limités que je ne sais plus à quel saint me vouer d’autant plus que les références cinématographiques sont entremêlées aux références historiques (et aux références littéraires pas très discrètes pour ne pas dire assez forcées) !

Dans la vie, il faut un peu plus que de la chance pour réussir.

C’est d’autant plus frustrant qu’au bout de 60 pages on ne sait toujours pas qui est Emily, ce qu’elle veut, ses objectifs ou ses commanditaires, et ce malgré le droit de quota de flashbacks sergioleoniens qui nous transporte de la Nouvelle-Orléans en Louisiane à New Haven au Connecticut mais qui au lieu d’apporter des réponses apportent de nouvelles questions. Finalement j’ai eu l’impression que Laurent Astier reprenait le personnage de Margot dans L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu là où Wilfrid Lupano l’avait laissé… J’avais adoré Comment faire fortune en juin 40, mais Laurent Astier était coaché par Xavier Dorison et Fabien Nury deux pointures de la scénarisation donc ses dessins collaient bien au ton alors qu’ici impossible de savoir si son style particulier est en mode serious business ou en mode grosse déconne… Affaire à suivre ???

note : 6,5/10

Alfaric

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