Laurent Astier
(scénario & dessin)

La Venin, tome 2 :

Lame de Fond

Bande dessinée, histoire / western 
Publiée le 08 janvier 2020 chez Rue de Sèvres

Lorsqu’ Emily entre dans la ville de Galeston, le « Labour Day » bat son plein, et les glorieux travailleurs défilent sous les clameurs de la foule ; Emily, elle n’a pas le cœur à la fête, et préfère se rendre directement au nouveau rendez-vous qu’elle s’est fixé avec le destin. Mais au moment de sonner à la porte de l’institution religieuse, sa main est prise d’un léger tremblement, et dans sa tête, la tempête gronde… Car la vengeance, venue des profondeurs, pourrait bien tout emporter sur son passage !

Dans ce tome 2 intitulé Lame de Fond, plus que jamais l’Emily de Laurent Astier ressemble à la Margot de Wilfrid Lupano (et c’est vraiment très très con que Wilfrid Lupano censément être le meilleur des scénaristes français d’après les prescripteurs d’opinion à la con n’ait aucunement pensé à offrir aux lecteurs un flashback expliquant le pourquoi du comment de ses agissements).

Autant prévenir tout de suite, Laurent Astier n’est pas subtil dans le traitement de son sujet. Donc les choses se décantent, et notre anti-héroïne déguisée en nonne infiltre un orphelinat de Galveston pour tuer un révérend amateur de chair très fraîche qui porte tous les vices du monde sur son visage (car elle veut se venger du réseau pédophiles des « premiers de cordée » à qui sa mère l’a vendue avant de se raviser et de se faire tuer par eux). Malgré toute sa détermination elle reste naïve, et c’est ainsi que prise au piège de la loi du silence elle se retrouve coincée entre Claire victime non consentante du pervers Allister Coyle et des trois pimbêches blonde, brune et rousse victimes consentantes du pervers Allister Coyle… Heureusement que l’Amérindien qui lui doit deux vies soit sur « les lieux du crime » avant elle par la grâce d’un deus ex machina et qu’il agisse envers elle comme un véritable deus ex machina. Je vous avais prévenu, ce n’est pas subtil malgré toute la bonne volonté manifestée. La Colère de Dieu se manifeste-elle ? (est-on dans le protestantisme ou le catholicisme : ce n’est pas évident à deviner puisqu’on mélange les deux) On aurait parfaitement pu se passer des cases avec le révérend pédophile qui s’étonne que le temps deviennent très mauvais mal alors qu’on nous montre bien que le ciel est très noir, que le vent souffle très fort, et que le houle est de plus en plus forte. On aurait aussi parfaitement pu se passer des cases avec un météorologue inconnu qui nous dit que tout va bien se passer juste avant qu’une tempête ne s’abatte sur la ville de Galveston (surtout qu’on nous montre bien que des montagnes liquides arrivent jusqu’en haut d’un cathédrale alors que le reste de la ville moins élevée semble épargnée par la brusque montée des eaux).

L’ignorance est la mère de l’épouvante…

Emily désormais responsable de Claire poursuit sa quête de vengeance poursuivie par toutes les autorités qui préfèrent protéger les criminels riches que de protéger les innocents pauvres (refrain que trop bien connu de la majorité de la population). Le cliffhanger de fin suggère que son ancien protecteur soit désormais l’un de ses poursuivants…

Je vais être cash : la structure en flashbacks finit par être saoulante (j’ai même eu l’impression passé un moment qu’on inventait des péripéties de remplissage pour placer à intervalles réguliers le droit de quotas de flashbacks). On passe tout le temps du présent au passé, de 1900 à 1888, et cela coupe le rythme voire l’action et le suspens. Et parfois pour exposer des éléments qui n’amènent pas grand-chose au récit (vu que le premier flashback explique directement ce qui manquait au tome 1) : oui Emily est une Foutue Au Berceau, car oui sa mère Liberty a voulu la vendue à un réseau pédophile, car oui sa tante Emily lui a envoyé un sicaire pour la racketter, oui sa tante Magda grenouille de bénitier ne l’a recueillie que pour mieux la martyriser (donc pour se venger de ses deux sœurs qualifiées de gourgandines). Ah ça oui, ce n’est pas très subtil… Et c’est bien dommage tellement le propos est d’une brûlante actualité !

note : 6,5/10

Alfaric

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